Newsletter







Identifiez-vous




La librairie

    • La librairie Compagnie
    • 58, rue des Ecoles
      75005 Paris
    • Téléphone
    • 01 43 26 45 36
    • Fax
    • 01 46 34 63 37
    • Horaires
    • du lundi au samedi de 10h30 à 20h15

KAFKA, Franz 1 / 3

[RÉPUBLIQUE TCHÈQUE] (Prague, 1883 – Kierling, près de Vienne, 1924). Franz Kafka. Écrivain pragois de langue allemande, le 3 juillet 1883 d'une famille juive, a fait ses études au lycée allemand de Prague de 1893 à 1901, puis à l'Université allemande. En 1907 il entre dans une compagnie d'assurances. Son expérience professionnelle jouera un rôle capital dans la vision du monde social que son œuvre reflète avec la plus extrême précision. En 1912 il rencontre Felice Bauer, avec qui il se fiance deux fois et rompt définitivement en 1917. C'est l'année où sa tuberculose pulmonaire est diagnostiquée. En 1923, au cours de vacances au bord de la Baltique, il fait la connaissance de Dora Dymant et s'installe avec elle à Berlin. Atteint de laryngite tuberculeuse, il est transporté, après deux séjours dans des hôpitaux de Vienne, au sanatorium de Kierling, où il meurt le 3 juin 1924.

 

ÉDITIONS COLLECTIVES

 

[FICHE LIVRE]Œuvres complètes. Tome I, édition de Claude David ; traduit de l’allemand par Jean-Pierre Danès, Claude David, Marthe Robert, Alexandre Vialatte. [Paris], Éditions Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », n°264, 1976, 1408 pages.

[L'Amérique [L'Oublié] - Le Procès - Le Château]

[FICHE LIVRE]Œuvres complètes. Tome II, édition de Claude David ; traduit de l’allemand par Jean-Pierre Danès, Claude David, Marthe Robert, Alexandre Vialatte. [Paris], Éditions Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », n°282, 1980, 1344 pages.

[Récits et fragments narratifs : Description d'un combat (1re et 2e versions) – Préparatifs de noce à la campagne (1re et 2e versions) - Les aéroplanes à Brescia - Le premier grand voyage en chemin de fer (Prague-Zurich) - Le verdict - La métamorphose - La colonie pénitentiaire - Le maître d'école de village [La taupe géante] – Un célibataire entre deux âges - Un médecin de campagne - [Lors de la construction de la muraille de Chine] - [Les recherches d'un chien] - Le terrier - Joséphine la cantatrice ou le peuple des souris - Etc. - Fragments de Journal - Fragments non datés].

[FICHE LIVRE]Œuvres complètes. Tome III, édition de Claude David ; traduit de l’allemand par Jean-Pierre Danès, Claude David, Marthe Robert, Alexandre Vialatte. [Paris], Éditions Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », n°316, 1984, 1712 pages.

[Journaux (1909-1924) - Lettres à sa famille et à ses amis - Extraits des feuillets de conversation].

[FICHE LIVRE]Œuvres complètes. Tome IV, édition de Claude David ; traduit de l’allemand par Jean-Pierre Danès, Claude David, Marthe Robert, Alexandre Vialatte. [Paris], Éditions Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », n°353, 1989, 1520 pages.

[Lettres à Felice - Lettre à son père - Lettres à Milena - Articles et allocutions, textes professionnels].

[FICHE LIVRE]Récits, romans, journaux, édition de Brigitte Vergne-Cain et Gérard Rudent, traduit de l’allemand par François Mathieu, Axel Nesme, Marthe Robert et al. [Paris], LGF, « Le Livre de poche. La pochothèque », 2009, 1518 pages.

[Premières proses publiées - Petites proses - Un bréviaire pour les dames - Conversation avec l'homme en prière - Conversation avec l'homme ivre - Les aéroplanes de Brescia - Un roman de la jeunesse - Une revue défunte - Description d'un combat - Grand bruit - Journal de Weimar à Jungborn - Premier chapitre de Richard et Samuel - Le premier long voyage en train - Contemplation - Journal de l'année 1912 : Le verdict et Le soutier - La Métamorphose - Le Disparu (Amerika) - Le Procès - Dans la colonie pénitentiaire - À cheval sur un seau à charbon - Un médecin de campagne (Petits récits) - Journal de l'année 1917 - Le Château - Un artiste du jeûne (Quatre histoires)]. 

[FICHE LIVRE]La Métamorphose, La Sentence, Le Soutier et autres récits. Intégrale des récits de Kafka I, traduit de l'allemand par Catherine Billmann et Jacques Cellard. [Arles], Éditions Actes Sud / [Montréal], Éditions Leméac, « Babel », n°285, 2008, 208 pages.

Les trois grands récits La sentence, Le soutier et La métamorphose, ainsi que les dix-huit petits textes impressionnistes qui les précèdent, distillent une inquiétude extraordinairement pénétrante dans un style tout à la fois lyrique, dramatique, sobre et précis. (Présentation de l’éditeur) 

[FICHE LIVRE]A la colonie disciplinaire et autres récits. Intégrale des récits de Kafka II, traduit de l'allemand par Catherine Billmann et Jacques Cellard. [Arles], Éditions Actes Sud / [Montréal], Éditions Leméac, « Babel », n°352, 2008, 192 pages.

La traduction libre et audacieuse de Catherine Billmann et Jacques Cellard fait entendre mieux que jamais l’humour surprenant qui imprègne les histoires les plus étranges ou les plus inquiétantes imaginées par Kafka, telles A la colonie disciplinaire, Joséphine la chanteresse, Un artiste du jeûne, Compte rendu pour une académie… (Présentation de l’éditeur) 

[FICHE LIVRE]Récits posthumes et fragments. Intégrale des récits de Kafka III, traduit de l'allemand par Catherine Billmann. [Arles], Éditions Actes Sud / [Montréal], Éditions Leméac, « Babel », n°867, 2008, 416 pages.

A sa mort, Kafka a laissé de nombreux manuscrits inédits. Bien qu’il ait demandé expressément à Max Brod, son ami et exécuteur testamentaire, de ne jamais les faire publier, celui-ci passa outre à cette volonté. Les textes ici proposés n’ont donc pour la plupart jamais été relus ni corrigés par l’écrivain, mais c’est leur inachèvement même qui les rend intéressants, voire fascinants, car ils donnent l’impression d’accéder au plus intime de la réflexion de leur auteur, d’effleurer le mystère de la création littéraire.

