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PERUTZ, Leo

 

[RÉPUBLIQUE TCHÈQUE] (Prague, 1884 – Bad Ischl, Autriche, 1957). Leo Perutz. Écrivain pragois de langue allemande. Né dans une famille juive, il s’installe très tôt à Vienne, où il entre dans une compagnie d’assurances. Blessé au combat pendant la Première Guerre mondiale, il publie avec sucès son premier ouvrage La Troisième balle, et se consacre à la littérature. En 1933, La Neige de Saint-Pierre est interdit par les nazis. Au moment de l’Anschluss, il s’exile en Palestine en 1938, où il reprend son métier d’actuaire sans rien écrire jusqu’en 1953.

 

« Chaque parution d’un Perutz est la promesse d’un grand bonheur. Aucun auteur n’a su, comme lui, manier à ce point la science de l’illusion. Perutz est un prestidigitateur magnifique, un manipulateur de l’étrange, un maître du récit. Il aime, comme arme suprême, utiliser l’Histoire, l’officielle et la petite. Entendez par là : dans un contexte historique bien précis, il s’insinue à travers une faille obscure dans le monde de la fiction. Là, on retrouve les thèmes privilégiés de Perutz, l’amour, la mort, la fatalité et le destin entrant dans la construction d’un jeu machiavélique de substitution. Autant dire qu’on ne peut raconter un roman de Perutz sans gâcher le plaisir du lecteur. On ne dévoile pas la science d’un magicien. » (Olivier Cena)

 

 ANTOLOGIES / REVUES

 

* « Le colloque des chiens » (« Das Gespräch der Hunde », extrait de Achts unter der steinernen Brücke. Ein Roman aus dem alten Prag [La Nuit sous le pont de pierre], Frankfurt am Main, Frankfurter Verlanganstalt, 1953), traduit de l’allemand par Inge d’Esterno et Roland Stragliati, dans Fiction, n°101, avril 1962). / rééd. sous le titre « Le Dialogue des Chiens », dans Histoires de maléfices, éd. Jacques Goimard et Roland Stragliati, Paris, Presses Pocket, n°2012, « La Grande Anthologie du fantastique » 9, 1981.

 

* « Un jour sans soir », dans Le Visage Vert, 1re série, Série allemande n°2.

 

* « La Lune rit » (« Der Mond lacht », 1914 ; recueilli dans Herr, erbame dich meiner ! Vienne, Phaidon Verlag, 1930), traduit de l’allemand par Hugo Richter, dans L’Autriche fantastique, éd. J Gyory, Verviers, Éditions André Gérard/Marabout, 1976. / rééd. dans (À Suivre), n°4, mai 1978, précédé de « Leo Perutz sort de la nuit... » par François Rivière.

 

* « La Lune rit » : nlle traduction par Guislain Riccardi, dans Seigneur, ayez pitié de moi !, Paris, Albin Michel, « Les Grandes Traductions », 1989 / rééd. dans La Fiancée du diable, éd. Jean-Jacques Pollet, Paris, Albin Michel, « Les Grandes Traductions », 1994, pages.

LIVRES (traduits en français)

 

[FICHE LIVRE] ? La Troisième balle (Die dritte Kugel, Munich, Albert Langen, 1915), roman, traduit de l’allemand par Jean-Claude Capèle. [Paris], Éditions Fayard, 1987, 284 pages.

 

* Réédition :

 

[FICHE LIVRE] ? La Troisième balle. [Paris], LGF (Librairie générale française), « Le livre de poche. Biblio », n°3128, 1989, 2002, 320 pages.

 

En 1519, Fernand Cortez marche sur Tenochtitlán, l’actuelle Mexico, et obtient la soumission de l’empereur Montezuma. Si le conquistador parvient à s’emparer du trésor des Aztèques, non seulement tout le Nouveau Monde mais une grande partie de l’Europe vont tomber sous la coupe de Charles Quint, c’est-à-dire de l’Espagne et de l’Église catholique. Un seul homme peut encore renverser le cours des événements : le rhingrave Grumbach, Allemand luthérien prêt à s’allier au Diable pour combattre l’Inquisition abhorrée. Or Grumbach ne dispose que d’une arquebuse et de trois balles : il destine l’une à Cortez, l’autre au duc de Mendoza, qui a enlevé sa bien-aimée, la jeune Indienne Dalila ; quant à la troisième...

