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A. ÉTUDES GÉNÉRALES

(classement par auteur)

 

? Geneviève Bianquis, La Poésie autrichienne de Hofmannsthal à Rilke. [Paris], PUF (Presses universitaires de France), 1926, VIII-338 pages, épuisé.

 

? Valérie de Daran, « Traduit de l’allemand (Autriche) ». Étude d’un transfert littéraire. [Berne], Éditions Peter Lang, « Travaux interdisciplinaires et plurilingues », vol. 14, 2010, XII-440 pages.

À la croisée d’une sociologie de la traduction et des études de réception, cet ouvrage brosse un panorama des auteurs autrichiens du XXsiècle qui sont à ce jour traduits en français. Quels sont les écrivains autrichiens qui ont réussi à percer en France ? Quels sont ceux qui, traduits en français, sont néanmoins restés méconnus ? Quels sont enfin ceux pour qui aucun éditeur français, ou traducteur, n’a voulu se risquer ? L’ouvrage tente une analyse des conditions de transfert et de réception de la littérature autrichienne contemporaine en France, et des stratégies que déploient éditeurs, traducteurs et critiques pour rendre acceptables les textes qui porteront la mention « traduit de l’allemand (Autriche) ». La réflexion est étayée par ailleurs de comptes-rendus d’expérience personnelle.(Présentation de léditeur)

 

? Manuel Durand-Barthez, Être autrichien. La problématique de la faute chez les écrivains autrichiens du début du siècle. [Berne], Éditions Peter Lang, « Publications universitaires européennes. Série 1, langue et littérature allemandes », n°1594, 1997, 452 pages.

En quoi l’Autrichien, au tournant du siècle, peut-il être considéré comme un modèle de victime? Comment, chez lui, la dette rejoint-elle le désir et surtout la faute, au sens latin de « falta », du manque ? Fautif et victime, l’être autrichien a perdu tout repère. L’identité, tant nationale qu’individuelle, peut s’estomper dans la judéité. Elle est écartelée entre l’Anschluß et l’IchSpaltung. Elle s’exprime à travers un langage dont le silence est l’apparence idéale. Schizoïde et colloïdal, l’organisme choisit – pour survivre – de lutter contre lui-même. Mais la mort n’est pas toujours le meilleur remède... (Présentation de léditeur)

 

 

[FICHE LIVRE] ? Béatrice Gonzalés-Vangell, Kaddish et renaissance. La Shoah dans les romans viennois (1991-2001) de Robert Schindel, Robert Menasse et Doron Rabinovici; préface de Erika Tunner. [Villeneuve d’Ascq, Nord], Presses universitaires du Septentrion, Université de Lille 3, « Littératures langue allemande », 2005, 328 pages.

Qu’y-a-t-il encore à dire sur la Shoah ? Cet ouvrage analyse les manifestations du souvenir dans les romans des trois écrivains, célèbres en Autriche et encore peu connus en France. La réflexion menée sur la fin de l’Histoire – dont Auschwitz figure la « suprême inhumanité » – et sur son dépassement présente le double intérêt de rejoindre les interrogations les plus actuelles sur l’Histoire et ses liens avec la mémoire et l’oubli, le mythe et la fiction, tout en mettant en relief la spécificité de cette littérature : pointer du doigt un passé occulté et chercher une voie de réconciliation entre juifs et non-juifs qui, seule, permettrait d’envisager un avenir meilleur. (Présentation de léditeur)

 

? Jean Gyory, La Littérature autrichienne. [Paris], PUF (Presses Universitaires de France), « Que sais-je ? », n°1681, 1977, 128 pages, épuisé.

 

[FICHE LIVRE] ? William M. Johnston, L’Esprit viennois. Une histoire intellectuelle et sociale, 1848-1938. (The Austrian Mind. An Intellectual History 1848-1938, University of California Press, 1972), traduit de l’anglais par Pierre-Emmanuel Dauzat. [Paris], PUF (Presses Universitaires de France), « Quadrige », 1985, 1991, 672 pages.

