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IBSEN, Henrik

[NORVÈGE] (Skien, 1828 – Christiania [Oslo], 1906). Henrik Ibsen écrit sa première tragédie à l’âge de vingt-et-un ans. Après avoir connu des débuts difficiles, il quitte la Norvège en 1864 et voyage dans de nombreux pays d’Europe. De retour vingt-sept ans plus tard dans son pays natal, il reçoit une consécration nationale.

« Reconnu tardivement dans son pays, il se laisse d’abord porté par la vague du romantisme national. Mais la non-intervention de la Norvège aux côtés du Danemark en 1864, dissipe brutalement le rêve d’une Norvège nourrie de l’héroïsme du passé. Le choc éprouvé par l’auteur est à l’origine du saisissantBrand (1866), puis du merveilleux Peer Gynt (1867), deux pièces qui illustrent la fière devise « être soi-même ». Après l’ambitieux mais obscur Empereur et Galiléen (1873), Ibsen, touché par le brandesianisme, se met à préparer les « torpilles » qu’il va « lancer sous l’arche ». Successivement, ce seront Les Soutiens de la société (1877), où il s’en prend à la corruption de la classe supérieure, Une maison de poupée (1879), vigoureux plaidoyer en faveur de l’émancipation féminine, Les Revenants (1881), où sont dénoncés les vieilles croyances et préjugés, puis Un ennemi du peuple (1882), qui fustige la « maudite majorité compacte ». Avec ces pièces, Ibsen élabore une forme dramatique caractérisée, entre autres, par la fameuse technique rétrospective. Mais l’écrivain se détourne ensuite progressivement du drame social. Se mettant à douter du bien-fondé de prôner « l’exigence idéale » (Le Canard sauvage, 1884), il ne cesse ensuite de poser le problème de la libération de l’homme, non plus en dénonçant les obstacles extérieurs, mais en s’attachant à pénétrer l’âme et le caractère à partir des démons de chacun. La place de plus en plus importance accordée aux symboles souligne cette évolution (Rosmersholm, 1886 ; Quand nous nous réveillerons d’entre les morts, 1899) » (Éric Eydoux, Magazine Littéraire, 1985).

*** Bibliographie (Théatre ; la première date est celle de la première publication de l’œuvre, la seconde, celle sa création) : Catilina / Catilina (1850 ; 1881),Kjæmpehøjen / Le Tertre des guerriers (1917 ; 1850), Norma / Norma (1909 ; 1994), Sancthansnatten / La Nuit de la Saint-Jean (1909 ; 1853), Fru Inger til Østeraad / Mme Inger d'Astract (1857 ; 1855), Gildet paa Solhoug / La Fête à Solhaug (1856 ; 1856), Olaf Liljekrans / Olaf Liljekrans (1898 ;  1857), Haermaendene paa Helgeland / Les Guerriers de Helgeland (1858 ; 1858), Kjærlighedens Komedie / La Comédie de l'amour (1862 ; 1873), Kongs-Emnerne / Les Prétendants à la couronne (1863 ; 1864), Brand / Brand (1866 ; intégrale, 1885), Peer Gynt / Peer Gynt (1867 ; 1876), De unges Forbund /L'Union des jeunes (1869 ; 1869), Galilæer / Empereur et Galiléen (1873 ; nlle version, 1896), Samfundets Støtter / Les Soutiens de la société (1877 ; 1877), Et Dukkehjem / Une Maison de poupée (1879 ; 1879), Gengangere / Les Revenants (1881 ; 1882), En folkefiende / Un ennemi du peuple (1882 ; 1883), Vildanden / Le Canard sauvage (1884 ; 1885), Rosmersholm / Rosmersholm (1886 ; 1887), Fruen fra Havet / La Dame de la mer (1888-1889),Hedda Gabler / Hedda Gabler (1890 ; 1891), Bygmester Solness / Solness le constructeur (1892 ; 1893), Lille Eyolf / Le Petit Eyolf (1894 ; 1895), John Gabriel Borkman / John Gabriel Borkman (1896 ; 1897), Når vi døde vågner / Quand nous nous réveillerons d'entre les morts (1899 ; 1900). 

Les principales pièces d’Ibsen ont été traduites assez rapidement, notamment par le comte Moritz Prozor entre 1889 et 1908. Ces traductions, généralement accompagnées de préfaces du comte, ont été régulièrement rééditées depuis. Par la suite, les œuvres complètes d’Ibsen (Théâtre, proses diverses, poèmes), traduites par Pierre Georget La Chesnais ont paru aux éditions Plon (voir ci-dessous), chaque texte étant précédé d’une importante introduction historique) ; publiés également : Lettres de Henrik Ibsen à ses amis (traduites par Martine Remusat, Paris, Plon, 1906) et Poésies (traduites par Charles de Bigault de Casanove, Paris, Mercure de France, 1907 ; réédition partielle sous le titre La Peur de la lumière, Ressouvenances, 1985).

 

Œuvres complètes, traduites par Pierre Georget La Chesnais. [Paris], Éditions Plon, Paris, 1930-1945, 16 vol.

— Tome I. Œuvres de Grimstad (1847-1850), 1930. [Poèmes ; Le Prisonnier d'Akershus ; Catilina].

— Tome II. Œuvres de Kristiania (avril 1850-octobre 1851), 1930. [Poèmes ; Proses ; Norma ; Le Tertre du guerrier].

— Tome III. Œuvres de Bergen (octobre 1851-août 1857), 1932. [Poèmes ; Proses ; La Nuit de la Saint-Jean ; Mme Inger d'Astract].

— Tome IV. Œuvres de Bergen (octobre 1851-août 1857) (suite), 1932. [La Fête à Solhaug ; Olaf Liljekrans ; Les Guerriers à Helgeland].

— Tome V. Œuvres de Kristiania. Second séjour (1857-1864), 1934. [Poèmes et Proses].

— Tome VI. Œuvres de Kristiania. Second séjour (suite), 1934. [La Comédie de l'amour ; Les Prétendants à la couronne].

— Tome VII. Œuvres d'Italie. Premier séjour (1864-1869), 1935. [Brand].

