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HAMSUN, Knut

[NORVÈGE] (Garmostraeet, près de Lom, 1859 – Nørholm, près de Grimstad, 1952). Pseudonyme de Knut Petersen. Issu d’une famille de paysans démunis, après avoir exercé cent métiers tant en Norvège qu’aux États-Unis, il acquit la célébrité avec son premier roman La Faim. Ce fut le départ d’une longue carrière littéraire qui compte quelques chefs-d’œuvre, tous traduits en français avant la guerre et réimprimés, pour la plupart, dans de nouvelles traductions, depuis une quinzaine d’années par les éditions Calmann-Lévy. « Hamsun connaît une évolution nette à partir de 1918, mais déjà perceptible avec Les fruits de la terre, en 1916, roman qui lui vaut le prix Nobel en 1920, où il chante la glèbe, le travail rural, la vie à la campagne. Disciple de Dostoïevski et de Nietzsche, il passe de l’exaltation des forces instinctives, des êtres indépendants que sont ses héros, vagabonds et rebelles, à un individualisme de plus en plus pessimiste. Sympathisant avec les mouvements fascistes, réactionnaire (il vitupère l’intellectualisme et l’art moderne par exemple), il est alors amené à soutenir les nazis à partir de 1933 et à collaborer avec Quisling lors de l’invasion de la Norvège par les armées nazies » (Lionel Richard, Magazine Littéraire, novembre 1980). Le 7 mai 1945, dans un journal qui parut juste avant la capitulation des Allemands, il écrivit un article nécrologique sur Hitler. Cette position lui vaut d’être arrêté en mai 1945 (assigné à résidence, puis hospitalisé, puis transféré dans un asile de vieillards et dans une clinique psychiatrique). En 1948, il est condamné à une très forte amende qu’il arrive à payer mais qui le ruine. Il rédigea, au cours de ces années, des notes dans lesquelles il relate ses souvenirs et se justifie; publiées en 1949, sous le titre Sur les sentiers où l’herbe repousse.


ANTHOLOGIES / REVUES

* « La Norvège littéraire », essai, dans la Revue des Revues, octobre et novembre 1893.

* « Sur les bancs de Terre-Neuve », nouvelle traduite du norvégien par Jean de Néthy, dans la Revue blanche, 1893 / rééditions dans Nouvelles scandinaves, Nilsson/Langen, 1894 et dans Scherzo, n°20-21-22, octobre 2004.

* « Mystères », nouvelle traduite du norvégien par Jean de Néthy, dans Nouvelles scandinaves, Nilsson/Langen, 1894.

* « Les trois nuits de fer », nouvelle traduite du norvégien par Léon Matthey, dans la Revue blanche, 1895.

* « Un hiver en forêt », nouvelle traduite du norvégien par Alzir Hella, dans Il était une fois 80 contes…, Gründ, 1947.

* « Patron Rejersen de “ L’Étoile du sud ” », nouvelle traduite du norvégien par Alzir Hella et Olivier Bournac, dans Nouvel âge, 1931 / réédition dans De Christiana à Oslo, L’Élan, 1991.

* « La dame du Tivoli », nouvelle tirée du recueil Siesta (1897), traduite du norvégien par Bernard-Olivier Lancelot et Éric Eydoux, dans Écrivains de Norvège, Amiot-Lenganey, 1991.

* « Une révolution de rue » et « Un peu de Paris », traduit par du norvégien Régis Boyer, dans Présence de Knut Hamsun, Presses Universitaires de Nancy, 1994.


LIVRES (Traductions)

/ — L’Homme secret. Une histoire d’amour du Norland (Den Gaadefulle, 1877), traduit du norvégien par Pierre Grouix ; préface de Régis Boyer. [Soisy-sur-Seine, Essonne], Éditions Edinter / [Cordes-sur-ciel, Tarn], Éditions Raphaël de Surtis, 2005, 68 pages.