Reste à savoir si une civilisation planétaire peut approcher des conditions qui firent jadis de l’Autriche un phare de la modernité dans un monde à la dérive. L’inconstance étant désormais devenue notre pain quotidien, nul n’a plus à nous apprendre que ces connaisseurs de métamorphose. Pourtant, à un égard, au moins, nous devons nous garder de prendre exemple sur l’empire des Habsbourg. L’Apocalypse joyeuse s’est plus que toute autre considérée, parmi les âges les plus créatifs, comme la fin d’une époque plutôt qu’un commencement. En vérité Karl Kraus ou Stefan Zweig seraient bien étonnés d’apprendre que la civilisation a survécu et, si nous avons déjoué leur attente, leur nihilisme thérapeutique n’y est pour rien. En prêtant attention à des voix plus constructives, il est peut-être encore temps de démentir leur désespoir. Toujours est-il que considérée en elle-même l’Apocalypse joyeuse nous apprend que le temps efface plus qu’il ne fait vivre. (Présentation de léditeur)

 

 

? Félix Kreissler, La Culture, une résistance subversive. Essai sur la culture autrichienne ? (Kultur als subversiver Widerstand, Munich, 1997).[Mont-Saint-Aignan], Publications de l’Université de Rouen, Centre d’études et de recherches autrichiennes, « Études autrichiennes », n°8, 1999, 248 pages.

Dans cet essai, Félix Kreissler apporte sa propre réponse à la question si souvent débattue : qu’est-ce que la culture autrichienne ?, c’est-à-dire aussi, par quels traits spécifiques cette culture s’affirme-t-elle, dans le passé et dans le présent ? De la « modernité viennoise » des années 1900 aux réalisations de « Vienne la rouge » dans les années 1920 et à la IIe République d’Autriche après la Seconde Guerre mondiale : les réflexions de Félix Kreissler, témoin direct de tout un pan de cette histoire, décèlent, à côté et surtout contre le culte nostalgique d’une culture officielle, dans l’idée toujours active d’une résistance subversive, l’élément déterminant de la vraie culture autrichienne. Aucune question, même réputée délicate, d’un siècle d’histoire culturelle (et donc aussi politique) de l’Autriche n’est éludée par l’auteur qui porte ici sur l’Autriche et sa culture un regard aigu, sans concession mais aussi chaleureux, et sait donner à cet essai un ton à la fois résolument engagé, décapant et souvent plein d’humour. (Présentation de léditeur)

 

 

 

[FICHE LIVRE] ? Jacques Le Rider, Modernité viennoise et crises de l’identité. [Paris], Presses universitaires de France, « Perspectives critiques », 1990 /« Quadrige », n°302, 2000, 456 pages.

« Dans la modernité, les individus deviennent des ‘‘systèmes auto-poïétiques’’ en remaniement continu qui procèdent sans relâche à la réorganisation sélective du désordre du monde et de leur propre vie. Les intellectuels et les artistes viennois ont dressé le constat de la crise des vieilles certitudes concernant la différence masculin/féminin et juif/non-juif. Le deuxième tiers du XXe siècle, à l’âge du fascisme et du nazisme, a passionnément reconstruit ces identités perdues, pour assujettir ‘‘la femme’’ et pour anéantir ‘‘le juif’’. Notre culture ‘‘postmoderne’’ s’est retrouvée dans une situation proche de celle qui avait caractérisé la modernité viennoise. À nouveau, l’identité individuelle a semblé indéterminée au moment même où, aux marges du monde occidental, dans ses plis et dans ses fissures, triomphait l’affirmation des identités culturelles. Cette Vienne début de siècle dominée par Hofmannsthal et Musil, par Herzl et son antithèse Weininger, par Mahler et Schiele, par Freud et Wittgenstein, n’en finit pas de nous captiver. » (Jacques Le Rider)

 

 

[FICHE LIVRE] ? Jacques Le Rider, Journaux intimes viennois. [Paris], Presses universitaires de France, « Perspectives critiques » 1, 2000, 448 pages.