— Tome VIII. Œuvres d’Italie. Premier séjour (suite), 1936. [Peer Gynt].

— Tome IX. Œuvres de Dresde (1867-1873), 1937. [L'Union des jeunes ; Poèmes ; Empereur et Galiléen (notice)].

— Tome X. Œuvres de Dresde (1867-1875), 1937. [Empereur et Galiléen].

— Tome XI. Les Drames modernes, 1939. [Poèmes ; Discours ; Les Soutiens de la société ; Maison de poupée].

— Tome XII. Les Drames modernes (suite), 1940. [Les Revenants ; Un ennemi du peuple].

— Tome XIII. Les Drames modernes (suite), 1941. [Le Canard sauvage ; Rosmersholm].

— Tome XIV. Les Drames modernes (suite), 1943. [La Dame de la mer ; Hedda Gabler].

— Tome XV. Œuvres de Kristiana, troisième séjour (1895-1906), 1945. [Le Constructeur Solness ; Petit Eyolf].

— Tome XVI. Œuvres de Kristiana, troisième séjour (suite), 1945. [John Gabriel Borkman ; Quand nous nous réveillerons d'entre les morts ; Proses ; Tables].

 On trouvera ci-dessous répertoriés, par ordre alphabétique de titres, seulement les titres disponibles actuellement à la vente en librairie (mars 2011).

 

[FICHE LIVRE] — Brand, un poème dramatique, traduit du norvégien par Eloi Recoing. [Arles], Éditions Actes Sud Papiers, 2005, 232 pages.

L’histoire de Brand, fervent adepte du « tout ou rien » et de sa guerre contre la médiocrité, est un voyage vertigineux à travers différentes formes de théâtre qui annonce Peer Gynt. Le premier succès d’Ibsen.

Brand, porté par son désir d’absolu, revient dans son village d’origine, au bord du fjord. Sa devise  [ « Tout ou rien. » Sa foi ardente, son aspiration à une vie juste, la guerre qu’il mène contre la médiocrité tour à tour fascinent ou rebutent son entourage. Il conquiert ainsi le cœur pur d’une femme. Certains de ses compatriotes le traitent en héros, d’autres se méfient de son intransigeance fanatique. Car à force d’appliquer sa devise à la lettre, il sacrifie amis, mère, fils, et bientôt sa chère épouse. Le peuple finit par le lapider. Gerd, la folle du village, est l’unique brebis restante de ce pasteur égaré sur les cimes. Une avalanche mettra fin à sa quête d’absolu.

Un an sépare l’écriture de Brand de celle de Peer Gynt. Les deux figures semblent antithétiques, mais le personnage de Brand est tout aussi décisif pour comprendre l’œuvre à venir du dramaturge norvégien. (Présentation de l’éditeur)

 

[FICHE LIVRE] — Le Canard sauvage, traduit du norvégien, présenté et annoté par Régis Boyer. [Paris], Éditions Flammarion, « GF », n°855, 1995, 320 pages.

GREGERS – Tiens ! Hjalmar Ekdal aussi est malade ?

RELLING – A peu près tout le monde est malade, malheureusement.

GREGERS – Et quel traitement employez-vous pour Hjalmar ?

RELLING – Mon traitement habituel. Je m’emploie à entretenir en lui le mensonge vital.

GREGERS – Le mensonge... vital ? je n’ai pas bien entendu.. ?

RELLING – Si ! j’ai dit le mensonge vital. Parce que le mensonge vital, voyez-vous, c’est le principe qui stimule, voyez-vous.

Nouvelle traduction :

[FICHE LIVRE] — Le Canard sauvage, traduit du norvégien par Yves Beaunesne, Marion Bernède. [Arles], Éditions Actes Sud Papiers, 2008, 128 pages.

Le Canard sauvage parut en librairie pour la première fois en 1884. La pièce fut jouée à Bergen, à Helsinki, à Stockholm et Copenhague dans le courant de l’année 1885. Berlin la vit en 1888, puis Dresde en 1889 et Londres enfin en 1894. Le public français ne vit la pièce qu’en 1891, présentée par Antoine pour son Théâtre-Libre et dans une traduction d’Ephraïm et Th. Lindenlaub.

Un idéaliste, Gregers Werle, revient dans sa ville natale après un long exil, et se trouve mêlé aux affaires de famille d'un ami d'enfance, causant des résultats désastreux. Les secrets du foyer apparemment heureux des Ekdal se dévoilent peu à peu à Gregers, qui tient à révéler la vérité absolue au nom des « exigences de l'Idéal ».

 

Une famille vit dans les soupentes d’un immeuble, à côté d’une basse-cour et d’un canard sauvage, animal fétiche de la jeune fille de la maison. Le passé va ressurgir et battre en brèche ce semblant d’équilibre de vie auquel s’accrochent les personnages. Ibsen nous révèle les failles béantes sur lesquelles sont construites les vies apparemment sans histoire des individus. (Présentation de l’éditeur)

« Je ne suis en faveur de rien. Je ne suggère aucun remède. Mes drames ne prétendent rien prouver. Je ne songe pas à améliorer le sort de l’humanité. On parle toujours de ma doctrine ; je n’ai pas de doctrine. Je suis un peintre et non un professeur. » (Henrik Ibsen)

 

[FICHE LIVRE] — La Dame de la mer, traduit du norvégien par Jean-Claude Buchard, Emilie Smadja, Nathalie Sultan. [Arles], Éditions Actes Sud Papiers, 1990, 56 pages.

Ellida Wangel est l’épouse d’un homme qui ne la comprend pas et elle vit sans heurts, absente, dans une famille qui bouge et fait du bruit. Elle révèle son secret à son époux : elle a passionnément aimé un marin qui a disparu.

 [FICHE LIVRE] — Empereur et Galiléen, traduit du norvégien par Denise Bernard-Folliot. [Montreuil-sous-Bois, Seine-Saint-Denis], Éditions théâtrales, « Des classiques », 2000, 304 pages.