La collection Babel propose désormais l'intégralité des récits de Kafka dans une nouvelle traduction, puisque les deux premiers volumes – La Métamorphose, La Sentence, Le Soutier et autres récits (Babel n°285) et A la colonie disciplinaire et autres récits (Babel n°352) – réunissent les textes publiés par l'auteur ou sous son contrôle de 1912 à 1924. (Présentation de l’éditeur) 

[FICHE LIVRE]La Métamorphose et autres récits. Tous les textes parus du vivant de Kafka I, traduit de l'allemand, préfacé et annoté par Claude David. [Paris], Éditions Gallimard, « Folio classique », n°2017, 1989, 224 pages.

« Lorsque Gregor Samsa s'éveilla un matin au sortir de rêves agités, il se retrouva dans son lit changé en un énorme cancrelat. Il était couché sur le dos, dur comme une carapace et, lorsqu'il levait un peu la tête, il découvrait un ventre brun, bombé, partagé par des indurations en forme d'arc, sur lequel la couverture avait de la peine à tenir et semblait à tout moment près de glisser. Ses nombreuses pattes pitoyablement minces quand on les comparait à l'ensemble de sa taille, papillotaient maladroitement devant ses yeux. »

[FICHE LIVRE]Un artiste de la faim et autres récits. Tous les textes parus du vivant de Kafka II, traduit de l'allemand, préfacé et annoté par Claude David. [Paris], Éditions Gallimard, « Folio classique », n°2191, 1990, 256 pages.

« L'intérêt que l'on porte aux jeûneurs professionnels a beaucoup baissé au cours des dernières décennies. Alors qu'il était avantageux autrefois d'organiser pour son propre compte des spectacles de cette nature, cela est devenu aujourd'hui tout à fait impossible. C'étaient d'autres temps. A cette époque, toute la ville s'occupait du jeûneur ; l'intérêt croissait de jour de jeûne en jour de jeûne ; chacun voulait voir le jeûneur au moins une fois par jour ; vers la fin, il y avait des abonnés qui restaient toute la journée assis devant la petite cage grillagée... »

 

JOURNAL

 

Journal intime, suivi de Esquisse d’une autobiographie, Considérations sur le péché, Méditations, traduit de l'allemand et présenté par Pierre Klossowski. [Paris], Éditions Grasset, 1945, 320 pages, épuisé.

* Réédition :

[FICHE LIVRE]Journal intime. [Paris], Éditions Rivages, « Rivages-Poche. Petite bibliothèque », n°609, 2008, 264 pages.

Kafka ne nous a laissé que des fragments ; ses romans le sont au même titre que ses aphorismes et ses journaux intimes. Mais ce qui frappe de prime abord, c'est que l'inachèvement n'exclut pas une subtilité et une minutie du détail peu communes. Rien de plus poignant que cette intensité, sans cesse interrompue par l'insatisfaction, sans cesse reprise par l'espérance, voire la certitude d'une totalité à conquérir. « Celui qui, de son vivant, ne vient pas à bout de la vie – écrit-il en octobre 1921 dans son journal – il a besoin de l'une de ses mains pour écarter un peu le désespoir que lui cause son destin – il n'y arrive que très imparfaitement – et de l'autre main il peut enregistrer ce qu'il aperçoit sous les décombres, car il voit autre chose et plus que les autres. » (Pierre Klossowski)

Journal, traduit de l'allemand et préfacé par Marthe Robert ; postface Max Brod. [Paris], Éditions Grasset, 1954 ; 1965 ; 1973 ; 1996, 686 pages, épuisé.

* Rééditions :

[FICHE LIVRE]Journal. [Paris], Éditions Grasset, « Les cahiers rouges », n°230, 2002, 704 pages.

[FICHE LIVRE]Journal. [Paris], LGF, « Le Livre de poche », 1982, 674 pages / « Le Livre de poche. Biblio », n°3001, 2012, XX-700 pages.

Voici le témoignage le plus poignant de toute l'histoire de la littérature. Que devient un homme quand le verbe pénètre en lui, décide de sa vie, et lui fait espérer un mystérieux salut ? « Nous avons été chassés du paradis mais le paradis n'a pas été détruit pour cela. » Ce paradis qu'on doit retrouver sera d'autant plus beau qu'on revient de loin. Kafka relate tout ce qui l'envahit et l'abat : peur de la maladie et de la solitude, désir et crainte du mariage, lutte contre le milieu familial et religieux. Étouffé par ses scrupules, il ne perd jamais de vue sa vie spirituelle dont il attend force et lumière. Ce Journal, c'est tout l'ennui de la vie et le salut qui l'éclaire. (Présentation de l’éditeur)

 

CORRESPONDANCE

Lettres à Milena, traduit de l'allemand par Alexandre Vialatte. [Paris], Éditions Gallimard, « Du monde entier », 1956, 280 pages, épuisé.

 

* Réédition :

Lettres à Milena. [Paris], Éditions Gallimard, « Idées », n°479, 1983, 288 pages, épuisé.

* Édition revue et augmentée :

[FICHE LIVRE]Lettres à Milena, traduit de l'allemand par Alexandre Vialatte ; textes complémentaires traduits par Claude David. [Paris], Éditions Gallimard, « L'Imaginaire », n°200, 1988, 364 pages.

Franz Kafka connut d'abord Milena comme traductrice : elle établissait la version tchèque de quelques-unes de ses proses courtes. Ces relations se transformèrent en une liaison passionnée dont les lettres permettent de suivre le progrès. Cette passion ne dura qu'un instant, elle tient en quelques mois à peine. Les lettres racontent d'un bout à l'autre ce roman d'amour, orgie de désespoir et de félicité, de mortification et d'humiliation. Car quelle qu'ait pu être la fréquence de leurs rencontres, leurs amours restent essentiellement épistolaires comme celles de Werther ou de Kierkegaard. Milena est morte vingt ans après Kafka, dans le camp de concentration de Ravensbrück. (Présentation de l’éditeur)

* Extraits

Lettres à Milena, traduit de l'allemand par Claude David et Alexandre Vialatte. Choix de 23 lettres lues par Robin Renucci. [Paris], Éditions Gallimard, « Écoutez lire », 2004, contient 1 CD audio. Durée d'écoute : env. 1 h 10 mn.

Dans Lettres à Milena, Franz Kafka se révèle tour à tour tendre, heureux, amoureux, angoissé, peureux et désemparé. Robin Renucci interprète avec justesse et fidélité toute la palette de sentiments qui traversent ces lettres magnifiques. Un témoignage bouleversant sur l'intimité d'un des plus grands auteurs du XXe siècle. (Présentation de l’éditeur)


[FICHE LIVRE]Correspondance (1902-1924), traduit de l'allemand et préfacé par Marthe Robert. [Paris], Éditions Gallimard, « Du monde entier, 1965, 600 pages, épuisé.