[Table des matières : 1. - La modernité viennoise, les crises de l’identité et le recours au journal intime ; 2. - Illusion d’œuvre et mauvaise vie. Contre le journal intime, de Goethe à Kafka ; 3. - La mémoire et l’oubli. Sigmund Freud et la « cure par l’écriture » ; 4. - Amiel, Nietzsche, Hofmannsthal ; 5. - Publier l’intime ? Hermann Bahr, Karl Kraus, Peter Altenberg, Hermann Broch ; 6. - Les égo-documents d’Arthur Schnitzler ; 7. - Le journal pré-sioniste de Theodor Herzl; 8. - Journaux de femmes. L’impératrice Élisabeth, Marie von Ebner-Eschenbach, Rosa Mayreder, Lou Andreas-Salomé; 9. - L’autoportrait expressionniste : Weininger, Schiele, Kokoschka, Gerstl ; 10. - Stefan Zweig. Des sommets de la gloire à l’exode et au suicide ; 11. - Pour une science de l’homme : les Journaux de Robert Musil].

 

 

[FICHE LIVRE] ? Jacques Le Rider, Les Élites juives à Vienne. 1867-1914. [Paris], Éditions Albin Michel, 2013, 500 pages (à paraître le 3 janvier 2013).

 

 ? Marie-Josèphe Lhote, La Parole et l’actionSept essais sur la littérature autrichienne. [Berne], Éditions Peter Lang, « Publications Universitaires Européennes », vol. 953, 1981, 1986,228 pages.

La parole et l’action dans Der Schwierige, tel est le point de départ de cette série d’études sur la littérature autrichienne, axée sur les différentes étapes du procès du langage, que Marie-Josèphe Lhote consacre plus particulièrement aux comédies de Hugo von Hofmannsthal. Chemin faisant, des concordances ponctuelles s’établissent tout naturellement avec d’autres dramaturges autrichiens: Grillparzer, Ferdinand Raimund, Nestroy. Dans le cadre de ce procès du langage et face à une redéfinition de la notion de « personnalité », Marie-Josèphe Lhote est amenée, élargissant magistralement son travail, à établir de fructueux parallèles avec d’autres auteurs de cette première moitié du XXe siècle, tels Franz Kafka et Paul Valéry. (Présentation de léditeur)

 

 

[FICHE LIVRE] ? Claudio Magris, Danube (Danubio, Milan, Garzanti, 1986), traduit de l’italien par Jean et Marie-Noëlle Pastureau. [Paris], Éditions Gallimard / L’Arpenteur, « Domaine italien », 1988, 504 pages, illus.

* Réédition :

[FICHE LIVRE]? Claudio Magris, Danube. [Paris], Éditions Gallimard, « Folio », n°2162, 1990, 576 pages.

Des sources en Forêt-Noire à son delta en mer Noire, Claudio Magris descend le fleuve. En touriste : il visite les paysages et les maisons, s’arrête, à Vienne, devant un simple escalier de bois. En érudit : il découvre les sites majeurs, les rites de la Mitteleuropa ; il croise, semble-t-il, Kafka, Canetti, Lukács, Joseph Roth..., de passage, eux aussi. En homme : il s’émeut, s’émerveille, s’interroge. Sous la plume d’un grand écrivain, le voyage au gré du fleuve devient aussi une grande fresque des siècles passés. (Présentation de léditeur)

 

 

[FICHE LIVRE] ? Claudio Magris, Le Mythe et l’Empire dans la littérature autrichienne (Il mito absburgico nella letteratura austriaca moderna, Turin, Einaudi, 1963), traduit de l’italien par Jean et Marie-Noëlle Pastureau. [Paris], Éditions Gallimard / L’Arpenteur, « Domaine italien », 1991, 434 pages.