Avec cette pièce historique construite autour du destin de l’empereur romain Julien – surnommé l’Apostat – Ibsen veut peindre une page de l’histoire de l’humanité. Achevée en 1873, à la suite de Brand et de Peer Gynt, il la considérait comme son œuvre principale. Il s’agit d’un drame en deux parties de cinq actes. La première, Apostasie de César, montre le jeune prince sur le chemin qui le mènera au trône impérial ; dans la seconde, Empereur Julien, nous suivons le nouveau souverain sur la voie qui le mène à la chute et à la mort. L’itinéraire de Julien, écartelé entre les valeurs d’un christianisme triomphant et celles d’un hellénisme finissant, ses convictions, ses engagements, ses certitudes et ses doutes, constituent la matière de cette étonnante épopée historique. Ibsen nous livre là une œuvre à vocation universelle, à la croisée de l’histoire des civilisations et de ses idéologies. (Présentation de l’éditeur)

 [FICHE LIVRE] — Être soi-même, préface et choix des textes par Alain Laurent. [Paris], Éditions des Belles lettres, « Iconoclastes », n°24, 1995, 160 pages.

Choix de textes tirés des principales pièces, de la correspondance et des poèmes d’Ibsen.

 

[FICHE LIVRE] — Hedda Gabler, adaptation du norvégien par Gilbert Sigaux. [Paris], Éditions Gallimard, « Théâtre du monde entier », 1972, 120 pages ; Éditions Gallimard, « Le Manteau d’Arlequin-Théâtre français et du monde entier », 1982, 120 pages ; 1997.

Hedda Gabler est une des cinq dernières pièces d’Ibsen. Écrite à Munich en 1890, peu de temps avant le retour définitif de l’auteur en Norvège, elle fut aussitôt traduite et publiée simultanément en norvégien, en allemand et en anglais en décembre 1890, la pièce fut créée à Munich le 31 janvier 1891. La même année, le Vaudeville Theatre de Londres la donnera. En France, la première eut lieu au Théâtre du Vaudeville le 17 décembre 1891. Ibsen y a rompu avec les aspects symboliques ou mystiques de pièces comme Rosmersholm : « J’ai essayé de décrire des êtres humains aussi exactement que possible, de façon aussi détaillée que possible, rien d’autre [...] ; on trouvera peut-être quelque chose de révolutionnaire dans ce drame mais c’est une chose qui demeure à l’arrière-plan. » La pièce a séduit bien des metteurs en scène ; il suffit de citer ici Lugné-Poe, Georges Pitoëff et Raymond Rouleau. Altier et énigmatique, le personnage de Hedda a aussi tenté bon nombre de comédiennes, comme Marguerite Jamois, Ingrid Bergman et Delphine Seyrig (à la télévision) ; il reste un des grands rôles et une des grandes et sombres destinées du théâtre d’Ibsen. (Présentation de l’éditeur)

Nouvelle traduction :

[FICHE LIVRE] — Hedda Gabler, traduit du norvégien, annoté et préfacé par Régis Boyer. [Paris], Éditions Flammarion, « GF », n°867, 1995, 286 pages.

HEDDA (va vers le fond de la pièce) – Bon... Il y a une chose, en tout cas, que j’ai pour m’amuser en attendant.

TESMAN (rayonnant) – Oh ! Dieu soit loué, et merci ! Et qu’est-ce que c’est, Hedda, hein ?

HEDDA (à l’ouverture de la porte, le regarde avec un mépris contenu) – Mes pistolets... Jörgen.

TESMAN (angoissé) – Tes pistolets !

HEDDA (les yeux glacés) – Les pistolets du Général Gabler.

Nouvelle traduction :

[FICHE LIVRE] — Hedda Gabler, traduit du norvégien par François Régnault. [Montreuil-sous-Bois, Seine-Saint-Denis], Éditions théâtrales, « Des classiques », 2000, 128 pages.

Hedda Gabler reste un des personnages phare de la dramaturgie universelle. L’histoire d’une femme qui aurait voulu se sauver elle-même, mais à qui la société bourgeoise, mal faite, et des contemporains médiocres ne le permirent pas. La figure fatale de l’héroïne malfaisante s’irradie au-dessus de l’horreur petite-bourgeoise. Le génie d’Ibsen c’est de transformer sa position de victime, au contexte social et familial écrasant, en criminelle ; de découvrir les abîmes d’invention creusés par l’oppression et l’interdit sur un esprit aussi doué ; de lui faire emprunter des voies mystérieuses et tragiques où elle rencontre aussi bien Judith, la castratrice, que Médée, l’infanticide, que Lucrèce, la suicidaire. Un personnage tellement moderne qu’une explication psychologique ou sociologique ne suffit pas à la cerner, sauf à la réduire. (Présentation de l’éditeur)

Nouvelle traduction :

[FICHE LIVRE] — Hedda Gabler, suivi de Le Petit Eyolf, texte français Michel Vittoz, avec la collaboration de Nathalie Pédron. [Arles], Éditions Actes Sud Papiers, 2003, 200 pages.

Hedda Gabler et Petit Eyolf sont les deux versants d’une même montagne dont Maison de poupée est sans doute le socle. Dans chacune des pièces, Ibsen pratique une dissection à vif de la position du « féminin » dans une société patriarcale dont nous aurions bien tort de croire qu’elle a succombé aux poussées féministes de la fin du XXe siècle. Hedda Gabler et Rita Allmers – la mère du petit Eyolf – débordent, excèdent la place « raisonnable » que le monde leur assigne, elles dévoilent les structures qui les conditionnent et nous montrent l’impossible auquel elles sont tenues. Ce qu’il leur faut, c’est inventer une autre place. L’échec absolu d’Hedda et le succès, ô combien ambigu et précaire, de Rita Allmers reflètent la situation désastreuse dans laquelle nous nous trouvons, nous, spectateurs médusés devant ces deux figures féminines, magnifiques et terribles, qui, à un siècle de distance, exigent encore avec une violence peu commune que l’imagination crée un monde où leur réalité serait enfin possible. (Présentation de l’éditeur)

Nouvelle traduction :

— Hedda Gabler, traduit du norvégien par Terje Sinding ; préface de Mchel Meyer. [Paris], LGF, « Le Livre de poche. Classiques », 2005 ; « Le Livre de poche. Théâtre de poche », n° 24000, 2010, 192 pages.