 

En relatant l’épopée de Cortez, Leo Perutz, dans ce roman baroque écrit en 1915, alors qu’il se remet d’une grave blessure reçue au front, inflige à l’Histoire la première de ces égratignures ou « alternatives », reflets d’un scepticisme historique profond, qui, jointes à une véritable science de la composition et à une certaine jubilation de l’écriture, signeront toutes ses œuvres à venir. (Présentation de léditeur)

? Leo Perutz et Paul Frank, Le Miracle du manguier. Une histoire invraisemblable (Das Mangobaumwunder. Eine unglaubwürdige Geschichte, Munich, Albert Langen, 1916), roman, traduit de l’allemand et postfacé par Jean-Jacques Pollet. [Paris], Éditions Albin Michel, « Les grandes traductions », 1994, 182 pages, épuisé.

 

* Réédition :

 

? Leo Perutz et Paul Frank, Le Miracle du manguier. Une histoire invraisemblable. [Paris], UGE (Union générale d’éditions), « 10-18 Domaine étranger », n°2904, 1997, 192 pages, épuisé.

 

« De Borges, de Nabokov, Perutz a le goût des jeux de miroirs, des constructions romanesques sophistiquées, truffées de pièges et de chausse-trappes. Ses romans sont de fascinants labyrinthes littéraires. Dans Le Miracle du manguier, un riche baron viennois est la victime (en partie consentante) des pouvoirs et des sortilèges d’un fakir qu’il a ramené de Ceylan, et l’enquête est menée par un médecin (trop) rationaliste et incurablement naïf. Le roman est allègre, surprenant, palpitant. » (Christophe Mercier, Le Point).

? Le Tour du cadran (Zwischen neun and neun, Munich, Albert Langen, 1918), roman, traduit de l’allemand et préfacé par Jean-Jacques Pollet. [Paris], Éditions Christian Bourgois, 1988, 256 pages, épuisé.

 

* Rééditions :

 

? Le Tour du cadran. [Paris], Éditions Christian Bourgois, « 10-18 », n°2159, 1991, 256 pages, épuisé.

 

[FICHE LIVRE] ? Le Tour du cadran. [Paris], Éditions Christian Bourgois, « Titre », n°155, 2012, 256 pages.

 

Stanislas Demba est étudiant à Vienne. Il dérobe trois livres à la bibliothèque dans le but de les revendre, mais le troisième acheteur, suspicieux, appelle la police. Menotté, Demba s’échappe de justesse en sautant par la fenêtre. S’ensuit une errance de vingt-quatre heures au fil desquelles le jeune homme sillonne la ville en quête de secours et d’argent. La police toujours à ses trousses, il doit redoubler d’inventivité pour tenter de fuir une issue pourtant frappée du sceau de la fatalité, symbolisée par l’aiguille du cadran dont le tour sera bientôt effectué.

 

En vingt chapitres, Leo Perutz met en place une mécanique implacable qui a marqué ses contemporains et séduit les plus grands cinéastes, Murnau et Hitchcock ayant avoué s’en être inspirés. (Présentation de léditeur)

 

? Le Marquis de Bolibar (Der Marques de Bolibar, Munich, Albert Langen, 1920), traduit de l’allemand Odon Niox Château. [Paris], Éditions Albin Michel, « Maîtres de la littérature étrangère », 1930, 320 pages ; 1970, épuisé.

 

* Rééditions :

 

? Le Marquis de Bolibar. [Verviers], Éditions Gérard, « Bibliothèque marabout », n°709, 1980, 320 pages, épuisé.