Lettres à Felice (Du 20 septembre 1912 au 2 mai 1913 et du 3 mai 1913 au 16 octobre 1917), traduit de l'allemand par Marthe Robert ; préface d'Erich Heller, traduite de l'anglais par Yvonne Davet. [Paris], Éditions Gallimard, « Du monde entier », 1972, 2 vol., 920 pages, illus., épuisé.

Après les Lettres à Milena et la Correspondance (1902-1924), publiées en 1956 et 1965, les Lettres à Felice apportent à la part autobiographique de l'œuvre de Kafka un complément décisif. Pendant cinq ans, Kafka s'y raconte jour par jour, quelque fois heure par heure, ou plutôt il s'y écrit avec la même précision imprécise, la même logique ambiguë qui marque le style de ses récits. Et il dit ce qui est pour lui la littérature. Outre les lettres de Kafka, ce recueil comprend des lettres provenant de différentes personnes – parents et amis – qui ont joué un rôle dans le drame de ce mariage impossible. (Présentation de l’éditeur) 

[FICHE LIVRE]Lettres à Ottla et à la famille, édition d'Hartmut Binder et Klaus Wagenbach, traduit de l'allemand par Marthe Robert ; appendice par Guy Fritsch-Estrangin. [Paris], Éditions Gallimard, « Du monde entier, 1978, 264 pages + 32 p. hors texte.

[FICHE LIVRE]Lettres à ses parents (1922-1924), édition de Josef Cermák et Martin Svatos, traduit de l'allemand Robert Simon ; précédé d'« Une année dans la vie de Franz Kafka » de Pietro Citati, traduit de l'italien par Brigitte Pérol. [Paris], Éditions Gallimard, « Arcades », n°18, 1990, 144 pages.

En 1986, un bouquiniste de Prague se vit proposer et acheta trente-deux lettres et cartes postales de Kafka adressées aux membres de sa famille. Le vendeur était un homme qui n'était nullement apparenté à Kafka ou à sa famille, et qui n'avait aucun rapport direct avec elle. Cette nouvelle collection de lettres date des deux dernières années de la vie de Kafka. L'ensemble comprend neuf lettres, vingt-deux cartes postales et une carte postale illustrée. La première a été écrite en 1922 et la dernière, juste avant sa mort, en 1924. (Présentation de l’éditeur) 

[FICHE LIVRE]Lettres à Max Brod (1904-1924), traduit de l'allemand et présenté par Pierre Deshusses. [Paris], Éditions Rivages, « Bibliothèque Rivages », 2008, 328 pages.

* Réédition :

[FICHE LIVRE]Lettres à Max Brod (1904-1924). [Paris], Éditions Rivages, « Rivages-Poche. Petite bibliothèque, n°708 », 2011, 474 pages.

« On se sentait à l'aise avec lui. Par la richesse de ses pensées exprimées généralement sur un ton badin, il était, pour employer un mot bien terne, l'un des hommes les plus captivants que j'ai connus, malgré sa modestie et son calme. » (Max Brod)

Cette correspondance dépourvue de pose, de vanité et de stéréotypes – jusque dans les plus brefs billets – nous livre non seulement une image inédite de la personnalité de Kafka mais nous permet aussi d'appréhender avec un regard nouveau son œuvre débarrassée des commentaires qui se résument trop souvent dans l'adjectif « kafkaïen ». En réalité, personne n'est moins kafkaïen que Kafka, homme indulgent et moqueur, radical, généreux et avide de vivre. (Présentation de l’éditeur) 

[FICHE LIVRE]En tout, je n'ai pas fait mes preuves. Choix de correspondances établi et présenté par Claude Le Manchec. [Paris], Éditions de l’éclat, « éclats », 2012, 128 pages.

La première caractéristique qui retient l’attention lorsqu’on parcourt la correspondance de Kafka et qu’on la considère dans son ensemble, c’est qu’il s’agit de textes dont l’unité ne fait aucun doute. Plus l’examen progresse, plus cette impression se fortifie : les lettres se configurent en séquences successives, variables dans le style et le ton selon leur destinataire, mais unies thématiquement. Ainsi rigoureusement enchaînées, les lettres se succèdent, se multiplient, se ramifient, mais toujours en formant, à la lecture, un ensemble de motifs dont la saisie définit peu à peu, en creux, le portrait d’un homme, certes incomplet et lacunaire, mais toujours plus précis au fil du temps, des rencontres et des événements. (Présentation de l’éditeur) 

 

SUR FRANZ KAFKA

 

(classement par auteur)

 

— Robert Alter, Les Anges nécessaires. Kafka, Benjamin et Scholem, entre tradition et modernité (Necessary angels. Tradition and modernity in Kafka, Benjamin, and Scholem, Cambridge, Mass., Harvard University Press ; Cincinnati, In association with Hebrew Union College Press, 1991), traduit de l’anglais par Isabelle Rozenbaumas. [Paris], Éditions des Belles lettres, 2001, 232 pages, épuisé. 

 

— Jürg Johannes Amann, Franz Kafka. Une étude de l’artiste (Das Symbol Kafka. Eine Studie über d. Künstler, Berne, Munich, Francke, 1974), traduit de l’allemand par Guy Ballangé. [Paris], Éditions Flammarion, 1984, 172 pages, épuisé.

 

[FICHE LIVRE] — Günther Anders, Kafka. Pour et contre (Kafka. Pro und contra. Die Prozess-Unterlagen, Munich, Beck, 1951), traduit de l’allemand par Henri Plar. [Belval, Vosges], Éditions Circé, 1990, 160 pages. 

 

[FICHE LIVRE] — Florence Bancaud, Le Journal de Franz Kafka ou L’écriture en procès. [Paris], Éditions du CNRS, « CNRS littérature », 2002, 480 pages.

 

Le Journal de Kafka, tenu durant les quatorze dernières années de sa vie, de 1909 à 1923, est une œuvre d’une importance majeure. Mémorial d’une existence singulière, il évoque les expériences fondatrices de l’auteur : sa fascination pour des écrivains tels Goethe, Kleist, Dickens, Strindberg, Dostoïevski ou Werfel, sa découverte du théâtre yiddish et ses retrouvailles avec un judaïsme refoulé, sa rencontre épistolaire avec Felice puis Milena, ses errances dans une Prague adorée autant qu’haïe, ses affres d’écrivain et ses interrogations métaphysiques, son mal-être corporel, sa maladie. Mais le Journal est aussi un manifeste poétique et un atelier d’écriture. Kafka, jour après jour, y élabore les thèmes et les figures majeures de son œuvre et, dans les multiples ébauches de récits et de romans, travaille son écriture, parvenant à ce style dont la pureté et la densité suscitent une expressivité maximale et une interprétabilité infinie. Dix ans après sa publication intégrale chez Fischer, il était temps de rendre hommage à ce laboratoire d’écriture si précieux pour la compréhension de l’homme et de l’œuvre. La critique génétique, attentive aux brouillons, ébauches et fragments qui témoignent de la genèse du texte de Kafka, permet en effet de voir dans le Journal un véritable work in progress où s’élabore une œuvre certes fragmentaire et inachevée, mais d’une qualité littéraire, d’une richesse thématique et d’une profondeur philosophique exceptionnelles. (Présentation de l’éditeur) 

 

[FICHE LIVRE] — Florence Bancaud, Franz Kafka. [Paris], Éditions Belin, « Voix allemandes », 2006, 206 pages, illus.