Les circonstances amènent Hedda Gabler à nouveau face à l’homme qu’elle a aimé quelques années auparavant. Tout son passé resurgit. Blessée, elle choisit de se venger de son ancien amant. Elle subtilise et détruit le manuscrit qu’il a oublié chez elle. De désespoir, cet homme se suicide car, pour lui, ce livre était l’œuvre de sa vie. Hedda prend alors conscience qu’elle n’est pas parvenue à oublier cet amour qu’elle avait pourtant réussi à enfouir jusque-là au plus profond d’elle-même. Elle s’en veut désormais de ce qu’elle a fait, de son mariage médiocre, de la vie inintéressante à laquelle elle s’est elle-même condamnée. Hedda Gabler est plus qu’un personnage, c’est la figure emblématique d’un romantisme devenu impossible, la métaphore d’une époque désormais révolue. Elle est l’un des grands personnages féminins du théâtre européen, au même titre qu’Antigone ou Andromaque. Dans son introduction, Michel Meyer situe la place qu’occupe cette pièce dans l’ensemble de l’œuvre d’Ibsen et montre en quoi le grand dramaturge norvégien a opéré une véritable révolution théâtrale, la plus importante sans doute depuis Shakespeare, comme l’a si bien dit Pirandello. (Présentation de l’éditeur)

Nouvelle traduction :

— Hedda Gabler, drame en quatre actes, traduit du norvégien par Eric Lacascade. [Paris], L’Avant-scène théâtre, n°1175, 2005, 102 pages, illus.

 

[FICHE LIVRE] — Jean Gabriel Borkman, traduit du norvégien par Moritz Prozor. [Arles], Éditions Actes Sud Papiers, 1985, 104 pages.

John Gabriel Borkman se rattache à son espérance avec un entêtement tout nordique, sans soupçonner que ses illusions ne sont que mensonges envers lui même.

Nouvelle traduction :

[FICHE LIVRE] — John Gabriel Borkman, adapté du norvégien par Luc Bondy. [Paris], Éditions Solin, 1993, 160 pages, illus.

[Contient également des matériaux dramaturgiques de la mise en scène de Luc Bondy, donnée au théâtre de l’Odéon à Paris en 1993, des études, des commentaires et des textes inédits de Botho Strauss, Luc Bondy, Régis Boyer, Anne-Françoise Benhamou, Heinz Wismann, René Zazzo].

 

[FICHE LIVRE] — Une maison de poupée, drame en trois actes, traduit du norvégien et présenté par Marc Auchet. [Paris], LGF, « Le Livre de poche », n°6738, 1990, 2008,

160 pages.

Dans cette maison où la femme est et n’est qu’une poupée, les hommes sont des pantins, veules et pleutres. Sans doute Nora incarne-t-elle une sorte de moment auroral du féminisme, alors qu’être, c’est sortir, partir. Et Ibsen, grâce à ce chef-d’œuvre, accède au panthéon de la littérature mondiale. Mais si sa poupée se met, sinon à vivre, du moins à le vouloir, au point de bousculer au passage l’alibi de l’instinct maternel, c’est qu’autour d’elle les hommes se meurent. Ibsen exalte moins Nora qu’il n’accable le mari, l’avocat Helmer, ou Krogstad par qui le chantage arrive. (Présentation de l’éditeur)

Nouvelle traduction :

[FICHE LIVRE] — Une maison de poupée, traduit du norvégien, annoté et présenté par Régis Boyer. [Paris], Éditions Flammarion, « GF », n°792, 1994, 246 pages.

HELMER – Tu n’as pas été heureuse !

NORA – Non. J’ai été joyeuse, voilà tout. Et tu as toujours été si gentil pour moi. Notre foyer n’a jamais été rien d’autre qu’une salle de récréation. Ici, j’ai été ton épouse-poupée, tout comme à la maison, j’étais l’enfant-poupée de papa. Et mes enfants, à leur tour, ont été mes poupées. Je trouvais divertissant que tu te mettes à jouer avec moi, tout comme ils trouvent divertissant que je me mette à jouer avec eux. Voilà ce qu’a été notre mariage, Torvald.

HELMER – Il y a quelque chose de vrai dans ce que tu dis... tout exagéré et outré que ce soit. Mais dorénavant, cela changera. Le temps de la récréation est passé...

Nouvelle traduction :

[FICHE LIVRE] — Une maison de poupée, drame en trois actes, traduit du norvégien par Eloi Recoing. [Arles], Éditions Actes Sud Papiers, 2009, 104 pages.

Une nouvelle traduction qui met en valeur l’écriture d’Ibsen dans sa plus célèbre pièce, où Nora, femme mariée, se retrouve acculée à quitter son mari et son foyer. Fuite ou acte enfin libératoire ?

« Je ne peux plus me contenter de ce que les gens disent ni de ce qu’il y a dans les livres. Je dois penser par moi-même et tâcher d’y voir clair », dit Nora, avant de prendre la porte. Celle qui semblait avoir tout misé sur le compromis tourne le dos à la mascarade de sa vie conjugale. Pour mieux renaître à elle-même, peut-être. Cette porte qui claque à la fin du drame fit scandale à l’époque et continue, aujourd’hui encore, de résonner à nos consciences. Cette nouvelle traduction, au plus près de l’original, tente de ressaisir ce que fut l’apport rythmique d’Ibsen au théâtre : une écriture laconique, économe et précise, agencée comme un théorème. (Présentation de l’éditeur)

 

[FICHE LIVRE] — Peer Gynt, traduit du norvégien, annoté et présenté par Régis Boyer. [Paris], Éditions Flammarion, « GF », n°805, 1994, 340 pages.

Le fantasque, le hâbleur, le lâche mais séduisant Peer Gynt, tout droit sorti du folklore norvégien et immortalisé par Edvard Grieg, mène une vie insensée. Mauvais garçon, marchand d’esclaves ou prophète, riche ou manant, il parcourt le monde des trolls et le continent africain, rencontre le Vieux de Dovre, le fondeur de boutons et la femme en vert, rêve de gloire et de richesses, connaît l’échec et le malheur. Mais l’amour sauve Peer Gynt à la fin de cette luxuriante et mystérieuse fantaisie. (Présentation de l’éditeur)

Nouvelle traduction :

— Peer Gynt, traduit du norvégien par Marie Cardinal. [Arles], Éditions Actes Sud, 1996, 134 pages.