 

[FICHE LIVRE] ? Le Marquis de Bolibar. [Paris], Éditions Albin Michel, « Bibliothèque Albin Michel Poche », n°50, 1985, 1991, 2000, 264 pages,

[FICHE LIVRE] ? Le Marquis de Bolibar. [Paris], LGF (Librairie générale française), « Le livre de poche. Biblio », n°3236, 1995, 224 pages,

« Dans notre régiment avait servi, en qualité de volontaire, un jeune gentilhomme espagnol, un de ceux, en très petit nombre, que les idées de liberté et de justice avaient enflammés et qui avaient embrassé la cause de la France et de lEmpereur. Il sétait complètement brouillé avec sa famille et navait fait connaître son nom véritable et son origine quà deux ou trois de ses camarades. Mais les paysans espagnols lappelaient ‘‘la Marquise’’, à cause de sa faible taille et de son allure efféminée, et nous lui donnions nous aussi ce titre. »

Le Marquis de Bolibar est le récit d’une inéluctable autodestruction. Nous sommes dans le voisinage de Macbeth et des « esprits qui assistent les pensées meurtrières ». Le spectre du marquis de Bolibar, comme le fantôme du roi Duncan, plane sur la ville de La Bisbal, et conduit une poignée d’officiers à causer leur propre perte et à anéantir leur régiment pour l’amour d’une renoncule bleue tatouée sur le sein d’une morte. Avec le marquis espion comme passeur, Leo Perutz nous introduit dans l’arrière-monde, où les réprouvés se rangent sous la bannière de l’Antéchrist, où les hommes à la dérive n’ont de choix qu’entre la superstition et un pacte avec le Diable, où la liberté n’engendre que l’autodestruction, où les morts règnent sur les vivants, où les voies du Démon, autant que celles du Seigneur sont impénétrables. (Linda Lê)


 

? Le Maître du jugement dernier (Der Meister des Jüngsten Tages, Munich, Albert Langen, 1923), roman, traduit de l’allemand par Hugo Richter. [Paris], Librairie des Champs-Élysées, « Le Masque Fantastique », 2ème série, n°3, 1978, 256 pages, épuisé.

 

* Nouvelle traduction :

 

[FICHE LIVRE] ? Le Maître du jugement dernier, traduit de l’allemand par Jean-Claude Capèle. [Paris], Éditions Fayard 1989, 224 pages.

 

* Réédition :

 

? Le Maître du jugement dernier. [Paris], LGF (Librairie générale française), « Le livre de poche. Biblio », n°3173, 1992, 2001, 192 pages, épuisé.

 

 « Au moment où je pénétrai dans la pièce, Eugen Bischoff était encore en vie. Il ouvrit les yeux ; sa main tressaillait. Il bougea la tête. Était-ce une illusion ? Quand il maperçut, je vis s exprimer sur son visage déformé par la douleur une surprise sans nom, un étonnement et une immense perplexité.

 

Il tenta de se redresser, voulut parler, poussa un soupir et retomba en arrière. Le docteur Gorki tenait sa main gauche.

 

Mais son visage ne trahit que lespace dun instant cette expression étrange dune stupeur sans bornes ; peu après, ses traits saltérèrent en une grimace qui traduisait une haine féroce. »

 

Vienne, 1909. Au cours d’une soirée de musique de chambre organisée par sa femme Dina, le célèbre acteur Eugen Bischoff trouve la mort dans des circonstances mystérieuses. Suicide provoqué ? Meurtre déguisé en suicide ? Très vite, les soupçons se portent sur le baron von Yosch, homme froid, calculateur, et pourtant bizarrement rêveur, dont chacun sait qu’il est éperdument amoureux de Dina. Mais l’enquête menée secrètement par Solgrub, ami du baron comme de Bischoff, bascule brusquement dans l’irrationnel, car le meurtrier n’est pas un être de chair et de sang, mais une chose infiniment plus terrifiante, innommable, qu’il faut aller traquer jusqu’aux sources de la Renaissance italienne, à moins qu’il ne s’agisse que d’une savante mystification, produit d’un cerveau plus machiavélique encore que celui de l’auteur...

