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OUREDNIK, Patrik

 

[RÉPUBLIQUE TCHÈQUE] (Prague, 1957). Patrik Ou?edník. Il passe sa jeunesse, dans la Tchécoslovaquie des années 1970, en pleine « normalisation » qui avait mis fin aux espoirs du Printemps de Prague. Signataire de la Pétition pour la libération des prisonniers politiques et éditeur de samizdats, il se voit exclure des études universitaires pour « non-conformité idéologique ». En 1984 il s’exile en France où il vit depuis. Il est l’auteur d’une douzaine de livres et de nombreuses traductions. Toute son œuvre – dictionnaires « non conventionnels », essais, romans, poésies, pastiches – est marquée par l’intérêt pour les idées reçues, les préjugés et les stéréotypes, examinés à travers le langage, l’expression, pour lui, de « la vérité d’une époque » : « Quant à moi, j’essaie d’appliquer un principe un peu différent, en partant de la prémisse qu’il est possible de prendre comme synonyme de la “vérité d’une époque” la langue de cette époque, autrement dit de s’emparer d’un certain nombre de tics langagiers, de stéréotypes et de lieux communs et de faire en sorte qu’ils agissent et qu’ils se confrontent au même titre que les personnages d’un récit traditionnel. » (Présentation de léditeur)

 

Traductions. Du français en tchèque : Marcel Béalu, Samuel Beckett, Michel Butor, Alfred Jarry, Henri Michaux, Raymond Queneau, François Rabelais, Jean-Paul Sartre, Claude Simon, Jacques Vaché, Boris Vian.

 

Du tchèque en français : Ivan Wernisch, Au jour dhier. Paris, Édition K 1990 ; Jan Skácel, Paysage avec pendules. Paris, Édition K, 1990 ; Vladimír Holan, À tue-silence. Paris, Édition K, 1990 ; Vladimír Holan, LAbîme de labîme. Bassac, Plein Chant, 1991 ; Miroslav Holub, Programme minimal. Strasbourg, Circé, 1997 ; Jan Zabrana, Toute une vie (en collaboration). Paris, Allia, 2005.

 

 

 

LIVRES (traductions françaises)

 

[FICHE LIVRE]Europeana. Une brève histoire du XXe siècle (Europeana. Stru?né d?jiny dvacáteho v?ku, Prague, Litomyšl, Paseka, 2001), traduit du tchèque par Marianne Canavaggio. [Paris], Éditions Allia, 2004,

 

« Les Américains qui ont débarqué en 1944 en Normandie étaient de vrais gaillards et mesuraient en moyenne 1 m 73 et si on avait pu les ranger bout à bout plante des pieds contre crâne ils auraient mesuré 38 kilomètres. »

 

Qu’est-ce que la vérité historique ? La vérité littéraire ? La vérité de la mémoire ? Ce livre ne fournit aucune réponse ou pire, il nous en fournit, nonchalamment, une telle quantité – on croirait assister à une dernière démarque de la solderie du XXe siècle – que cela revient au même. Cependant il nous livre peut-être une piste avec le thème du Bug du Millénium : si les ordinateurs avaient identifié de façon erronée l’année s’annonçant pendant la nuit du 31 décembre 1999, cela aurait été « comme si le vingtième siècle et l’attentat sur l’héritier du trône d’Autriche n’avaient jamais eu lieu ». (Présentation de léditeur)

 

 

 

[FICHE LIVRE]Le Silence aussi (D?m bosého [La Maison des pieds-nus], Prague, Litomyšl, Paseka, 2004), poèmes, traduit du tchèque par Benoît Meunier. [Paris], Éditions Allia, 2012, 80 pages.

 

« nous sommes heureux de vous accueillir

 

quest-ce que vous bouffez ?

 

du temps. et vous ?

 

un œil de poisson. et vous ?

 

la pleine lune. »

 

Voici un livre qui se dévore. Pourtant, son auteur met en garde le lecteur : ne pas manger ce livre, sinon son visage risque d’enfler et son corps de se boursoufler… Il est en effet possible que le lecteur, pris par surprise, se transforme en ces petits êtres difformes qui peuplent les marges des manuscrits médiévaux, population menaçante, qui frappe d’irréligiosité l’espace ô combien sacré de la rime. L’on pénètre un « monde à l’envers », où dans e des morts et d’autres visions apocalyptiques accomplissent une ritournelle chantante. Vers et autres vers en prose rampent dans votre gosier, se faufilent dans vos draps. C’est une poésie scatologique, une poésie de pétarades. Patrik Ourednik nous entraîne dans une valse de mots, dans une prose imagée, où l’art de la chute détient une force de proposition, principe de la poésie, que l’auteur renouvelle à bon compte. Une poésie grivoise et sacrilège à avaler toute crue. (Présentation de léditeur)

 

 

 

[FICHE LIVRE]Instant propice 1855 (P?íhodná chvíle, 1855, Prague, Torst, 2006), roman, traduit du tchèque par Marianne Cannavagio. [Paris], Éditions Allia, « Petite collection », 2006, 160 pages.