Nouvelle traduction :

[FICHE LIVRE] — Peer Gynt, traduit du norvégien par Eloi Recoing. [Arles], Éditions Actes Sud Papiers, 2005, 224 pages.

Nouvelle traduction :

[FICHE LIVRE] — Peer Gynt, traduit du norvégien par François Regnault. [Montreuil-sous-Bois, Seine-Saint-Denis], Éditions théâtrales, « Des classiques », 1997, 240 pages.

 [FICHE LIVRE] — Poèmes, traduits du norvégien et présentés par Régis Boyer. [Paris], Éditions des Belles lettres, « Classiques du Nord », 2006, 256 pages.

  — Quand nous nous réveillerons d’entre les morts, épilogue dramatique, traduit du norvégien par le comte Moritz Prozor. [Coeuvres-et-Valsery, Aisne], Éditions Ressouvenances, 2001, 134 pages.

RUBEK – Tu viendras, Irène ?

IRÈNE – Je viendrai sans faute. Attends-moi ici.

RUBEK (répète comme en rêve) – Une nuit sur la lande... avec toi... avec toi... (Leurs regards se rencontrent) Oh ! Irène... c’eût été la vie... et nous l’avons manquée... tous deux.

IRÈNE – L’irréparable ne nous apparaîtra que... (Elle s’interrompt subitement)

RUBEK (avec un regard interrogateur) – Que ? ...

IRÈNE – ... Quand nous nous réveillerons d’entre les morts.

RUBEK (secouant tristement la tête) – Et que verrons-nous alors ?

IRÈNE – Nous verrons que nous n’avons jamais vécu.

Nouvelle traduction :

[FICHE LIVRE] — Quand nous nous réveillons d’entre les morts, un épilogue dramatique en trois actes, traduit du norvégien par Eloi Recoing. [Arles], Éditions Actes Sud Papiers, 2005, 80 pages.

RUBEK – Oh ! Irène - la vie aurait pu être cela. - Et elle nous a glissé entre les doigts - à tous les deux.

IRÈNE – L’irrémédiable, nous le voyons seulement quand (Elle s’interrompt brusquement)

RUBEK (le regard interrogateur) – Quand ?

IRÈNE – Quand nous nous réveillons d’entre les morts.

RUBEK (hochant tristement la tête) – Oui, que voyons-nous, alors ?

IRÈNE – Nous voyons que nous n’avons jamais vécu.

Rubek, sculpteur renommé, est au point mort de sa vie et de son art. Dans une station balnéaire, il retrouve Irène, l'inspiratrice de l'œuvre qui l'a rendu célèbre : Le Jour de la Résurrection. Dès lors il délaisse sa femme Maja, libre de lui préférer la compagnie d’un chasseur d'ours. De son côté, Rubek tente de renouer avec sa muse et l'idéal de leur jeunesse. Une avalanche mettra fin à cette utopie. Oeuvre ultime en forme de parabole, Ibsen y entrelace la vie et la mort, montre la réversibilité de ces deux pôles. (Présentation de l'éditeur) 

[FICHE LIVRE] — Les Revenants, traduit du norvégien par Jean-Claude Buchard, Emilie Smadja, Nathalie Sultan. [Arles], Éditions Actes Sud Papiers, 1990, 2001, 64 pages. Publié à l’occasion de la mise en scène de Luc Bondy, l’ouvrage comporte un dossier réuni par Jean Torrent



Hélène Alving, mariée trop jeune à un notable alcoolique et débauché, cache les désordres de son époux à son entourage et plus particulièrement à son fils, Oswald, qu’elle a éloigné dès son plus jeune âge.

Nouvelle traduction :

— Les Revenants, traduit du norvégien par Jacqueline Cohen. [Paris], Éditions Les Cygnes, « Les inédits du 13 », 2007, 96 pages.

Est-il bon de révéler les secrets de famille ? Notre Bonheur peut-il éclore si nous laissons sous silence les zones d’ombre de notre passé ? Questions essentielles, intemporelles, auxquelles Ibsen propose une réponse dans cette œuvre troublante, qui fut interdite en Norvège. Pourquoi interdite ? Parce qu’elle dérange profondement, encore aujourd’hui. (Présentation de l’éditeur)

[FICHE LIVRE] — Rosmersholm, drame en quatre actes, traduit du norvégien par Eloi Recoing. [Arles], Éditions Actes Sud Papiers, 2009, 104 pages.

Rosmer, veuf depuis un an, a cessé ses fonctions de pasteur et s'est retiré dans le domaine familial : Rosmersholm. Rebekka, l'amie fidèle de son épouse disparue, vit toujours sous son toit, sans statut précis. Éprise d'idées progressistes, elle cherche à redonner confiance à Rosmer afin qu'il sorte de ce cadre conservateur. En quête d'affirmation de soi, il aspire à une vie nouvelle, mais ce lieu mortifère et des révélations sur le suicide de sa femme vont vite peser sur cette illusion. (Présentation de l’éditeur)

 

[FICHE LIVRE] — Le Constructeur Solness, traduit du norvégien par Eloi Recoing, Ruth Orthmann. [Arles], Éditions Actes Sud Papiers, 1994, 108 pages

Après l’incendie de sa maison et la mort de ses enfants, le constructeur Solness va-t-il être capable de revivre grâce à la jeunesse qui frappe à sa porte, comme un rêve? ...

Nouvelle traduction :

— Solness, le constructeur, adaptation de Hélène Hervieu et Sandrine Anglade, mise en scène de Sandrine Anglade. [Paris], L’Avant-scène théâtre, n°1147, 2003, 160 pages, illus.

Nouvelle traduction :

— Solness, le constructeur, mise en scène de Hans Peter Cloos. [Paris], L’Avant-scène théâtre, n°1286, 2010, 110 pages, illus.

Nouvelle traduction :

— Solness le Constructeur, adapté du norvégien par Gilbert Sigaux. [Paris], Éditions Gallimard, « Théâtre du monde entier », 1973, 104 pages, épuisé ; Éditions Gallimard, « Le Manteau d’Arlequin-Théâtre français et du monde entier », 2010, 104 pages.