 

Franz Kafka (1883-1924) n’a vécu que quarante et un ans, mais il a écrit 3400 pages de littérature, dont il ne jugeait publiables que 350 pages. Son exécuteur testamentaire, Max Brod, à qui il avait donné ordre de tout brûler, désobéit heureusement et publia tout l’œuvre à partir de 1925. Si l’écrivain pragois est devenu un auteur mythique, il ne faut pas pour autant le réduire à l’adjectif « kafkaïen ». Le propos de cet ouvrage est précisément d’opposer aux innombrables interprétations (théologique, historique, philosophique, psychanalytique...) que l’œuvre a connues l’image d’un homme et d’une œuvre continuellement en mouvement et d’une fascinante ambiguïté. (Présentation de l’éditeur) 

 

— Christian Bank Pedersen, Le Suicide de Don Quichotte. Récits de Franz Kafka. [Berne], Éditions P. Lang, « Convergences », 2009, 192 pages.

 

Cet ouvrage propose une lecture minutieuse de trois récits kafkaïens, « Le Verdict », « La Métamorphose » et « Un artiste de la faim ». Il s’interroge notamment sur la manière dont Franz Kafka se met en œuvre dans ses textes et sur la question de la, littéralité de son approche. Ce faisant, l’étude jette également un regard nouveau sur la fameuse Lettre au père : comment Kafka a-t-il répondu à l’éducation artistique que son père lui donna ? A partir de cette question, l’ouvrage cherche à analyser l’existence littéraire même de Franz Kafka : celui-ci semble toujours être sa propre matière littérale, et en dernière instance le sujet autophage de l’auteur se présente comme l’étrange metteur en scène d’un « art de la faim moderne ». Cet art est caractérisé d’un côté par la singularité de ne jamais pouvoir devenir véritablement identique à son propre être et, de l’autre, par la nécessité de se rendre à la fois plus léger et plus pesant au fil des jours. Alors, comment, finalement, lire cette littérature incomparable qui, selon son auteur, ne fait pas le poids ? (Présentation de l’éditeur) 

 

[FICHE LIVRE] — Louis Begley, Franz Kafka. Le monde prodigieux que j’ai dans la tête (The tremendous world I have inside my head. Franz Kafka, a biographical essay, New York, Atlas & Co., 2008), traduit de l’anglais par Patrick Hersant. [Paris], Éditions Odile Jacob, 2009, 232 pages.

 

Praguois à la vie sans relief, emblématique de la classe moyenne judéo-allemande, Franz Kafka a, à travers son œuvre, su exprimer à la perfection une époque et, bien au-delà, tout un pan de l’expérience humaine à l’âge contemporain, dans ce qu’elle a de plus angoissante et de plus effrayante. C’est cette « énigme Kafka » qu’entend percer ici Louis Begley, en interrogeant à la fois sa vie, ses œuvres marquantes, sa correspondance et son journal, si riches. (Présentation de l’éditeur) 

 

[FICHE LIVRE] — Maurice Blanchot, De Kafka à Kafka. [Paris], Éditions Gallimard, « Idées », 1981 ; « Folio. Folio essais », n°245, 1994, 248 pages.

Description d’un combat est le titre du premier livre de Kafka. Combat qui n’admet ni victoire ni défaite, et cependant ne peut s’apaiser ni prendre fin. Comme si Kafka portait en lui ce bref dialogue : C’est en ce sens que parler de Kafka, c’est s’adresser à chacun de nous. C’est un tel combat que voudrait tenter de décrire ce livre, combat obscur, protégé par l’obscurité, dont on peut dire avec trop de simplicité qu’il se montre sous quatre aspects, représentés par les rapports avec le père, avec la littérature, avec le monde féminin, et ces trois formes de lutte se retraduisent plus profondément pour donner figure au combat spirituel. (Présentation de l’éditeur) 

 

? Max Brod, Franz Kafka. Souvenirs et documents (Franz Kafka. Eine Biographie. Erinnerungen und Dokumente, Prague, Heinr. Mercy Sohn, 1937), traduit de l’allemand par Hélène Zylberberg. [Paris], Éditions Gallimard, « Leurs figures »,1945 ; 1980, 274 pages, illus, épuisé.

 

* Rééditions :

 

? Franz Kafka. Souvenirs et documents. [Paris], Éditions Gallimard, « Idées », n°12,1962, 1966, 384 pages, épuisé.

[FICHE LIVRE] ? Franz Kafka. Souvenirs et documents. [Paris], Éditions Gallimard, « Folio. Essais », n°159, 1991, 320 pages.

Aucun écrivain n’a eu une influence aussi décisive sur l’évolution du roman moderne que Franz Kafka. Il avait peu publié de son vivant et, lorsqu’il mourut en 1924, il demanda à son ami et exécuteur testamentaire, Max Brod, de détruire tous ses manuscrits inachevés. Max Brod, après de longues hésitations, décida de passer outre, et nous devons à cette décision Le Procès, Le Château et tant d’autres chefs-d’œuvre. Cette biographie, l’œuvre d’un ami, reste le seul témoignage complet sur la vie de Kafka. (Présentation de léditeur)

[FICHE LIVRE] — Roberto Calasso, K (K, Milan, Adelphi, 2002), traduit de l’italien par Jean-Paul Manganaro. [Paris], Éditions Gallimard, « Du monde entier » 2005, 380 pages.

 

* Réédition :

[FICHE LIVRE]K. [Paris], Éditions Gallimard, « Folio », 2012 (à paraître le 7 décembre 2012).

 

De quoi parlent les histoires de Kafka ? Après avoir reçu d’innombrables réponses, la question continue de susciter un sentiment de vive incertitude. S’agit-il de rêves ? d’allégories ? de symboles ? S’agit-il d’événements qui arrivent tous les jours ? Les nombreuses solutions qui ont été proposées ne parviennent pas à éliminer le soupçon que le mystère reste encore intact. Ce livre ne se propose pas de dissiper ce mystère mais de permettre qu’il soit «éclairé par sa propre lumière», comme l’écrivit un jour Karl Kraus. C’est pourquoi Roberto Calasso essaie de se mêler au cours, au mouvement tortueux, à la physiologie de ces histoires, en rencontrant au fur et à mesure les questions les plus élémentaires. Comme, par exemple : qui est K. ? (Présentation de l’éditeur) 

 

[FICHE LIVRE] ? LAutre Procès. Lettres de Kafka à Félice (Der andere Prozess, Munich, Hanser, 1969), traduit de l’allemand par Lily Jumel. [Paris], Éditions Gallimard, « Du monde entier », 1972, 160 pages, manque provisoirement.