 

« Les quatre curiosités les plus remarquables de notre colonie sont la misère, la jalousie, la suspicion et lalcoolisme. Bienvenue, amis, bienvenue. »

 

Après avoir passé à la moulinette l’histoire du XXe siècle, Patrik Ourednik plonge cette fois son lecteur en plein XIXe siècle. Du moins en apparence, car l’on comprend vite que cette fable drôlatique et acerbe qu’est Instant propice, 1855 nous parle de la société contemporaine. Le livre s’ouvre sur une longue lettre d’un de ces utopistes qui, rêvant de dépasser le féminisme, le communisme et même l’anarchisme, décida de fonder au Brésil une communauté où pourrait s’épanouir la société parfaite. Il finit par avouer que son projet grandiose a échoué, mais on ne sait pas comment ni pourquoi avant d’entamer la seconde partie. Celle-ci se présente sous la forme du journal d’un de ces colons « de base » qui, séduit par ces idéaux, a décidé de rejoindre le phalanstère « Fraternitas ». Après la théorie, la pratique, et là les choses se gâtent.

 

Laissant libre cours à son humour dévastateur, Ourednik décrit la façon dont ces utopistes en viennent rapidement à recréer tous les préjugés, les conformismes et les règlements de la société qu’ils ont rejetée. Clivages entre Italiens et Allemands, discussions byzantines entre les anarchistes, les égalitaristes et les communistes, votes interminables pour décider de la façon dont on va voter, problématique mise en place de l’amour libre, etc. Plus le livre avance et plus cette société idéale devient bureaucratique et cœrcitive. Qu’on ne s’y trompe pas pourtant, Instant propice, 1855 reste un hommage rendu, envers et contre tout, à l’utopie libertaire. (Présentation de léditeur)

 

 

 

[FICHE LIVRE]Classé sans suite (Ad acta, Prague, Torst, 2006), roman, traduit du tchèque par Marianne Canavaggio. [Paris], Éditions Allia, 2012, 160 pages.

 

« De plus, contre une prime mensuelle de 1810 couronnes, Lebeda remplissait la fonction d“indicateur furtif”, lequel pléonasme désigne un homme discret et vigilant qui rôde dans le secteur, écoute les ragots et enregistre dans son calepin les comportements suspects. Lindicateur furtif nétait activé que ponctuellement, dans les cas où lon supposait une activité délictueuse plus ou moins spontanée et collective, et un cas de ce genre avait justement atterri sur le bureau de Lebeda dans un dossier de couleur incertaine taché de gras. »

 

Après deux tentatives d’incendies criminels et un suicide suspect, Vilém Lebeda, respectueux inspecteur en chef d’un district d’ordinaire paisible de Prague, se lance dans une enquête. Il croise la route d’un vieil homme retraité acariâtre, Viktor Dyk. L’inspecteur découvre que Viktor a un fils à « l’esprit un peu limité », pour ne pas dire imbécile. D’obscurs souvenirs de violences subies dans son enfance hantent Dyk Junior. Il découvre également que le vieux Dykk n’est pas sans rapport avec un précédent meurtre, qui a eu lieu quarante ans auparavant et classé sans suite…

 

Classé sans suite contient tous les ingrédients d’un thriller… Mais, à l’insu des genres, le roman s’avère une parabole, une satire sociale et un jeu… d’échecs. (Présentation de léditeur)

 

 

 

[FICHE LIVRE]Hier et après-demain (Dnes a pozít?í, Prague, 2012), théâtre, traduit du tchèque par Benoît Meunier et Patrik Ouredník. [Paris], Éditions Allia, « Petite collection », 2012, 128 pages

 

« C’est en jouant au Twister qu’on rigole le plus. » La dernière répilque de la pièce de théâtre d’Ou?edník nous offre un mode d’emploi. Le Twister comme quintessence de la vie : on pose ses pieds et ses mains sur des points prédeterminés et nous tentons de maintenir l’équilibre. Après quoi, la littérature fonctionne comme une radioscopie de notre existence, elle nous défait de notre couche de protection qu’est la chair et dévoile un squelette titubant.

 

Cinq hommes dans une pièce. Une ampoule pend du plafond, sur le plancher de bois se tiennent quelques chaises, l’horloge à l’arrière indiquent midi moins cinq. Quelque part tout près se trouve une porte dont personne ne sait que faire : s’ouvrent-elles vers l’intérieur, ou vers l’extérieur ? En plus, il leur manque la poignée. Il n’existe rien d’autre. Le monde a disparu. Il ne reste aux cinq hommes qu’à se poser des questions. Profondément vaines, vainement profondes. A quel sujet ? La fin du monde. Telle est la situation de départ de la pièce de théâtre d’Ou?edník. » (Giorgio Vasta, Reppublica, 22. 9. 2011)




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  • Quelle "époque épique" !

    “Le temps est la matière vive de l’Histoire. Ainsi sont nés les époques, les périodes ou les âges de notre histoire.“ Mais que nous raconte une époque historique ? Et pourquoi et comment a-t-on décidé que telle période devait commencer ici et se terminer là ? Au delà d’un découpage mûrement réfléchi ou parfaitement aléatoire, une question demeure cependant : comment nommer ces césures ou ces continuités, ces quelques jours ou ces quelques siècles, et que dire des “noms de l’Histoire” ?

    6 février 2020

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