Solness le Constructeur, pièce écrite en 1892, succède à Hedda Gabler dans la production d’Ibsen. Créée à Christiana (l’actuelle Oslo) l’année suivante, jouée ensuite dans les grandes capitales européennes, elle sera donnée en France pour la première fois par la troupe de l’Œuvre dirigée par Aurélien Lugné-Poe, au théâtre des Bouffes-du-Nord, le 2 avril 1894. Quelques mois plus tard, cette même troupe représentera la pièce devant l’auteur, à Christiana. Solness le Constructeur a connu de nombreuses reprises françaises, dont l’une des plus importantes fut celle de 1943, au théâtre des Mathurins, dans une mise en scène de Marcel Herrand, avec Jean Marchat, Madeleine Clervanne, Maria Casarès, Michel Auclair et Jacqueline Marbaux. En 2010, le théâtre Hébertot en donne une nouvelle production dans une mise en scène de Hans Peter Cloos, avec Jacques Weber dans le rôle-titre. Pièce réaliste et expressionniste tout à la fois, Solness le Constructeur semble faire écho au destin d’Ibsen lui-même, et se présente comme un bilan de sa propre carrière d’artiste. (Présentation de l’éditeur).

 

 

ÉDITIONS COLLECTIVES

[FICHE LIVRE] — Les Douze dernières pièces. Vol. 1., traduit du norvégien par Terje Sinding. [Paris], Imprimerie nationale, « Le Spectateur français », 1997, 2003, 384 pages.

[Contient : Les Piliers de la société - Maison de poupée - Les Revenants].

[FICHE LIVRE] — Les Douze dernières pièces. Vol. 2., traduit du norvégien par Terje Sinding. [Paris], Imprimerie nationale, « Le Spectateur français », 1991, 2003, 416 pages

[Contient : Un Ennemi du peuple - Le Canard sauvage - Rosmersholm].

[FICHE LIVRE] — Les Douze dernières pièces, Vol. 3., traduit du norvégien par Terje Sinding. [Paris], Imprimerie nationale, « Le Spectateur français », 1994, 400 pages.

[Contient : La Dame de la mer - Hedda Gabler - Solness le constructeur].

[FICHE LIVRE] — Les Douze dernières pièces, Vol. 4., traduit du norvégien par Terje Sinding. [Paris], Imprimerie nationale, « Le Spectateur français », 1993, 304 pages.

[Contient : Le Petit Eyolf - John Gabriel Borkman - Quand nous nous réveillerons d’entre les morts].

[FICHE LIVRE] — Drames contemporains, introduction de Michel Meyer ; présentation de Vigdis Ystad ; traductions de Moritz Prozor, Pierre Bertrand et Edmond de Nevers, evues sur le texte original par Karin Gundersen. [Paris], LGF, « Le Livre de poche. La Pochothèque », 2005, 1277 pages.

[Contient : Les Piliers de la société - Une maison de poupée - Les Revenants - Un ennemi du peuple - Le Canard sauvage - Rosmersholm - La Dame de la mer - Hedda Gabler - Solness le constructeur - Le Petit Eyolf - John Gabriel Borkman - Quand nous nous réveillerons d’entre les morts].

[FICHE LIVRE] — Théâtre, édition et traduction du norvégien par Régis Boyer. [Paris], Éditions Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », n°529, 2006, 1952 pages.

[Contient : Les Prétendants à la Couronne - Brand - Peer Gynt - La Ligue des jeunes - Empereur et Galiléen - Les Soutiens de la société - Une maison de poupée - Les Revenants - Un ennemi du peuple - La Cane sauvage - Rosmersholm - La Dame de la mer - Hedda Gabler - Solness le constructeur - Petit Eyolf - John Gabriel Borkman - Quand nous ressusciterons] .

Un siècle exactement après sa mort, le Norvégien Henrik Ibsen est considéré comme l’un des pionniers du théâtre moderne. Le temps ne semble pas avoir de prise sur lui, peut-être parce qu’il a soulevé des questions essentielles, sur la morale, la société, la famille, l’individu, l’humain en général, tout en laissant aux générations successives le soin d’y apporter les réponses qui leur conviennent. Les grands écrivains ont proclamé leur admiration pour son œuvre, et le jeune Joyce n’a pas hésité à apprendre les rudiments du norvégien pour lui dire, dans une lettre célèbre, à quel point son théâtre, « absolument indifférent aux canons officiels de l’art, de l’amitié et des mots d’ordre », comptait pour lui. Joyce ne se trompait pas en pointant la « résolution farouche » avec laquelle Ibsen cherchait à « arracher à la vie son secret ». Comment mener une « vie vraie » : la question est centrale dans le théâtre d’Ibsen, dont cette édition, composée de traductions nouvelles, propose l’essentiel : les dix-sept dernières pièces (sur un total de vingt-six), depuisLes Prétendants à la couronne, encore imprégnée de l’inspiration historique qui fut celle du jeune dramaturge lecteur de sagas, jusqu’à Quand nous ressusciterons, qui est en quelque sorte l’« épilogue dramatique » de l’œuvre, en passant par Peer Gynt, où s’accuse la rupture avec le romantisme, et par tous les chefs-d’œuvre dits « bourgeois ». Mais le qualificatif ne rend guère justice à ces tragédies du quotidien. Chez Ibsen, les fenêtres du salon donnent sur le fjord. La force et le mystère du paysage scandinave passent dans les caractères des créatures de celui qui fut (selon André Suarès) « le seul Rêveur, depuis Shakespeare ». (Présentation de l’éditeur)


ÉTUDES (ouvrages disponibles, par date de publication)

La liste est longue des écrivains et des psychanalyse qui ont parlé d’Ibsen et analysé l’une ou l’autre de ses pièces : Auden, Eliot, Joyce, James, Pound, Wilde, Yeats, Gide, Zola, Brecht, Hofmannsthal, Rilke, Hamsun, Strindberg, Savinio, Freud, Groddeck, Reich, Steckel, etc.