La lecture des Lettres à Felice de Kafka, que rien ne destinait à la publication, a bouleversé Elias Canetti. Son commentaire constitue en même temps que la biographie la plus intime de Kafka l’une des plus extraordinaires méditations sur l’amour ou le non-amour et sur la fuite devant l’amour. Peu d’ouvrages en tous cas ont apporté autant de réflexion profonde à l’examen d’un problème où des hommes aussi riches et parfois mieux armés que Kafka se perdirent. (Présentation de léditeur)

[FICHE LIVRE] — Pascale Casanova, Kafka en colère. [Paris], Éditions du Seuil, « Fiction & Cie », 2011, 468 pages.

 

Et si Kafka pratiquait la critique sociale la plus radicale ? S’il s’était attaché à la question du pouvoir, notamment sous sa forme la plus invisible : le pouvoir symbolique ? S’il avait cherché à nous aveugler par des narrations qui soient des sortes de pièges ? L’hypothèse ici développée est qu’il prit d’abord conscience du sort tragique des Juifs de langue allemande dans la Prague du début du XXe siècle ; puis, élargissant et comparant différentes situations d’humiliation socialement autorisées, il fut amené à réfléchir aussi sur la domination masculine et sur l’emprise des colons blancs dans les colonies européennes. Mais, pour cela, il semble qu’il travailla ses récits comme de véritables leurres. Telle est l’interprétation des fictions de Kafka qui est proposée ici : l’invention révolutionnaire d’un « narrateur-menteur » qui renverse tout le processus de la lecture identificatoire. Curieusement, ce n’est pas dans la littérature qu’on peut trouver des réponses à ces questions, mais bien plutôt dans l’ethnologie allemande, que, en tant que Pragois germanophone, il connaissait bien. La recherche minutieuse de Pascale Casanova nous fait découvrir un Kafka inédit et combatif, ethnologue et enquêteur, dénonçant sans relâche toutes les formes de la domination avec cette sorte de rage inlassable et invisible qui le caractérise. Elle éclaire les raisons profondes de la colère de Kafka. (Présentation de l’éditeur) 

 

[FICHE LIVRE] — Josef Cermak, Franz Kafka. Fables et mystifications, traduit du tchèque, présenté et annoté par Hélène Belletto-Sussel. [Villeneuve-d’Ascq, Nord], Presses universitaires du Septentrion, 2010, 160 pages.

 

Après une introduction dans laquelle il analyse le phénomène du faux en littérature, évoquant quelques glorieuses mystifications, Josef Cermák aborde le cas de deux mystificateurs d’inégale renommée, Michal Mares et Gustav Janouch. Kafka était-il l’anarchiste que Mares présente dans ses souvenirs ? Josef Cermák s’attache à débusquer les inexactitudes, les invraisemblances, les impossibilités dans les souvenirs de Michal Mares. L’image qui se dessine est celle d’une manipulation, volonté consciente ou inconsciente, à la fois naïve et sincère, d’associer le grand écrivain au mouvement dont il s’est fait le héraut. La partie consacrée à Janouch, plus complexe, se lit comme un roman policier : suspense, découvertes, démonstrations, révélations. L’auteur analyse les contradictions, les mensonges et les fables rocambolesques dans lesquels s’enferre Janouch : embrouilles éditoriales fictives, manuscrit perdu et retrouvé... Il montre comment Janouch concentre habilement sa stratégie sur Max Brod, dont l’approbation est pour lui capitale. Il relève et regroupe en « aphorismes » des déclarations sans nuance attribuées à Kafka, sorte de gourou proférant des vérités à la demande. Au fil des pages, deux personnalités se dégagent, seulement unies par leur entreprise de mystification. On perçoit aussi, en arrière-plan, la problématique de la réception de l’œuvre de Kafka, avec ses enjeux idéologiques, et la douloureuse histoire de la Tchécoslovaquie. (Présentation de l’éditeur) 

 

— Robert Crumb (illustrations) David Zane Mairowitz (texte) Kafka (Introducing Kafka, Northampton, MA, Kitchen Sink Press, 1994), adaptation française (de l’anglais) par Jean-Pierre Mercier, revue par Karine Hervé, avec la collaboration de Grégoire Rouchit. [Arles], Éditions Actes Sud, 2000 ; « Actes Sud BD, 2007, 176 pages.

 

[FICHE LIVRE] — Pietro Citati, Kafka (Kafka, Milan, Rizzoli, 1987), traduit de l’italien par Brigitte Pérol. [Paris], Éditions Gallimard / L’arpenteur, « Domaine italien », 1989, 328 pages.

 

* Réédition :

[FICHE LIVRE] — Pietro Citati, Kafka. [Paris], Éditions Gallimard, « Folio », n°2303, 1991,

Kafka est l’un des mythes majeurs et les plus énigmatiques de notre siècle. Kafka avait le sentiment d’être un homme sans patrie ni famille, une lacune, une pure négativité, un jongleur marchant dans le vide. Aussi seul qu’un animal ou qu’un objet abandonné dans une soupente, il avait conscience d’être l’Etranger. Il vivait et écrivait dans sa geôle intérieure, tandis que la nuit glissait sur ses épaules, obéissant à la voix de l’inspiration, à la voix des démons, à la voix des ténèbres, à la voix de l’animal qui restait tapi près de son cœur. Lui qui désirait tant le bonheur, il ne pouvait pourtant le supporter, convaincu de devoir écouter l’angoisse et de suivre la voie qu’elle lui désignait. Davantage qu’un roman, qu’une biographie ou qu’un essai, le livre de Pietro Citati est le rêve que chacun de nous rêve et continuera de rêver autour de Franz Kafka. (Présentation de l’éditeur)


— Laurent Cohen, Variations autour de K. Pour une lecture juive de Franz Kafka. [Paris], Éditions Intertextes, « Horizons », 1991, 152 pages, épuisé.

 

[FICHE LIVRE] — Claude David, Franz Kafka. [Paris], Éditions Fayard, 1988.

 

[FICHE LIVRE] — Gilles Deleuze, et Félix Guattari, Kafka, pour une littérature mineure. [Paris], Éditions de Minuit, « Critique », 1975, 160 pages.