 

Le plus fantastique des romans de Leo Perutz, celui, aussi, que Borges admirait le plus, Le Maître du jugement dernier fouille de sa stridente lumière rouge les labyrinthes les plus secrets de la psyché humaine: ceux où s’élaborent les phénomènes conjoints de l’imagination et de la peur. (Présentation de léditeur)

 

 

 

Turlupin (Turlupin, Munich, Albert Langen, 1924), Fantaisie historique, traduit de l’allemand par Jean-Claude Capèle. [Paris], ÉditionsFayard, 1987, 192 pages.

 

* Rééditions :

 

Turlupin, présentation de Nicole Chardaire. [Paris], LGF (Librairie générale française), « Le livre de poche. Biblio », n°3150, 1991, 192 pages, épuisé.

 

Turlupin. [Paris], Éditions Stock, « La bibliothèque cosmopolite », 1998, 192 pages.

 

Paris, novembre 1642. Le cardinal de Richelieu, dont les adversaires sont plus résolus que jamais, s’apprête à frapper un coup qui devrait pour longtemps briser l’arrogance de la noblesse: il n’est bruit que du « grand jeu de volant de M. de Saint-Chéron » et des dix-sept mille têtes qui vont tomber ce jour-là. Mais le destin, qui suit son propre chemin, en décidera autrement. Grâce à un bouffon, le perruquier Turlupin, qu’un jeu de circonstances cocasse mènera à une fin tragique, la vieille France vouée à la mort triomphera une fois de plus des idées d’un temps nouveau.

 

Roman picaresque, burlesque, fantaisie historique obéissant aux règles du feuilleton, Turlupin arbore les couleurs de genres bien innocents. Mais qu’on ne s’y trompe pas: à l’instar d’Arthur Schnitzler, l’un de ses maîtres, Perutz, écrivain constructiviste, ne déploie tant d’attraits humour, suspense, jeux de style que pour mener le lecteur au cœur de sa réflexion en l’occurence une méditation désabusée sur le sens, ou plutôt le non-sens, de l’histoire. (Présentation de léditeur)

 

 

 

[FICHE LIVRE] ? Leo Perutz et Paul Frank, Le Cosaque et le rossignol (Der Kosak und die Nachtigall, Munich, Knorr & Hirth, [1927]), roman, traduit de l’allemand par Jean-Jacques Pollet. [Paris], Éditions Albin Michel, « Les grandes traductions », 1994, 224 pages.

 

* Réédition :

 

? Leo Perutz et Paul Frank, Le Cosaque et le rossignol. [Paris], UGE (Union générale d’éditions), « 10-18. Domaine étranger », n°2957, 1998, 224 pages, épuisé.

 

Conçu à l’origine comme un scénario de film (tourné en 1935), ce roman mérite de figurer dans toute anthologie de l’humour qui se respecte. S’il ne peut en effet se comparer aux romans fantastiques ou historiques de Perutz, ce livre est bien digne d’un Lubitsch voire d’un Leo Mac Carey, tant les aventures d’un prince russe (le cosaque) à la poursuite d’une fantasque cantatrice (le rossignol) qui court théâtres et amants nous entraînent dans une cavalcade débridée et joyeuse : d’Athènes au Caire, de Monte-Carlo en Ukraine et en Russie soviétique. Esprits sérieux s’abstenir : ici l’on rit ! (Présentation de léditeur)

 

 

 

? À la dérive... (Wohin rollst du, Äpfelchen…, Berlin, Ullstein A. G, 1928), roman, traduit de l’allemand par Odon Niox Château. [Paris], Éditions Albin Michel, « Maîtres de la littérature étrangère », 1931, 320 pages, épuisé.

 

* Nouvelle traduction sous le titre :

 

[FICHE LIVRE] ? Où roules-tu, petite pomme ?, roman, traduit de l’allemand par Jean-Claude Capèle. [Paris], Éditions Fayard, 1989, 234 pages.