 [FICHE LIVRE] — Georg Brandes, Edvard Beyer, Henrik Ibsen. [Nantes], Éditions de L’Elan, 1991, 96 pages.

[Contient : un texte de Georg Brandes, extrait de Det nye aarhundrede (1906), traduit du norvégien par Signe Garling-Palmér ; un texte de Edvard Beyer, extrait de Norvège information, (1977), ainsi qu’un texte d’Ibsen Souvenirs d’enfance, traduit du norvégien par Pierre-Georget La Chesnais].

Avec plusieurs de ses œuvres traduites et jouées en France depuis quelques années, on peut affirmer que Henrik Ibsen reste d’actualité. Le but de ce petit ouvrage est de permettre une double vision du grand dramaturge norvégien. Un premier portrait a été réalisé sur le vif, puisqu’il a été écrit l’année même de la mort de l’auteur, par Georg Brandes, le célèbre critique danois, contemporain et ami de l’écrivain. Une seconde approche est faite par Edvard Beyer, professeur à l’Université d’Oslo, dont le texte retrace chronologiquement la vie et l’œuvre d’Ibsen. Entre ces deux essais, on retrouvera un court texte où l’auteur de Maison de poupée évoque quelques souvenirs de son enfance à Skien, sa ville natale. (Présentation de l’éditeur)

  — Philippe Caspar, Peer Gynt ou Le hâbleur. [Paris], Éditions de L’Harmattan, « Théâtre des 5 continents », 1995, 110 pages.

« Qui es-tu, Peer ? Je l’ignore. Qui peut te le révéler ? Personne ici. Ni nulle part au monde. Pas même en Norvège, ce pays retiré de tout... Oh si, en Norvège. Quelque part dans les collines vit une jeune fille aux tresses d’or. Comment s’appelle-t-elle encore ? Tout se met en mouvement. Plage, mer, dunes, astres, lune et montagnes. Tout se mêle. Folle confusion des choses, amalgame sordide des réalités. Indistinction de tout. Les formes se disloquent, les contours s’estompent, les visages se font tous hostiles. Ils grimacent comme des animaux. Cet hallucinant tournoiement du réel ne finira donc jamais. Tout m’aspire dans la folie !... Solveig... Solveig... »

Philippe Caspar (1953). Agrégé de l’Enseignement universitaire en Philosophie, Docteur en Médecine, Docteur ès Lettres (Louvain, Belgique). Auteur de nombreuses publications scientifiques, philosophiques et théologiques.

 Théâtre et destin. Sophocle, Shakespeare, Racine et Ibsen, édition Jean Bessière. [Paris], Éditions H. Champion, « Unichamp », n°60, 1997, 200 pages.

 [FICHE LIVRE] — « Ibsen », Europe, n°840. [Paris], 1999, 312 pages.

 [FICHE LIVRE] — Alberto Savinio, Vie d’Henrik Ibsen, traduit de l’italien par François Bouchard. [Paris], Éditions Christian Bourgois, « Les Derniers mots », 1999.

« Qu’ai-je d’autre à dire, Henrik ? Ceux qui liront cette vie écrite de ma main diront qu’on y raconte peu de choses sur ta vie et qu’il y a ici beaucoup de divagations. Parce qu’ils ne savent pas. Ils ne savent pas que ces « divagations » sont en réalité les choses que tu m’avais promises de dire quand la mort t’a emporté et que j’ai pu enfin les dire avec mes propres moyens. »

Fausse biographie ? Transposition fantasmatique ? Alberto Savinio est plus fidèle l’esprit du grand dramaturge norvégien qu’il ne semble. Et il scrute, à travers l’extraordinaire loupe théâtrale que lui prête son illustre prédecesseur, une préoccupation majeure : les femmes, la femme, son mythe. Achevée en 1943, cette œuvre miniature est une œuvre majeure (Présentation de l’éditeur)

Publié en feuilleton dans la revue Film, en 1943.

 Hedda Gabler, Henrik Ibsen, dossier réalisé par Marion Ferry, Yves Steinmetz et François Regnault. [Futuroscope, Vienne], Éditions du CNDP, « Baccalauréat théâtre », n° 2002, 64 pages, illus.

  — Hans Heiberg, Henrik Ibsen (Henrik Ibsen, født til kunstner, 1968), traduit du norvégien par Elisabeth Lindell et Eric Guilleman, adaptation des poèmes par Bertrand Angleys. [Paris], Éditions Esprit Ouvert, 2003, 348 pages.

De Brand à Peer Gynt, d’Une maison de poupée à Hedda Gabler, en passant par Un ennemi du peuple et Les Revenants, Henrik Ibsen a profondément marqué l’histoire du théâtre. Et si son œuvre est parmi les plus jouées et les plus traduites dans le monde, c’est probablement parce qu’elle jette sur l’âme humaine un regard aussi lucide qu’impitoyable, aussi universel qu’implacable, ce qui n’étonnera personne, venant d’un homme qui considère qu’écrire, c’est « prononcer sur soi le jugement dernier ». Hans Heiberg nous propose ici un portrait vivant et détaillé de cet écrivain demeuré caché derrière son œuvre et, pour beaucoup de ses contemporains, impénétrable sous son « masque de sphynx ».

 [FICHE LIVRE]Le Tragique quotidien. Ibsen, Rosmersholm ; Maeterlinck, L’intruse et Intérieur ; Strindberg, La sonate des spectres ; Witkiewicz, Dans le petit manoir, par A. Ducrey, F. Toudoire-Surlapierre, F. van de Kerckhove et al. [Neuilly-sur-Seine, Hauts-de-Seine], Éditions Atlande, « Clefs concours. Littérature comparée », 2005, 320 pages.

 [FICHE LIVRE]Le Théâtre de l’Œuvre, 1893-1900. Naissance du théâtre moderne, sous la direction de Isabelle Cahn. [Milan], Éditions 5 continents / [Paris], Éditions du Musée d’Orsay, 2005, 160 pages, illus.

 [FICHE LIVRE] — Jacques De Decker, Ibsen. [Paris], Éditions Gallimard, « Folio biographies », n°11, 2006, 220 p.-12 pl. d’illus.

