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LEPPIN, Paul

 

[RÉPUBLIQUE TCHÈQUE] (Prague, 1878 – Prague, 1945). Paul Leppin. Écrivain pragois de langue allemande. « Son œuvre n’est pas très abondante, et Prague en est le centre omniprésent – que l’on retrouve au cœur des poèmes comme des romans. Un Prague sulfureux, canaille, où prophètes de trottoir, anarchistes poseurs de bombes et poètes sans public crachent avec conviction à la face de la Belle Époque. Dès les débuts domine chez lui la couleur noire. Son premier recueil poétique s’intitule Cloches dans lobscurité (1903) et son récit le plus célèbre, Marche dans les ténèbres (Severins Gang in Finisternis [La Marche de Severin dans les ténèbres], 1914. La lumière électrique dont le siècle commençant se fait une couronne lui paraît un masque parfaitement hypocrite : lui sait que l’essentiel se trame dans les coins d’ombre, dans l’inavoué, l’inavouable. En 1905, son roman Daniel Jesus avait fait scandale et lui avait valu d’être accusé de blasphème, de pornographie, de satanisme… Ce malentendu avec son siècle n’est pas tout à fait pour lui déplaire. Il ne sera même pas constant, puisque après la Première guerre mondiale, il connaît un triomphe au théâtre avec Der blaue Zircus [Le Cirque bleu] (1924). Et puis vient l’horreur annoncée, sinon attendue. La jeune Tchécoslovaquie, libre d’hier, passe sous la botte allemande ; son fils est assassiné par les nazis, lui-même se terre et n’écrit plus, rongé par une vieille syphilis contractée dans les bordels de sa jeunesse. Quand il meurt en 1945, il est déjà oublié. Seul Max Brod, dans son autobiographie (1964), saura rappeler la dette que notre temps à envers lui : « Leppin avait été littéralement élu pour chanter le vieux Prague qui s’éteignait alors dans les douleurs, avec ses ruelles mal famées, ses nuits de beuverie, ses vagabonds, ses saints pompeusement baroques à la religiosité suspecte… » Le même Brod soulignait que cet imaginaire ne s’était jamais donné aussi libre cours que dans les pages de Marche dans les ténèbres — les premières surtout, « écrites à la manière simple et vraie de Kafka ». Et de conclure : « Il fut une sorte de Baudelaire germano-tchèque. Mais privé de tout espoir de rédemption. » (Présentation de léditeur)

 

 

 

LIVRES (traductions françaises)

 

? Marche dans les ténèbres (Severins Gang in die Finsternis, Munich, Delphin-Verlag, 1914), roman, traduit de l’allemand par Corinna Gepner. [Paris], Éditions Phébus, « D’aujourd’hui. Étranger », 2001, 152 pages, épuisé.

 

Un homme – Severin – erre dans Prague à la recherche de quelque lumière : lumière sur sa vie, sur le monde, sur lui-même. Il n’a pas beaucoup plus de vingt ans mais la mort déjà loge en lui, ou en tout cas un bizarre fantôme qui l’empêche de vivre au même diapason que les gens dits normaux. Le quotidien (une tâche routinière dans un bureau) l’accable, et l’amour même de la blonde Zdenka, abordée un an plus tôt dans la rue, ne parvient pas à l’apaiser.

 

Pour dire le vrai, il cherche en vain l’Amour majuscule auprès de toutes les femmes : auprès de Suzanne, la fille d’un bouquiniste expert en ouvrages licencieux, auprès de Karla, une chanteuse qui a perdu la voix – et sans doute aussi auprès de maintes créatures que la moralité bourgeoise condamne de son haut. Dégoûté par le monde et par les êtres qui le peuplent, il balance au gré des rencontres entre le désir de meurtre et la tentation du suicide. Un temps l’humble Zdenka, un ange de patience, l’aide à croire qu’une consolation existe ici-bas, mais il déchante bientôt… et s’en va noyer son chagrin, de plus en plus violemment, parmi la clientèle bizarre qui hante la taverne de l’Araignée – dont le patron collectionne les bombes et rêve d’anéantir l’humanité. Ironie du sort, alors que Séverin s’apprête lui-même à faire sauter le bouge et ses clients, il gagne le gros lot à la loterie qu’organise le maître des lieux. Le gros lot en question est une femme, Mylada : une beauté fatale dont tous les hommes sont fous… Abasourdi par ce coup du destin qui le ramène au seul rôle qu’il ait jamais su jouer sans tricher – celui de pantin grotesque –, il renonce à son crime et décide de vivre sa vie ainsi qu’il convient à un citoyen respectable : dans la niaiserie et la lâcheté. Roman exemplaire de la haine de soi, Marche dans les ténèbres, dans sa brièveté, frappe vite et fort. (Présentation de léditeur)

 

 

 

[FICHE LIVRE] ? Au-dessous de tout (Blaugast, ein Roman aus dem alten Prag, composé vers 1930-32 ; posthume, Munich, Erstausgabe, 1984), traduit de l’allemand par Corinna Gepner. [Paris], Éditions Phébus, « D’aujourd’hui. Étranger », 2004, 138 pages.

 

De Paul Leppin, citoyen de Prague comme Kafka, Max Brod n’hésite pas à proclamer que certains de ses romans peuvent être sans honte comparés à ceux de l’auteur du Château : « Il fut une sorte de Baudelaire germano-tchèque. Mais privé de tout espoir de rédemption ». Récemment redécouvert en Allemagne après un long purgatoire, Leppin commence aujourd’hui seulement à être traduit. Achevé au début des années trente (probablement en 1932), d’abord intitulé Der Untergang – titre qui évoque la chute, le cheminement dans quelque sous-sol dostoïevskien – et d’ailleurs sous-titré (provisoirement) « Roman d’un possédé », le présent récit ne sera publié qu’en 1984 et la critique saluera sa violente modernité.

 

Un homme livré à la nuit se laisse dévoyer par un ancien condisciple qui prétend étudier la science de la dégradation, la « biologie du dépérissement ». Ce dernier le confie à une femme qui, non contente de vendre ses charmes, s’ingénie à maintenir ses amants dans un état de complet asservissement érotique. La victime, cette fois, débordée par ses propres souvenirs (une adolescence pervertie par la honte), finira - ou manquera de finir - dans la plus basse abjection : celle de l’exhibitionniste payé quatre sous pour simuler dans des bouges les gestes d’un désir réduit à la pue (ou la pire) obscénité. (Présentation de léditeur)

 

 




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