 

* Réédition :

 

[FICHE LIVRE] ? Où roules-tu, petite pomme ? [Paris], LGF (Librairie générale française), « Le livre de poche. Biblio », n°3186, 1992, 2002, 246 pages.

 

« Sur la plaque, il lut un nom étranger qui ne lui disait rien. Une terrible frayeur sempara de lui : peut-être arrivait-il trop tard. « Selioukov nest plus là, se dit-il, il a quitté lappartement hier et personne ne sait où il est parti... » Mais pendant quil réfléchissait, il sentit une odeur délicate et étrange qui passait sous la porte. Il connaissait cette odeur ; il lavait sentie en Sibérie, au camp de Tchernaviensk : cétait larôme du tabac chinois, des cigarettes que fumait Selioukov. Il ferma les yeux et aspira avec une satisfaction indicible le parfum dune journée du passé.

 

Puis il sonna. Derrière cette porte, il le savait à présent, il trouverait Selioukov. »

 

Vienne en 1918-1919: c’est « le temps des fantômes ». Les Autrichiens cherchent à oublier la défaite militaire et la chute de la monarchie des Habsbourg en se jetant à corps perdu dans un tourbillon de plaisirs rien moins que spontanés. L’ancien officier Georg Vittorin, lui, ne peut oublier l’humiliation que lui a fait subir Sélioukov, le commandant du camp de prisonniers russe où il a passé les derniers mois de la guerre. Il décide de retourner en Russie pour se venger. Une poursuite dramatique s’engage alors, qui lui fera traverser toute l’Union soviétique, le conduira à Constantinople, Milan et Paris jusqu’au jour où se produira le « duel sans témoins » qu’il appelle de ses vœux.

 

Trois millions de lecteurs ont lu la première édition de ce roman, qui parut en 1928 en feuilleton dans le plus grand magazine du continent, la Berliner Illustrierte Zeitung, et dont le titre devint bientôt un véritable slogan exprimant l’incertitude et l’angoisse des gens devant l’avenir. (Présentation de léditeur)

 

 

 

[FICHE LIVRE] ? Seigneur, ayez pitié de moi ! (Herr, erbarme Dich meiner, Vienne, Phaidon-Verlag, 1930), traduit de l’allemand par Ghislain Riccardi. [Paris], ÉditionsAlbin Michel, « Les Grandes traductions », 1988, 208 pages.

 

* Réédition :

 

? Seigneur, ayez pitié de moi ! UGE (Union générale d’éditions), « 10/18. Domaine étranger », n°2679, 1995, 208 pages, épuisé.

 

« Lire Leo Perutz, c’est retrouver la perfection des fabliaux. Les mots semblent avoir trouvé leur place définitive. Chaque nouvelle paraît dans sa concision avoir atteint l’achèvement. On a l’impression d’avoir affaire à des contes énigmatiques et prenants, tant de fois malaxés par des diseurs qu’ils ont l’aspect définitif des légendes. On y retrouve la verve de l’auteur de Turlupin, son goût pour l’humour désinvolte et son univers baroque qui fait penser à Kafka. » (Daniel Apruz, Nouvelles, Nouvelles).

 

 

 

[FICHE LIVRE] ? La Neige de saint Pierre (St. Petri Schnee, Berlin, Zsolnay, 1933), roman, traduit de l’allemand par Jean-Claude Capèle. [Paris], Éditions, Fayard, 1987, 240 pages.

 

* Réédition :

 

? La Neige de saint Pierre. [Paris], LGF (Librairie générale française), « Le livre de poche. Biblio », n°3107, 1988, 192 pages, épuisé.