À l’heure où plus que jamais s’exacerbent un peu partout les nationalismes les plus exclusifs et souvent les plus agressifs, il n’est pas inutile de réfléchir à ce qu’a pu représenter, en dépit de ses insuffisances et de son immobilisme, au-delà des  ridicules que n’ont pas manqué de railler les plumes les plus féroces d’Europe, l’Empire de l’aigle à deux têtes avant son écroulement tragique de 1918 et longtemps après encore, au-delà même de la terrible expérience de l’Anschluss : le rêve d’un État supranational où « mes peuples » – ainsi que les nommait affectueusement François-Joseph – pouvaient coexister dans une harmonie relative et riche en couleurs, qu’évoquent sous des formes très diverses des écrivains aussi dissemblables et passionnants que Grillparzer, Raimund, Nestroy, Stifter, Rosegger, Trakl, Rilke, Hofmannsthal, Musil, Schnitzler, Zweig, Kraus, Roth, Werfel, Rezzori...Le Mythe et l’Empire, aujourd’hui devenu un classique, a paru pour la première fois en Italie en 1963. Ce magistral essai était la thèse de doctorat d’un jeune Triestin de vingt-quatre ans, féru de l’une des littératures les plus originales d’Europe et décidé à « régler ses comptes » avec « son histoire et sa tradition ». (Présentation de léditeur)

 

 

[FICHE LIVRE] ? Jean-Jacques Pollet, Écritures fantastiques allemandes. [Arras], Artois Presses Université, « Lettres et civilisations" étrangères », 2010, 336 pages.

Les spectres, plaisantait Henri Heine, ont décidément quelque chose d’allemand. Doit-on pour autant en conclure qu’il existe une littérature fantastique allemande spécifique ? Le présent recueil rassemble un certain nombre d’études censées à la fois délimiter un territoire et proposer quelques repères chronologiques. Les moments distingués – L’héritage hoffmannien ; Entre Décadence et fascisme ; L’École « pragoise » ; Les littératures de l’Après – dessinent une tradition faite d’allégeances, de ruptures, d’hybridations qui tentent à chaque fois de mettre en récit le non-dit d’une époque donnée. De E. T. A Hoffmann à H. von Kleist, de G. Meyrink, H. H. Ewers à L. Perutz, de A. Lernet-Holenia à F. G. Jünger, cette « autre scène » nous convainc que l’affinité entre le genre fantastique et ce que l’on appelle sommairement la culture germanique ne réside pas – contrairement, peut-être, à une idée reçue – dans la célébration commune d’une sorte d’irrationalisme premier indifférent à l’Histoire, mais plutôt dans le partage d’une interrogation inquiète, voire angoissée mais toujours parfaitement raisonnée, sur la validité des formes mêmes des discours de raison pour dire la relation de l’individu à l’Histoire. (Présentation de léditeur)

 

 

? Christiane et Gilbert Ravy, Félix Kreissler, D’Aichinger à Zweig. Traductions françaises d’auteurs autrichiens 1. [Paris], Presses universitaires de France / Institut autrichien de Paris / Publications de l’Université de Rouen, n°49. « Études allemandes et autrichiennes », 1977, 52 pages, épuisé.

* Nouvelle édition revue et augmentée :

? Christiane et Gilbert Ravy, D’Aichinger à Zweig. Traductions françaises d’écrivains autrichiens. [Mont-Saint-Aignan], Publications de l’Université de Rouen, Centre d’études et de recherches autrichiennes, n°7, 1987, 72 pages, épuisé.

* Nouvelle édition revue et augmentée :

? Christiane et Gilbert Ravy, D’Aichinger à Zweig. Traductions françaises d’écrivains autrichiens. [Mont-Saint-Aignan], Publications de l’Université de Rouen, Centre d’études et de recherches autrichiennes, n°216, « France-Autriche », n°20, 1996, 152 pages.

Cette bibliographie est un répertoire de toutes les traductions françaises d’écrivains autrichiens publiées en France sous forme de volumes. Sont répertoriées aussi bien les éditions les plus récentes que les plus anciennes et les diverses rééditions. Ce livre est conçu dans la perspective d’un usage pratique : il offre un panorama de la réception de la littérature autrichienne en France, et il est un instrument d’orientation et de consultation destiné à tous ceux qu’intéressent les écrivains de l’Autriche actuelle et de l’ancienne Autriche-Hongrie.

