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UNGAR, Hermann

 

[RÉPUBLIQUE TCHÈQUE] (Boskovice, Moravie, 1893 – Prague, 1929). Hermann Ungar. Écrivain de langue allemande. Né dans une famille de petits industriels juifs cultivés, il suit à Brno une formation de juriste. Au sortir de la Première Guerre mondiale et parallèlement à une carrière diplomatique décevante menée pour l’essentiel à Berlin, il élabore en allemand, comme ses compatriotes Kafka, Perutz, Rilke et Weiss, une œuvre romanesque et dramatique qui lui vaut une notoriété presque immédiate et l’admiration de nombreux écrivains tels que Thomas Mann, Stefan Zweig, Alfred Döblin, Ernest Weiss ou Bertolt Brecht. En pleine maturité créative, il meurt à l’âge de trente-six ans, d’une crise d’appendicite mal soignée.

 

En publiant après un demi-siècle d’inexplicable oubli, la totalité de ses livres : Enfants et meurtriers, La Classe, Les Mutilés, Le Voyage de Colbert, L’Assassinat du capitaine Hanika, La Tonnelle, les éditions Ombres ont permis, à l’œuvre intense et perturbante de ce singulier écrivain de retrouver la juste place qu’elle mérite.

 

« Deux romans, douze nouvelles, trois pièces de théâtre, un essai : l’œuvre complète d’Hermann Ungar (1893-1929) encombre moins de dix centimètres de rayonnage d’une bibliothèque. Et pourtant, elle a du poids... Le pouvoir d’évocation de l’écrivain, son aisance à extérioriser des abîmes de non-dit, à les cristalliser dans des scènes crues et viscérales, confèrent à sa prose une violence rare, bien incongrue à notre époque de consensus cotonneux. Naturellement, le phénomène Ungar n’est pas isolé. C’est un phénomène. Disons qu’il incarne une tendance extrême au sein d’un art déjà outré en soi : l’expressionnisme allemand de l’entre-deux guerres. Biographiquement comme thématiquement, tout le rapproche de Franz Kafka ou de Franz Werfel : juif de langue allemande, né et élevé en Bobême-Moravie (province de l’empire austro-hongrois, qui devint en 1918 la Tchécoslovaquie indépendante). Mais malgré un succès critique certain dans les années 20 – des écrivains comme Thomas Mann ont célébré son talent –, Ungar reste le plus méconnu des écrivains de sa génération. Il ne figure dans aucun dictionnaire, dans aucune histoire de la littérature. Mais depuis quelques années, Ungar devient un écrivain culte en France. Car on ne peut rester indifférent à l’énergie subversive de sa prose, bien plus réaliste et actuelle que la prose poétique de ses contemporains surréalistes français. L’aspect visuel de l’expressionnisme allemand nous est aujourd’hui plus familier que sa dimension verbale. Mais bien que jamais officialisé sous forme de mouvement, il domina l’avant-garde littéraire de la Mittel-Europa des années 20. Les écrivains expressionnistes sont comme des scientifiques subjectifs de la littérature. Ils ont chacun leurs spécialités : Kafka est par exemple un logicien de l’ego ; Ungar, lui, plus âpre et moins abstrait, est le biologiste qui donne corps aux pulsions et aux fantasmes tout en les stigmatisant. Il met à vif l’aspect répressif de la société avec un sadomasochisme aussi bien physique que psychologique. » (Vincent Ostria, Les Inrockuptibles, 1993).

 

« Hermann Ungar est un grand écrivain, mais solitaire : son œuvre ne devrait être ignorée d’aucune histoire de la littérature. » (Mathieu Lindon, Libération, 1987).

 

 « Les lecteurs ont pu découvrir avec éblouissement le style de Ungar, concis et tranchant, qui vous dépiaute l’âme et vous laisse sur le corps une sensation de morsure indélébile. » (Roland Jaccard, Le Monde, 1989).

 

 « Le refus des corps, du bonheur, de l’espoir éclate avec une espèce de rage dans ces histoires étonnantes, toutes vouées au triomphe du châtiment ou à la peur. Ungar ? Sauvé des ténèbres, à coup sûr. » (Claude-Michel Cluny, L’Express, 1989).

 

« Rarement le comportement physique et le délabrement mental de personnages au bord de la démence auront été décrits avec autant de force et d’économie à la fois. L’un de ses premiers lecteurs – Thomas Mann – a écrit que la scène finale d’« Histoire d’un meurtre » dans Enfants et meurtriers l’avait marqué pour la vie. Combien de romans par siècle propose une telle expérience ? Il ne faut pas la laisser passer. » (Patrick Thevenon, Le Nouvel Observateur, 1987).


LIVRES (traductions françaises)

? Enfants et meurtriers. « Histoire d’un meurtre » et « Un homme et une servante » (Knaben und Mörder. « Ein Mann und eine Magd » und « Geschichte eines Mordes », Leipzig, Tal, 1920), récits, traduit de l’allemand par Guy Fritsch-Estrangin. [Paris], Éditions Gallimard, « Collection blanche », 1927, 224 pages, épuisé.