 

Le 2 mars 1932, Georg Friedrich Amberg, jeune médecin récemment engagé par le baron von Malchin pour soigner les paysans de son village de Morwede, émerge d’un long coma dans un hôpital d’Osnabrück en Westphalie. A peine les terribles événements des cinq dernières semaines lui sont-ils revenus en mémoire qu’il s’enquiert, auprès de l’infirmière et du médecin-chef, du baron, de Bibiche, sa bien-aimée menacée de mort, de la révolte, mais on lui rétorque qu’il divague, qu’il a tout simplement été renversé par une voiture. Or Georg reconnaît parmi les infirmiers les protagonistes du drame qu’il a vécu à Morwede... Cauchemar ? Délire ? Conspiration ? Étayés par la structure « policière » du récit, les thèmes chers à Perutz ne tardent pas à apparaître: manipulation de l’Histoire, précarité de la frontière entre raison et folie, aveuglement de l’homme qui cherche à faire et à comprendre sa propre histoire. Fable trop transparente en pleine ascension du nazisme, La Neige de saint Pierre, œuvre d’un écrivain juif, fut interdite peu après sa sortie en 1933.(Présentation de léditeur)


? Le Cavalier suédois (Der schwedische Reiter, Vienne, Zsolnay, 1936), roman, traduit de l’allemand par Frédérique Daber. [Paris], Éditions Seghers, « Les Fenêtres de la nuit », n°10, 1982, 216 pages, épuisé.

* Nouvelle traduction :

? Le Cavalier suédois, traduit de l’allemand par Martine Keyser. [Paris], Éditions Phébus, 1987, « Domaine romanesque », 274 pages, épuisé.

* Rééditions :

? Le Cavalier suédois. [Paris], UGE (Union générale d’éditions), « 10-18 », n°1964, 1988, 274 pages, épuisé.

[FICHE LIVRE] ? Le Cavalier suédois. Paris], Éditions Phébus, « Libretto », n°32, 1999, 2011, 278 pages.

Dans l’Europe orientale au début du XVIIIe siècle, aux confins de la Prusse et de la Pologne, le jeune roi Charles XII de Suède rêve de se tailler un empire qui irait de la Baltique à la mer Noire… et y réussit presque. Un jeune officier de ses troupes, déserteur et pourchassé, prend la place d’un voleur de grand chemin pour échapper à la potence — lequel voleur prend sa place dans la vie. Et c’est l’histoire de ce dernier qui nous est contée : poursuite endiablée d’un bonheur qui toujours échappe, jusqu’à la chute finale, attendue et d’autant mieux pathétique, où la Mort reprend ironiquement ses droits. Perutz considérait Le Cavalier suédois – où il traite avec un sens très cinématographique du « suspense » le thème angoissant entre tous de la substitution d’identité – comme son roman le plus inspiré. Le fait est qu’avec le recul du temps ce récit mouvementé gouverné de bout en bout par l’Ange du Bizarre apparaît à nos yeux comme l’une des plus singulières réussites de la littérature allemande de l’époque. Surtout nous bouleverse ici l’aventure d’un homme qui joue systématiquement les meilleures cartes de l’existence… pour marcher finalement, libéré de tout (sauf de l’amour), vers le supplice ultime qui depuis toujours l’attendait. Peu de textes à ce point parviennent à impliquer leur lecteur dans le réseau charnel d’une destinée vécue pour le meilleur et pour le pire – si ces deux mots, au bout du compte, ont encore un sens. Un récit de pure angoisse sur le thème de la substitution d’identité. (Présentation de léditeur)

 

[FICHE LIVRE] ? La Nuit sous le pont de pierre (Nachts unter der steinernen Brücke. Ein Roman aus dem alten Prag, Frankfurt/Main, Frankfurter Verlagsanstalt, 1953), roman traduit de l’allemand par Jean-Claude Capèle. [Paris], Éditions Fayard, 1987, 244 pages.

* Réédition :

[FICHE LIVRE] ? La Nuit sous le pont de pierre. [Paris], LGF (Librairie générale française), « Le livre de Poche », n°3138,1990, 248 pages.