Force de Kafka. Politique de Kafka. Déjà les lettres d’amour sont une politique où Kafka se vit lui-même comme un vampire. Les nouvelles ou les récits tracent des devenirs-animaux qui sont autant de lignes de fuite actives. Les romans, illimités plutôt qu’inachevés, opèrent un démontage des grandes machines sociales présentes et à venir. Au moment même où il les brandit, et s’en sert comme d’un paravent, Kafka ne croit guère à la loi, à la culpabilité, à l’angoisse, à l’intériorité. Ni aux symboles, aux métaphores ou aux allégories. Il ne croit qu’à des architectures et à des agencements dessinés par toutes les formes de désir. Ses lignes de fuite ne sont jamais un refuge, une sortie hors du monde. C’est au contraire un moyen de détecter ce qui se prépare, et de devancer les « puissances diaboliques » du proche avenir. Kafka aime à se définir linguistiquement, politiquement, collectivement, dans les termes d’une littérature dite « mineure ». Mais la littérature mineure est l’élément de toute révolution dans les grandes littératures. (Présentation de l’éditeur)

 

[FICHE LIVRE] — Daniel Desmarquest, Kafka et les jeunes filles. [Paris], Éditions Pygmalion, 2002, 296 pages.

Avec les jeunes filles, Kafka ne joue pas seulement au chat et à la souris, il leur demande l’impossible. Pour s’emparer du pouvoir qu’il leur prête et conjurer la peur de les approcher, il utilise avec presque toutes une stratégie diabolique – stratégie qui est au cœur de sa littérature. De son adolescence pragoise jusqu’à sa mort dans un sanatorium des environs de Vienne, on retrouvera ici les figures féminines d’un théâtre tourmenté : Felice, l’improbable fiancée, Julie, la sacrifiée, Milena, la magnifique, Dora, la dernière compagne, et toutes celles qui, comme l’inconnue du lac de Garde ou Ottla, la sœur et l’ange gardien, ont un jour illuminé sa vie. Ce livre nous ouvre à la part la plus énigmatique d’un écrivain qui puise sa « force » d’écrire dans de singulières amours. (Présentation de l’éditeur)

[FICHE LIVRE] — Kathi Diamant, Le Dernier amour de Kafka. La vie de Dora Diamant (Kafka’s last love. The mystery of Dora Diamant, Londres, Secker & Warburg, 2003 ; New York, Basic Books, 2003), traduit de l’anglais par Jacqueline Sudaka-Bénazéraf. [Paris], Éditions Hermann, 2006, 340 pages.

Dora Diamant (ou Dymant) a été la seule compagne de Franz Kafka. Ils se sont rencontrés en 1923, un an avant sa mort, sur une plage de la Baltique. Elle a vingt-cinq ans. Il en a quarante. Par les yeux de Dora, se découvre un Kafka intime, doté d’une extrême humanité, loin du génie sinistre, solitaire et détaché dont on dresse le plus souvent le portrait. Mais cet ouvrage n’est pas seulement une biographie qui apporte une vision différente d’un grand écrivain. La vie de Dora est à elle seule un récit remarquable, elle est le reflet d’une des périodes les plus importantes et les plus effroyables du XXe siècle. (Présentation de l’éditeur) 

 

— Emanuel Frynta, Kafka et Prague (Praha - domovské m?sto Franze Kafky, Prague, Artia, 1960), texte français de P. A. Gruénais ; photographies de Jan Lukas. [Paris], Éditions Hachette, 1964, 144 pages, épuisé. 

 

[FICHE LIVRE] — Jean-Pierre Gaxie, Kafka, prince de l’identité. Ses photos, son nom, ses figurines. [Nantes], Éditions Joseph K, 2005, 160 pages.

« Qu’ai-je de commun avec les Juifs ? C’est à peine si j’ai quelque chose de commun avec moi-même et je devrais me tenir bien tranquille dans un coin, content de pouvoir respirer » (Journal, 8 janvier 1914). D’être ce qu’il n’est pas et de n’être pas ce qu’il est, Kafka était bien placé pour faire pièce au principe d’identité : « ce qui est, est ; ce qui n’est pas, n’est pas ». Pour autant, à tant se démener pour échapper aux conventions de la représentation de soi, on peut dire qu’il en connaît un bout sur l’identité, au point alors, abrogeant (et abrégeant) son « principe », d’en devenir le prince. Le prince de l’identité… À travers trois investigations, plus une – un ensemble de photos de Kafka, l’étude de la lettre de son nom, celle de ses Six figurines noires – ce livre, convoquant l’œuvre entière, s’interroge sur la quête d’identité de l’écrivain pragois qui n’est pas, comme en témoigne le texte final, sans élancer celle de l’auteur. (Présentation de l’éditeur)  

 

— Yves Gilli, A propos du texte littéraire et de Franz Kafka (théories et pratique). Ou encore faut-il brûler le structuralisme ? [Paris], Éditions des Belles lettres, 1985, épuisé.

 

[FICHE LIVRE] — Georges-Arthur Goldschmidt, Celui qu’on cherche habite juste à côté. Lecture de Kafka. [La Grasse], Éditions Verdier, 2007, 128 pages.

Ce qu’écrit Kafka est à ce point clair, d’une clarté si stupéfiante qu’on en reste littéralement bouche bée, cloué, désemparé, voué au mieux à la répétition du texte. Les récits de Kafka racontent des histoires à première vue invraisemblables – comment un pont pourrait-il s’accrocher des mains à un côté de la paroi et des pieds à l’autre, et se retourner pour voir qui arrive, comment un homme peut-il se muer en scarabée. Rien de plus certain pourtant que ces invraisemblances, rien de plus saisissant que ces récits. Kafka touche en effet, à chaque fois, le centre exact de la cible, tout ce qu’il écrit atteint le lecteur très précisément là où il ne peut plus rien dire. On est concerné par Kafka parce qu’il arrive où chacun commence, au point muet où se fait la parole du lecteur. Ce que raconte Kafka porte sur cet informulable à l’origine du langage derrière quoi on ne peut pas se retourner. Ce qu’il écrit est si singulier que c’est d’emblée reconnaissable, sans référence à autre chose, et du coup parfaitement universel. (Présentation de l’éditeur)

 

[FICHE LIVRE] — Félix Guattari, Soixante-cinq rêves de Franz Kafka, et autres textes, préface de Stéphane Nadaud. [Paris], Éditions Lignes, 2007, 64 pages.