* Réédition :

? Enfants et meurtriers. [Toulouse], Éditions Ombres, 1987,144 pages, épuisé.

* Nouvelle traduction :

[FICHE LIVRE] ? Enfants et meurtriers. [Toulouse], Éditions Ombres, traduit de l’allemand et présentée par François Rey. [Toulouse], Éditions Ombres, « Petite bibliothèque Ombres », n°14, 1993, 144 pages.

Salué dès sa parution en 1920 par Thomas Mann comme « l’aube d’un très grand talent » Enfants et meurtriers, premier livre d’Hermann Ungar, se compose de deux récits « Histoire d’un meurtre », description minutieuse de l’enfance d’un criminel, une enfance piétinée, sans amour où la solitude et la honte sont telles que l’assassinat seul l’apaise alors. « Un homme et une servante », le second récit, retrace la vie d’un orphelin humilié par sa condition, sa frustration sociale et sexuelle, sa relation obsessionnelle pour la servante de l’hospice et qui ne trouve d’issue que dans la cruauté et la mortification. (Présentation de léditeur)

« Tchèque de langue allemande et contemporain de Kafka, Hermann Ungar est un maître des destinées sordides. Depuis 1987 et à intervalles réguliers, les éditions Ombres nous donnent des nouvelles de Hermann Ungar (1893-1929), des nouvelles jamais très longues, souvent sous forme de récit, mais que l’on se jure à chaque envoi de ne plus vouloir recevoir. Cet univers malsain, glauque, peuplé d’avortons humiliés par l’existence, de frustrés sexuels, de meurtriers miséreux, de destinées persécutées et cruelles effraie le lecteur bien portant et le renvoie systématiquement à un troublant acte voyeuriste, voire masochiste. Mais la tentation est grande et par faiblesse, on y succombe à tous les coups. Dernier en date : la nouvelle publication d’Enfants et meutriers dans la collection Petite bibliothèque Ombres. /…/ Dépoussiéré de quelques lourdeurs et certainement moins étriqué dans son interprétation, ce nouveau travail de relecture mené par François Rey, à qui l’on doit déjà la traduction de La Classe, Le Voyage de Colbert et L’Assassinat du capitaine Hanika apporte davantage de fluidité et renforce l’éclat du style si particulier d’Ungar, basé sur la puissance du verbe et l’économie des mots. Philippe Savary (Le Matricule des anges, n°3, avril-mai 1993).

 

? Les Sous-hommes (Die Verstümmelten, Berlin, Rowohlt, 1923), roman, traduit de l’allemand par Guy Fritsch-Estrangin. [Paris], Éditions Gallimard, « Collection blanche », 1928, 224 pages, épuisé.

* Réédition sous le titre :

? Les Mutilés. [Toulouse], Éditions Ombres, 1987, 192 pages, épuisé.

* Réédition sous le titre :

[FICHE LIVRE] ? Les Hommes mutilés. [Paris], Éditions Gallimard, « L’imaginaire », n°515, 2005, 210 pages.

Franz Polzer est un employé de banque ponctuel et méticuleux. Il détestait son père et sa belle-mère ; la vie sexuelle est pour lui une hantise fascinante. Il loge chez Madame Porges, énorme et disgracieuse, qui l’entraîne dans son lit. Honteux devant ses collègues, il se cache. Franz a un ami d’enfance, Carl, juif et riche, atteint d’une sorte de gangrène, et dont la ravissante épouse, Dora, refuse la présence d’un infirmier pour soigner son époux. La veuve Porges, la logeuse, va alors semer le trouble en imposant un infirmier colossal et inquiétant. Elle va tramer de sombres intrigues mêlant le chantage, la jalousie, le mensonge et le goût effréné de l’argent, pour plonger Franz et les autres dans un drame où l’érotisme bizarre côtoie la violence et bientôt la mort. Un roman court, étrange et beau, qui dévoile un monde très proche de celui de Franz Kafka. (Présentation de léditeur)

* Nouvelle traduction :

[FICHE LIVRE] ? Les Mutilés, traduit de l’allemand et présenté par François Rey. [Toulouse], Éditions Ombres, « Petite bibliothèque Ombres », n°, 1997, 192 pages.