« La belle Esther, l’épouse de Mordechai Meisl, s’éveilla dans sa maison de la place des Trois-Fontaines. La lumière du soleil matinal tombait sur son visage et donnait à ses cheveux des reflets rougeâtres… C’était un rêve ! murmura-t-elle. Et nuit après nuit, c’est toujours le même ! Quel beau rêve ! Mais, loué soit le Créateur, ce n’est qu’un rêve. »

Dans son « roman de Prague » – quatorze tableaux reliés entre eux par un subtil jeu de leitmotive et de contrepoints – Leo Perutz ressuscite avec une maestria digne des kabbalistes qu’il met en scène la capitale de la Bohême et du Saint Empire au début du XVIIe siècle – ville double où, à l’arrogance du « château », aux coûteux caprices d’un empereur amoureux de ses songes et aux intrigues de ses secrétaires, valets, bouffons, astrologues et alchimistes, répond et s’oppose la piété de la pittoresque « cité juive », fief du richissime Mordechai Meisl. Entre ces deux villes, entre ces deux hommes, aucun lien apparent, et pourtant... (Présentation de léditeur)

 

? Le Judas de Léonard (Der Judas des Leonardo, Hamburg, Zsolnay, 1959), roman, traduit de l’allemand par Martine Keyser. [Paris], ÉditionsPhébus,« Domaine romanesque », 1987, 248 pages, épuisé.

* Rééditions :

? Le Judas de Léonard. [Paris], UGE (Union générale d’éditions), « 10-18. Domaine étranger », n°1965, 1988, 248 pages, épuisé.

[FICHE LIVRE] ? Le Judas de Léonard. [Paris], ÉditionsPhébus, « Libretto », n°127, 2003, 244 pages.

Milan, 1498. Léonard de Vinci, invité à la cour de Ludovic le More, travaille à sa célèbre Cène. Il cherche en vain un modèle pour la figure de son « Judas ». Il a beau hanter les bas-fonds de la grande cité lombarde, passer en revue toutes les canailles du lieu, les vices qu’il découvre sont à l’évidence de ceux que Jésus aurait pardonnés. Or Jésus n’a pas pardonné à Judas… On rencontrera, au fil d’une pérégrination riche en surprises, un duc peu soucieux de son statut souverain ; un prêteur sur gages prompt à se vendre pour quelques sequins, mais dont la fille offre son corps et son âme contre un sourire ; un poète mauvais garçon, sorte de Villon amnésique, évoquant des terres possédées jadis « il ne sait où » ; un marchand allemand enfin, honnête et droit, mais qui trahira par crainte d’aimer… et dont Léonard fera son modèle. On goûtera surtout, par-delà les mirages d’une imagination enfiévrée, la beauté musicale qui fait toute la magie des romans de Perutz : ces conversations qui se croisent en contrepoint vertigineux, l’allégresse du ton que contredit cruellement un discours désabusé, le rythme inattendu des épisodes, qui trahit un surprenant désordre des valeurs. Mais l’imprévisibilité, laquelle donne tout son prix à la musique comme à l’art du roman, n’est-elle pas la clé ironique de l’humaine existence ? (Présentation de léditeur)

 

[FICHE LIVRE] ? Nuit de mai à Vienne et autres récits (Mainacht in Wien. Romanfragmente, kleine Erzählprosa, Feuilletons ; aus dem Nachlass Erscheinungsjahr. Ausgewählte Werke in Einzelbänden, Vienne, Zsolnay, 1996), traduit de l’allemand et postfacé par Jean-Jacques Pollet. [Paris], ÉditionsFayard, 1999, 234 pages.