 

? Christiane et Gilbert Ravy, D’Adler à Wittgenstein. Traductions françaises d’auteurs autrichiens 2. [Paris], Presses universitaires de France / Publications de l’Université de Rouen, n°77, « France-Autriche », n°1, 1981, 40 pages, épuisé.

 

978284066142 ? Danièle Roussel, L’Actionnisme viennois et les Autrichiens (Der Wiener Aktionismusund die Österreicher, Klagenfurt, Gespräche, 1995), traduit de l’allemand par Nicole Thiers. [Dijon], Les Presses du réel, « Bibliothèque art action pensée », 2008, 280 pages, illus.

Un document essentiel sur la plus importante contribution de l’Autriche au développement de l’art dans la deuxième moitié du XXe siècle : une cinquantaine d’entretiens avec les principaux membres de l’Actionnisme viennois, mais aussi avec des témoins de l’époque, permettant de comprendre les racines artistiques, culturelles et sociales du mouvement ainsi que les scandales provoqués dans la société bourgeoise de Vienne par les actionnistes. L’Actionnisme viennois, mouvement né dans les années 1960, est aujourd’hui considéré par le monde de l’art comme la plus importante contribution de l’Autriche au développement de l’art dans la deuxième moitié du XXsiècle. Pourtant il n’y a que très peu de recherches sur l’origine et l’influence de ce mouvement sur l’art, la société et l’histoire. Les interviews réalisées avec des témoins de l’époque de l’Actionnisme viennois et publiées dans cet ouvrage constituent un document historique précieux. L’auteur a réussi, en une cinquantaine d’entretiens, à interroger aussi bien les principaux membres de ce mouvement – des artistes (Otto Muehl, Hermann Nitsch, Günter Brus, Rudolf Schwarzkogler...) – que des journalistes, des historiens et des politiques qui d’une façon ou d’une autre ont été impliqués ou simplement témoins. Danièle Roussel a écrit un livre vivant, qui documente pour la première fois le phénomène de l’Actionnisme viennois du point de vue de ses acteurs, de ses observateurs et de ses héritiers, permettant de comprendre les racines artistiques, culturelles et sociales du mouvement ainsi que les scandales provoqués dans la société bourgeoise de Vienne par les actionnistes. (Présentation de léditeur)

 

 

[FICHE LIVRE] ? Carl E. Schorske, De Vienne et d’ailleurs. Passages de la modernité (Thinking with history. Explorations in the passage to modernism, Princeton, N.J., Princeton University Press, 1998), traduit de l’anglais par Sylvette Gleize. [Paris], Éditions Fayard, « Histoire de la pensée », 2000, 320 pages.

Le passage à ce qu’il est convenu d’appeler la modernité, au tournant du XXe siècle, se caractérise, tant en Europe qu’aux États-Unis, par le sentiment qu’éprouvent les acteurs du changement et leurs critiques de tourner définitivement le dos au passé. Ainsi parle-t-on d’« architecture moderne », de « musique moderne », d’« art moderne », de « science moderne », comme si les créateurs de l’époque, confrontés à un monde irrémédiablement nouveau, avaient rompu les amarres avec la tradition. Il faut bien dire que le génie d’Adolf Loos, de Sigmund Freud, de Gustav Mahler notamment, en faisant de Vienne le laboratoire du monde moderne, n’est pas pour rien dans le succès de l’idée que la modernité c’est la rupture, et que, pour penser juste, il faut penser sans l’histoire .Cette approche, que l’on peut à bon droit qualifier de moderniste, fait suite au courant historiciste qui a largement dominé les créations culturelles et artistiques au XXesiècle. À nulle autre époque, en effet, la conscience historique n’a autant marqué les esprits alors farouchement attachés aux modèles du passé, autrement dit à penser avec l’histoire. Cependant, Carl E. Schorske montre ici que l’historicisme du XIXe siècle et le modernisme du début du XXe siècle ne constituent pas deux approches antithétiques, mais expriment deux phases successives d’un même effort visant à donner sens et forme à la civilisation européenne engagée dans une nouvelle étape de son développement : celle du capitalisme industriel et de la politique à l’ère des masses. Telle est la thèse du livre, qui aborde successivement l’apport de l’un et de l’autre siècle à l’œuvre de modernité, et qui, publié en un temps, le nôtre, dit postmoderne, nous invite à mettre à profit cette réflexion historique pour faire face à l’inédit d’un siècle nouveau. (Présentation de léditeur)