« Lorsque, en 1987, nous avons réédité simultanément Enfants et Meutriers et Les Mutilés, le nom de Hermann Ungar était donc inconnu du public français. On le connaissait à peine plus dans les pays de langue allemande, où il ne figurait que dans de rares histoires de la littérature ou dictionnaire d’auteurs. Nous avions découvert les deux nouvelles et le roman dans les traductions de Guy Fritsch-Estrangin, depuis longtemps épuisées et, dans la hâte où nous étions, tout nouveaux éditeurs, de faire partager notre enthousiasme au public français, nous avons décidé de les reprendre telles quelles. Au cours des années suivantes, nous avons confié à François Rey la tâche de traduire le reste de l’œuvre proprement littéraire, à savoir successivement La Classe, Le Voyage de Colbert, L’Assassinat du capitaine Hanika et La Tonnelle, puis de retraduire les deux premiers volumes. Un tel travail de retraduction s’avérait indispensable pour assurer l’unité de l’œuvre en langue française et restituer aux textes leur radicalité, tant stylistique que thématique, et la précision quasi obsessionnelle de leur écriture. Mais il s’agissait au moins autant, sinon plus, de donner à lire leur ancrage dans la littérature judéo pragoise du début du XXe siècle et cette dimension comique constamment présente qui apparente Ungar à son aîné Kafka et dont on ne saurait dissocier l’amertume, voire la noirceur fondamentales de ses récits sans à coup sûr les mutiler pour la seconde fois. » (Présentation de léditeur)

 

[FICHE LIVRE] ? LAssassinat du capitaine Hanika. Tragédie dun couple (Die Ermordung des Hauptmanns Hanika, Berlin, Verlag Die Schmiede, 1925), traduit de l’allemand et présenté par François Rey. [Toulouse], Éditions Ombres, 1990, 78 pages.

 

[FICHE LIVRE] ? La Classe (Die Klasse, Berlin, E. Rowohlt, 1927), roman, de l’allemand par Béatrice Durand-Sendrail et François Rey. [Toulouse], Éditions Ombres, 1989, 235 pages.

Que vient donc faire Josef Blau, un beau soir de printemps, devant la porte d’une maison close de la rue de la Caserne ? Pourquoi a-t-il rabattu son chapeau sur ses yeux ? Pourquoi sa main serre-t-elle un cigare dans sa poche ? A quelle injonction de son implacable destin obéit-il ? Chaque jour, ce modeste professeur, homme d’ordre et de devoir, défend son gagne-pain contre dix-huit jeunes garçons de la bourgeoisie locale, arrogants, méprisants, tricheurs, et vêtus de bien troublants costumes marin. Est-ce de cette classe où couve la révolte que viendra l’inéluctable fin, le châtiment que Josef B. a attiré sur lui, ou bien de son foyer, où contre lui se liguent l’insouciance de Selma, sa trop belle épouse, l’impudicité de sa tapageuse belle-mère, et l’exubérance « hénaurme » d’Oncle Bobeck ? Saura-t-il, dans sa quête d’un improbable salut, s’assurer le concours de Modlizki, l’ancien camarade de misère aujourd’hui domestique dans une grande maison, sombre et inquiétante figure de révolté satanique ?

La Classe, deuxième et dernier roman de Hermann Ungar, publié en 1927 deux ans avant sa mort, est l’histoire d’une descente aux enfers et d’une rédemption. Dans une tension constamment maîtrisée entre le grotesque et le pathétique, l’auteur des Mutilés nous peint avec tendresse la tragédie d’un « petit homme » qui, harcelé par le soupçon d’un Mal protéiforme et la conscience suraiguë d’une culpabilité originelle, se débat pitoyablement sous l’œil d’un dieu sévère et caché, pour accéder enfin au monde de ses semblables. (Présentation de léditeur)

 

[FICHE LIVRE] ? La Tonnelle (Die Gartenlaube, Berlin, E. Rowohlt, 1930), traduit de l’allemand et présenté par François Rey. [Toulouse], Éditions Ombres / La comédie de Béthune, « Ombres-Théâtre », 1993, 96 pages.

 

? Le Voyage de Colbert (Colberts Reise, Berlin, E. Rowohlt, 1930), nouvelles et récits, traduit de l’allemand et présenté par François Rey. [Toulouse], Éditions Ombres, 1989,114 pages, épuisé.

* Réédition :

[FICHE LIVRE] ? Le Voyage de Colbert. [Toulouse], Éditions Ombres, « Petite bibliothèque Ombres », n°120, 1998, 128 pages.

[Contient : « Le Voyage de Colbert », « La Raison d'être », « Mellon, l’‘‘acteur’’ », « La Guerre secrète », « Alexandre », «  Les Frères », « Tulpe », « Le Voyageur en vins », « L'Employé de Banque », « Bobeck se marie »].

(8 pages).



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  • Quelle "époque épique" !

    “Le temps est la matière vive de l’Histoire. Ainsi sont nés les époques, les périodes ou les âges de notre histoire.“ Mais que nous raconte une époque historique ? Et pourquoi et comment a-t-on décidé que telle période devait commencer ici et se terminer là ? Au delà d’un découpage mûrement réfléchi ou parfaitement aléatoire, une question demeure cependant : comment nommer ces césures ou ces continuités, ces quelques jours ou ces quelques siècles, et que dire des “noms de l’Histoire” ?

    6 février 2020

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