Les cinq récits en prose, les deux romans inachevés et les chroniques de voyage qui composent ce recueil ont été écrits entre 1906 et 1938, et publiés à titre posthume. Qu’il esquisse une réflexion sur l’art et l’artiste (« Le Frère de Léonard »), sur l’inéluctabilité du destin et du mal (« La Chasse à la lune », « Le Sergent-chef Schramek », « La Mort de Messer Lorenzo Bardi », « Pauvre Guignol ! »), Leo Perutz garde toujours le souci du « minimalisme narratif », de l’économie de moyens, que l’on retrouve dans ses Chroniques de voyage, où il met au service de ses observations le regard acéré du nouvelliste. Les quatre chapitres qui nous sont restés de l’Oiseau solitaire contiennent en germe toute la poétique singulière du roman historique pérutzien, déconstruction ironique de l’historiographie traditionnelle, fondée sur la dramatisation, l’héroïsation rétrospective de l’événement. Nuit de mai à Vienne, qui narre les vicissitudes d’un journaliste juif viennois tentant de fuir son pays après l’invasion hitlérienne, offre une résonnance autobiographique tout à fait inédite dans l’œuvre de Leo Perutz. Quelle que soit la forme choisie, Leo Perutz s’emploie à relever la contingence de la vie et à souligner la fragilité de la destinée humaine. En ce sens, les textes qui sont rassemblés ici présentent une remarquable unité de ton. (Présentation de léditeur)

 

SUR L’AUTEUR

? Un jour sans soir. Leo Perutz. [Paris], Le Visage vert / [Maurepas], Les Presses d’Ananké, 1987, 44 pages, illus, épuisé.

[Contient un choix d’essais et d’articles sur Leo Perutz reproduits en fac.-similé].

 

? Leo Perutz ou Lironie de lhistoire. Perutz-Kolloquiums im Österreichischen Kulturinstitut (Paris, 8-9 mars 1991), Jean-Jacques Pollet, éd. [Mont-Saint-Aignan, Seine-Maritime], Publications de l’Université de Rouen et du Havre, « Études autrichiennes », n°2, 1993, 112 pages.

Leo Perutz, un auteur prisé du public et délaissé par la critique. Le paradoxe n’eût pas été pour lui déplaire. Le présent ouvrage, qui est le premier à lui être consacré en France, ne voudrait surtout pas rompre le charme. Les contributions qu’il réunit, et qui approchent l’œuvre sous des angles variés, ne sauraient lever le secret des machineries vertigineuses de ses fictions ; elles n’ont d’autre ambition que d’inviter à les deviner et, surtout, à les faire jouer. Pour reconnaître enfin, dans la mode viennoise qui a déjà redécouvert Joseph Roth et Stefan Zweig, la singularité d’un diabolique conteur. (Présentation de léditeur)

 

? Cristina Terrile, La Crise de la volonté ou le romanesque en question. Borgese, Green, Perutz, Pirandello, Kafka. [Paris], Éditions H. Champion, « Bibliothèque de littérature générale et comparée », n°8, 1997, 408 pages.

La dissolution du personnage, la mise en cause du narrateur, la dispersion des formes, la multiplication des perspectives sont autant de symptômes d’une crise de la narration traditionnelle inaugurée par les années vingt et dont les prolongements se font sentir jusqu’à nos jours. Si l’on cherche à décrire les aspects de cette mutation, il est difficile d’éviter la tentation de l’éclectisme tant la réalité envisagée apparaît changte et multiple. Aussi ne s’agit-il pas d’entreprendre encore une fois une description plus ou moins complète du kaléidoscope des faits, mais plutôt de comprendre, à partir d’une hypothèse unifiante, quelles tendances historiques travaillent en profondeur le chaos apparent des expériences narratives. Le personnage, le narrateur, l’agencement du texte et le lecteur qui les découvre sont considérés sous l’unité du concept de volonté et la crise du roman, entendue comme crise de la volonté dans le roman, peut être pensée de manière organique. Les œuvres étudiées de Borgese, Green, Perutz, Pirandello et Kafka, sont explorées comme des machines textuelles dont chacune exprime un moment particulier de cette crise de la volonté. (Présentation de léditeur)

 

[FICHE LIVRE] ? Jean-Pierre Chassagne, Leo Perutz et le scepticisme viennois. L’ébauche d’une éthique du désenchantement. [Saint-Etienne], Publications de l’Université de Saint-Etienne, « Les scripturales », 2012, 352 pages (à paraître en novembre 2012).


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