« Si Kafka vivait comme en rêve, il rêvait aussi comme il écrivait, de sorte qu’une boucle littéraire ne cessait de nouer ses réalités quotidiennes et son imaginaire onirique. » (Félix Guattari)

À en juger par le nombre à tous égards exceptionnel d’interprétations qui en ont été tirées, l’œuvre de Kafka est et reste la plus énigmatique de ce XXe siècle qu’elle a littérairement et philosophiquement bouleversé. Ce n’est pourtant pas faute que Kafka ait lui-même livré des clés : dans ses livres, certes, mais plus encore dans son journal, et dans sa correspondance. Mais qu’advient-il si ces clés sont elles-même énigmatiques ? Qu’advient-il si elles sont moins faites pour conférer un sens qui manquerait qu’approfondir la défaillance de tout sens ? On sait de quelle importance est l’œuvre de Kafka pour Félix Guattari. Il a, avec Gilles Deleuze, écrit et signé en 1975 un livre – Kafka – qui a fait date dans son étude ; mettant en place des concepts aussi déterminants que le « bégaiement », la « littérature mineure », etc. Félix Guattari a toutefois éprouvé le désir de revenir sur cette œuvre une quinzaine d’années plus tard. Partant cette fois, et c’est ce qui fait la singularité du livre que nous publions aujourd’hui, davantage du Journal et de la Correspondance (entre autres, avec Felice Bauer, qu’il tient pour son chef d’œuvre) que des récits ; et choisissant cette œuvre dans l’œuvre, ce récit dans le récit, cette énigme dans l’énigme, comme cachés dedans, qu’y sont les rêves. Pour Guattari, les textes du Journal et de la Correspondance ont une portée littéraire égale à celle de ceux qui composent l’œuvre proprement dite de Kafka. Description ? Interprétation ? Oui, mais pas seulement. Il n’y a pas lieu de parler ici d’une tentative de psychanalyse ; bien plutôt de montrer comment les rêves de Kafka échappent tant aux sciences psychanalytiques freudiennes encore naissantes à son époque qu’à leur développement ultérieur, au profit de la libre prolifération de l’imaginaire, telle que l’œuvre le recueille et l’accomplit. (Présentation de l’éditeur) 

 

? Gustav Janouch, Kafka ma dit. Notes et souvenirs (Gespräche mit Kafka, Frankfurt a. M, S. Fischer, 1951), traduit de l’allemand par Clara Malraux ; préface de Max Brod. [Paris], Éditions Calmann-Lévy, 1952, XX-188 pages, épuisé.

* Nouvelle traduction sous le titre :

? Conversations avec Kafka, traduit de l’allemand, présenté et annoté par Bernard Lortholary. [Paris], Éditions Maurice Nadeau / Robert Laffont, « Les Lettres nouvelles », 1977, 278 pages, épuisé.

* Réédition :

[FICHE LIVRE] ? Conversations avec Kafka. [Paris], Éditions Maurice Nadeau, 1988, 278 pages.

En 1920, un lycéen de dix-sept ans soumet ses poèmes au Dr Franz Kafka, écrivain, employé dans une compagnie d’assurances à Prague. Ils se voient presque quotidiennement pendant des mois. Kafka éclaire son jeune ami sur la littérature et son œuvre propre. Le jeune Janouch s’est attaché à cet homme étrange et bon qu’il admire. Il boit ses paroles. Il les note après chaque entrevue. C’est seulement trente ans plus tard, en 1951, alors que Kafka est devenu après sa mort, l’un des plus grands écrivains de ce temps, que Gustav Janouch publie cet extraordinaire témoignage que constitue Conversations avec Kafka. (Présentation de léditeur)

 

— Béatrice Jongy, L’Invention de soi. Rilke, Kafka, Pessoa ; préface Robert Bréchon. [Bruxelles], Éditions PIE-Peter Lang, « Comparatisme et société », n°13, 2011, 476 pages, illus.

Dans une Europe en crise, à la même période, au même âge, Rilke écrit Les Carnets de Malte Laurids Brigge, Kafka son Journal et Pessoa Le Livre de l'intranquillité. C'est un « je » personnage, plus ou moins fictif, qui tient son journal, qu'il s'appelle Malte, Soares ou simplement Franz. Pour qui habite mélancoliquement le monde, l'écriture de soi est bien plus qu'un instrument de connaissance, c'est une tentative de renaissance, d'autogenèse. Naître littérature, puisque la littérature est Tout... La fiction de soi mène ces grands découvreurs des espaces intérieurs à travers les limbes, où la mélancolie côtoie la mort et la folie. Leurs livres rendent les mouvements mêmes de l'âme et inventent un nouveau lyrisme. Inquiéteur du genre humain, l'Orphée moderne est animé d'une conscience à la fois tragique et ironique. Ivres de leurs métamorphoses, créateurs de mythes, Rilke, Kafka et Pessoa pressentent qu'ils seront des précurseurs. Car si le diable est l'inventeur de l'absurde, il est aussi, tel le poète, le porteur de lumière... Cette étude, pour la première fois, fait se croiser les feux de ces trois « phares inutiles dans l'Océan désert », selon le mot de Robert Bréchon, poète et éminent spécialiste de Pessoa dont il a édité les œuvres. Lue à la lumière des deux autres, chacune des œuvres jette des reflets inattendus, où miroitent les fondements même de l'écriture contemporaine de soi. (Présentation de léditeur)

 

[FICHE LIVRE] — Bernard Lahire, Franz Kafka. Éléments pour une théorie de la création littéraire. [Paris], Éditions de La Découverte, « Textes à l'appui. Laboratoire des sciences sociales », 2010, 632 pages.

Est-il possible de percer les mystères de la création littéraire ? La sociologie peut-elle entrer dans la chair même des œuvres ? Est-elle en mesure de se confronter à des œuvres particulièrement difficiles, voire étranges ? Bernard Lahire s'est confronté à l'un des plus grands représentants de la littérature d'avant-garde, Franz Kafka, qui a laissé une œuvre jugée le plus souvent énigmatique et formellement inventive. Il y avait donc un véritable défi scientifique à montrer ce dont la sociologie est capable sur un terrain qui ne lui est, a priori, pas favorable. Pourquoi Franz Kafka écrit-il ce qu'il écrit comme il l'écrit ? Pour répondre à la question, Bernard Lahire examine, grâce aux outils de la biographie sociologique, la fabrication sociale de l'auteur du Procès, depuis les primes expériences familiales jusqu'aux épreuves les plus tardives. Ce faisant, non seulement il saisit les raisons qui le conduisent à être attiré par la littérature, mais il se donne les moyens de comprendre les propriétés formelles et thématiques d'une œuvre travaillée par les éléments constitutifs de sa problématique existentielle. Dans ce livre magistral qui, au-delà du cas de Kafka, pose les fondements d'une théorie de la création littéraire, les œuvres apparaissent comme autre chose que des solutions esthétiques à des problèmes formels ou que des manières de jouer des coups dans un « champ littéraire ». Elles sont aussi des points de vue sur le monde, des manières formellement spécifiques de parler du monde mises en œuvre par des créateurs aux expériences sociales singulières. (Présentation de léditeur)

 

— Jacques Laurans, L’Ombre pensive de Franz Kafka. [Nîmes], Éditions Théétète, « Esthétique », 2001, 128 pages.