 

 

? Gerald Stieg, Fruits du feu. L’incendie du Palais de justice de Vienne en 1927 et ses conséquences dans la littérature autrichienne. [Mont-Saint-Aignan], PUR  / Publications de l’Université de Rouen, n°150. Centre d’études et de recherches autrichiennes, « France Autriche », n°11,1989, 112 pages.

Le 15 juillet 1927 une foule spontanée met le feu au Palais de Justice de Vienne pour protester contre l’acquittement de deux meurtriers dans un procès politique. La police reçoit l’ordre de tirer sur cette foule. L’Autriche vit une journée tragique qui marque le début du déclin de la jeune démocratie. Très vite naquit une « littérature de juillet » qui s’empara de cette date fatidique et de son acteur mystérieux. Cet essai pluridisciplinaire se propose d’étudier comment la recherche du coupable qui a mis la cité en danger se transforme en œuvres. (Présentation de léditeur)

 

 

? Erika Tunner, Francis Claudon, Les Littératures de langue allemande depuis 1945(Allemagne, Autriche, Suisse). [Paris], Éditions Armand Colin, « Fac. Littérature », 2005, 444 pages, épuisé.

 

? Erika Tunner, Carrefours de rencontresDe Stefan Zweig à Christa Wolf, Les littératures allemandes et autrichiennes du XXème siècle. [Paris], Éditions de L’Harmattan, « Les mondes germaniques », 2004, 256 pages.

Les auteurs qu’Erika Tunner nous propose de rencontrer à travers les textes réunis dans ce recueil (Stefan Zweig, Peter Handke, Uwe Johnson, Franz Kafka, Christa Wolf et bien d’autres encore) n’ont pas de meilleure patrie que la langue allemande. Représentants des littératures de l’exil, qu’il soit réel ou intérieur, tous ces écrivains sont préoccupés par les grands problèmes : l’Inspiration, la Vision du Monde, la Création, mais aussi par l’éloge de l’instant fragile et fugitif. La langue allemande, traversant des cultures variées, est alors le véhicule d’un questionnement essentiel. En filigrane apparaissent des villes-carrefours : Vienne, Prague, Berlin, Paris. Elles sont aussi des villes-seuils. (Présentation de léditeur)

 

 

? Léon Van Vassenhove. Essais sur la littérature autrichienne. [Vienne], Éditions de l’Imprimerie nationale autrichienne, 1957, 376 pages, épuisé.

 

[FICHE LIVRE] ? Bertrand Westphal, Austro-fictions. Une géographie de l’intime. [Mont-Saint-Aignan, Seine-Maritime], Publications de l’Université de Rouen, « Études autrichiennes », 2010, 192 pages.

L’inflation livresque est galopante. Les rayonnages des bibliothèques croulent. Italo Calvino proposa un jour d’empiler les livres jusque sur la lune. On s’y perdrait presque ! Mais, heureusement, il reste quelques repères stables, parmi lesquels on rangera la littérature autrichienne. C’est ce qu’ont encore prouvé, au fil de ces dernières décennies, Thomas Bernhard, Andreas Okopenko, Gregor von Rezzori, Milo Dor, Peter Handke, Christoph Ransmayr, Gerhard Roth, Marlene Streeruwitz, Norbert Gstrein ou Peter Stefan Jungk. C’est leur parcours, tantôt fictionnel, tantôt autofictionnel, mais toujours austrofictionnel, que l’on s’efforce de suivre ici. S’en dégage à n’en point douter une géographie de l’intime qui conduira le lecteur de Vienne jusqu’à Londres ou Tokyo, des rives du Danube jusque sur un pont de l’Hudson. Car autant le reconnaître d’emblée, l’intime ne se contente plus du lieu clos. Il investit désormais les grands espaces du monde.(Présentation de léditeur)

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