« Pour moi, ce fut une question de droits de l’homme. Et si vous lisez mes livres attentivement vous vous en rendrez compte. Il est évidemment souhaitable de résoudre le problème des femmes, mais cela n’a pas été mon seul objet. Ma tâche a été de faire le portrait d’êtres humains. » (Henrik Ibsen)

 [FICHE LIVRE] — Lou Andreas-Salomé, Figures de femmes dans Ibsen. D’après six drames familiaux : Maison de poupée, Les Revenants, Le Canard sauvage, Rosmersholm, La Dame de la mer, Hedda Gabler, traduit de l’allemand, annoté et postfacé par Pascale Hummel. [Paris], Éditions Michel de Maule, 2007, 210 pages.

En 1892, Lou Andreas-Salomé publie Figures de femmes dans Ibsen, un des tout premiers essais consacrés de son vivant à l’œuvre du dramaturge Henrik Ibsen (1829-1906). L’ouvrage, qui mêle littérature, critique et poésie, fut vivement loué par la critique allemande de l’époque, qui salua sa finesse et sa pertinence. Dans ces pages, la femme de lettres germano-russe restitue avec une justesse époustouflante l’âme et le destin des héroïnes qui illuminent les six drames familiaux d’Ibsen (Nora, Helene Alving, Hedwig, Rebecca, Ellida et Hedda). En évoquant ses contemporaines imaginaires, c’est d’elle-même, et de toutes les femmes, que parle Lou Andreas-Salomé. (Présentation de l’éditeur)

 [FICHE LIVRE] — Françoise Decant, L’Écriture chez Henrik Ibsen. Accueil du réel et problématique paternelle, essai psychanalytique. [Toulouse], Éditions Erès / [Strasbourg], Éditions Arcanes, « Hypothèses », 2007, 210 pages.

Plus de vingt-cinq pièces de théâtre, de très nombreux poèmes, des articles sur le théâtre, l’œuvre d’Ibsen reste aujourd’hui souvent méconnue même si certaines de ses pièces sont régulièrement mises en scène. Pourtant dès leur parution, les écrits d’Ibsen déclenchèrent l’enthousiasme de ses contemporains et notamment de Freud et des analystes de sa génération, Rank, Ferenczi, Jung, Groddeck, Reich, Steckel, le pasteur Pfister, qui virent dans la dramaturgie du poète un théâtre de l’inconscient, susceptible d’éclairer les balbutiements de la psychanalyse. De son côté, Joyce apprit le norvégien pour lire Ibsen dans le texte. Cet ouvrage fait revivre les débats qui ont agité la communauté analytique du début du siècle autour de l’œuvre d’Ibsen et interroge la création littéraire au regard du symptôme. L’auteur montre qu’Ibsen a voué sa vie à tisser son symptôme, métaphorisation du Nom du Père, par le biais de son travail d’écriture conçu comme un savant nouage. (Présentation de l’éditeur)

 Actualité d’Ibsen. Le texte et la scène. Actes du colloque international (Sorbonne, 30 novembre et 1er décembre, 2006), études réunies par Marc Auchet et Jean-Pierre Sarrazac. Études germaniques, n°4, 2007. [Paris], Éditions Klincksieck / Didier-Erudition, 2008.

 [FICHE LIVRE] — Sylviane Agacinski, Drame des sexes. Ibsen, Strinberg, Bergman. [Paris], Éditions du Seuil, « La librairie du XXIe siècle », 2008, 212 pages.

Pourquoi le rapport entre les sexes est-il aussi dramatique ? Pourquoi, entre eux, le drame, toujours ? La question me poursuit depuis l’enfance. Suivant une vision théâtrale de l’homme et de la femme, il y a l’amour, il y a les conflits, les scènes, et l’issue fatale : le retournement du bonheur en malheur. Le rapport à l’autre sexe est-il nécessairement frappé d’une malédiction ? Les femmes en sont-elles les principales victimes, comme chez Ibsen, ou bien, comme chez Strindberg, le malheur frappe-t-il aussi les hommes ? Les deux, bien sûr, car c’est toujours de l’autre que vient le drame, comme dans le cinéma de Bergman. Pour ce grand metteur en scène du couple, rien n’est plus réel que l’amour, ce qui ne l’empêche pas de faire dire au diable, dans un de ses films : « Que serait l’enfer, sans le mariage ? » Le théâtre de la conjugalité ne se joue jamais d’un seul côté, il a lieu entre les deux. C’est le jeu entre les passions que donne à contempler le drame, sur la scène, laissant la parole aux deux parties. (Présentation de l’éditeur)

 [FICHE LIVRE]Registres, n°13. Théâtre et interdisciplinarité. [Paris], Presses Sorbonne nouvelle, 2008, 172 pages, illus.

[Contient : « Modernité d’Ibsen ». Dossier coordonné par Jean-Pierre Sarrazac ; Renaud Serraz, « Cher Henrik » ; Perrine Malinge, « Rencontrer Ibsen » ; Salomé Roth, Alice Zeniter, « Ibsen misanthrope ? » ; Nausicaa Giavarra, « Divine tragédie » ; Jonathan Châtel, « Que dire de la maladie d’Osvald ? » ; Jean-Pierre Sarrazac, « Quelques fins de partie. Quatre notes sur le drame-de la-vie »].

 

FILMOGRAPHIE

La filmographie est tout aussi imposante. Toutes les pièces ont été filmées au moins une fois ainsi que son poème épique Teje Vigen (V. Sjostrôm en 1916). Le record est atteint par Maison de poupée : une douzaine de versions depuis la première en 1915, avec l’année 1973 comme point culminant : deux adaptations en Angleterre, l’une de Joseph Losey avec Jane Fonda et Delphine Seyrig, l’autre de Patrick Garland avec Claire Bloom.


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  • Une rentrée littéraire

    524 romans dont 336 français et 188 étrangers sont attendus en librairie entre la mi-août et la fin octobre pour la rentrée littéraire la plus resserrée depuis 20 ans. A cette occasion, nous vous proposons un petit tour d’horizon des livres qui ont déjà retenu notre attention et qui pour certains se trouveront dès la fin de l’été sur notre table conseils.

    28 août 2019

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