Cet ouvrage comporte plusieurs extraits d’ouvrages consacrés à Franz Kafka sur fond de plusieurs lectures parallèles ayant marqué son œuvre. Plusieurs de ses écrits sont choisis et commentés, ainsi que les principaux thèmes récurrents tels que l’influence de la ville de Prague et son imaginaire. Nulle source de lumière, aussi précise, aussi vive soit-elle, ne saurait dévier d'un pas l'ombre propre qui émane des lieux de Franz Kafka. Inséparable d'un tout, fondue aux apparences, celle-ci fait corps à son objet, assombrit les reliefs, les maisons et les chemins ; recouvre chaque chose en surface, mais ne s'épaissit jamais dans une matière. Sans doute est-ce déjà l'ombre de l'entremonde : une ombre horizontale, unie et insinuante, extérieure au mouvement des heures du jour et de la nuit. Une ombre plate, invariable, indifférente aux éléments comme au contour d'un paysage toujours invisible. (Présentation de léditeur)

 

[FICHE LIVRE] ? Gérard-Georges Lemaire, Kafka et Kubin. [Paris], Éditions de La Différence, « Les Essais », 2002, 128 pages, illus.

Aucun artiste n’a une place aussi importante qu’Alfred Kubin dans le Journal de Franz Kafka. Quand les deux jeune hommes se rencontrent à Prague en 1912, Kubin a déjà une certaine notoriété comme dessinateur et a publié un roman qui a marqué ses contemporains, L’Autre côté. De nombreuses références à ce livre ressurgissent dans Le Château et dans d’autres œuvres de Kafka. Au-delà de cette relation étroite et énigmatique qui dure à peine une année, l’auteur explore les relations complexes de l’écrivain avec les arts plastiques, celui-ci ayant été tenté en 1907 par la peinture avant de se consacrer uniquement à l’écriture. (Présentation de l’éditeur)

 

[FICHE LIVRE] — Gérard-Georges Lemaire (texte), Hélène Moulonguet (photographies), Franz Kafka à Prague. [Paris], Éditions du Chêne, « Les promenades », 2002, 168 pages, épuisé.

« Kafka était Prague et Prague était Kafka. Rien n'avait jamais été si complètement et si typiquement Prague, et jamais plus rien ne put l'être comme cela se passait au temps de Kafka. » (Johannes Urzidil) Franz Kafka naquit, vécut et écrivit à Prague. S'il rêva toute sa vie de s'en échapper, il appartenait à la ville corps et âme et lui vouait une haine tenace doublée d'une étrange passion. La plupart de ses textes ne fournissent pas de description précise de Prague. Il n'en reste pas moins que la ville hante toute son œuvre. Gérard-Georges Lemaire nous emmène sur les traces de Kafka, de son enfance aux confins de l'ancien ghetto juif au quartier de Hradcany dominé par l'ombre imposante du Château de Prague – qui lui inspira le roman du même nom; de la bibliothèque du Clementinum qu'il fréquenta bien après encore sa vie d'étudiant aux cafés de la ville où toute l'élite intellectuelle pragoise se retrouvait et s'affrontait; des bords de la Vltava où Kafka aimait canoter aux cafés-concerts et maisons closes qu'il ne dédaigna pas. Cette promenade est aussi l'occasion de rappeler l'effervescence qui avait saisi la capitale de la Bohême à cette époque très riche dans tous les domaines artistiques, et notamment dans l'architecture avec l'irruption de l'Art nouveau et du cubisme tchèque.

 

[FICHE LIVRE] — Gérard-Georges Lemaire, Kafka. [Paris], Éditions Gallimard, « Folio biographies », n°5, 2005, 320 pages, illus.

« Tout se passe comme si mon combat spirituel avait lieu quelque part dans une clairière. Je pénètre dans la forêt, je ne trouve rien et la faiblesse me force aussitôt à ressortir ; souvent, quand je quitte la forêt, j'entends ou crois entendre le cliquetis des armes dont on se sert dans ce combat. » À la fois fasciné et repoussé par Prague, en quête d'une Terre promise et exilé à Berlin, fiancé timoré et séducteur impénitent, sportif accompli, hypocondriaque et végétarien, Juif mécréant et passionné par la culture yiddish et l'essor du sionisme, fidèle à de solides amitiés et solitaire, amoureux éperdu de la vie et hanté par la mort, Franz Kafka (1883-1924) fut un mystère pour lui-même et pour les autres. (Présentation de léditeur)

 

— Claude Le Manchec, Kafka, contre l’oubli, le récit. De l’interprétation à l’analyse littéraire. [Fernelmont, Belgique], Éditions modulaires européennes, « Proximités. Littératures », 2012, 292 pages.

Dans le monde des études kafkéennes, plusieurs voix s'élèvent pour aborder le texte avec la patience de l'analyste et non avec l'entrain de l'exégète. De quels outils peut disposer l'analyste frappé par l'extrême variété de tons, de styles, de registres et de formes que présente cette œuvre ? Peut-il utiliser les données biographiques sans rabattre l'œuvre sur « l'homme » comme on l'a souvent fait ? Comment montrer, avec et contre Max Brod, qu'il est recevable de voir en Kafka à la fois un écrivain et un penseur ? Kafka est comme Robert Musil ou Elias Canetti, à la fois un écrivain et un intellectuel. De sa situation en périphérie des lettres allemandes, de la montée des périls en Europe centrale, il nourrit une préoccupation majeure : l'oubli, mais aussi une arme contre lui : la mise en récit, l'écriture de son « monde prodigieux ». C'est à l'explicitation de cette lutte que notre analyse voudrait concourir. (Présentation de léditeur)


Haut de page >

Dictionnaire des auteurs

Dictionnaire

Haut de page >

L'actualité de la librairie RSS FEED TWITTER FEED FACEBOOK FEED

Le billet de la librairie

  • Quelle "époque épique" !

    “Le temps est la matière vive de l’Histoire. Ainsi sont nés les époques, les périodes ou les âges de notre histoire.“ Mais que nous raconte une époque historique ? Et pourquoi et comment a-t-on décidé que telle période devait commencer ici et se terminer là ? Au delà d’un découpage mûrement réfléchi ou parfaitement aléatoire, une question demeure cependant : comment nommer ces césures ou ces continuités, ces quelques jours ou ces quelques siècles, et que dire des “noms de l’Histoire” ?

    6 février 2020

    >> Lire la suite

Facebook