« Le matin éclata. Le soleil brillait si joliment. Des centaines de petits oiseaux peuplaient les arbres de leurs chants. Le soleil était très brillant, très bleu. Pas un seul souffle de vent n’agitait les feuilles. Au beau milieu du calme de la nature, deux amoureux étaient assis au bord de la petite rivière au pied d’Aabaken. Rolf et Rønnaug. Ils s’étaient levés de bonne heure et, lorsqu’ils virent que le temps était si beau, le soleil si chaud, il leur fallut se rendre au dehors pour admirer ce beau matin. Ole Aae les avait vus, lui qui avait suffisamment dit que Rolf voulait "débaucher Rønnaug". Mais ce n’était pas l’effet du hasard. Les mains puissantes de la Providence les avaient conduits ensemble au bord de cette petite rivière. C’est là qu’ils se tenaient assis. Rolf resplendissait de bonheur parce qu’il pouvait tenir son trésor chéri sur ses genoux. À ses côtés, Rønnaug était totalement ravie par la nature, mais surtout par la grâce de Rolf, ravie de pouvoir posséder l’objet précieux qu’elle aimait. »

Cette histoire d’amour dans le Nordland, écrite à l’âge de dix-huit ans, raconte l’amour de deux jeunes gens qui se rapprochent mais qui n’osent pas s’avouer leurs sentiments. (Présentation de l’éditeur)

La Vie culturelle de l’Amérique (Fra det moderne Amerikas Aandsliv, 1889), essai, traduit du norvégien par Denise Bernard-Folliot et Alain-Pierre Guilhon ; préface de Gilles Lapouge. [Langres], Éditions Café Clima, 1985, 192 pages, épuisé.

Sur les bancs de Terre-Neuve, nouvelle traduite du norvégien par Régis Boyer ; frontispice Robert Chemin. [Rouen], Librairie Elisabeth Brunet, 1995, 18 pages, épuisé.

A mi-chemin entre la nouvelle et le journal de bord imaginaire, un tableau, immobile jusqu’au malaise, de l’existence quotidienne d’un équipage cosmopolite de marins pêcheurs. Seul fait remarquable, la présence à bord de la femme du patron, muette et sale, mais obsédant tous les esprits.

La Faim (Sult, 1890), roman, traduit du norvégien par Edmond Bayle. Éditions Albert Langen, 1895, 322 pages, épuisé.

* Nouvelle traduction :

La Faim, traduit du norvégien par Georges Sautreau ; introduction d’Octave Mirbeau ; préface d’André Gide. [Paris], Éditions Rieder, « Prosateurs étrangers modernes », 1926, 294 pages, épuisé.

* Rééditions :

La Faim, illustrations de Paul Bour. [Paris], Éditions Henri Jonquières, « Les beaux romans » 21, 1928, IV-298 pages, épuisé ; Éditions Universitaires, « Terres et regards » 3, 1943, 224 pages, épuisé ; Club Français du livre, « Roman » 77, 1950, V-270 pages, épuisé ; Éditions Terre des hommes, 1950, 250 pages, épuisé ; [Monaco], Éditions A. Sauret, « Les douze meilleurs romans étrangers », 1956, 288 pages, épuisé ; La Guilde du livre, 1961, 232 pages, épuisé ; [Paris], Presses Universitaires de France, « Le quadrige d’Apollon », 1961, 210 pages, épuisé ; illustrations de Georges Lambert. [Paris], Éditions Rombaldi, « Les prix Nobel de littérature », 1961, 268 pages, épuisé ; [Paris], LGF (Librairie Générale Française), « Le livre de poche » n°3426, 1972, épuisé.

[FICHE LIVRE] — La Faim, traduit du norvégien par Georges Sautreau ; introduction d’Octave Mirbeau ; préface d’André Gide. [Paris], LGF (Librairie Générale Française), « Le livre de poche. Biblio » n°3118, 1989, 2009, 288 pages.

« On tourne les feuillets de ce livre étrange. Au bout de peu de temps on a des larmes et du sang plein les doigts, plein le cœur. [...] La faim est le sujet même du livre avec tous les troubles intellectuels qu’entraîne une inanition prolongée. C’est moins un héros de roman qu’un cas de clinique. » (André Gide)

* Nouvelle traduction sous le titre :

[FICHE LIVRE]Faim, traduit du norvégien par Régis Boyer. [Paris], Presses universitaires de France (PUF), « Quadrige. Grands textes », n°26, 1994, 2006, XI-182 pages.

« La seule chose qui me gênât un peu, c’était, malgré mon dégoût de la nourriture, la faim quand même. Je commençais à me sentir de nouveau un appétit scandaleux, une profonde et féroce envie de manger qui croissait et croissait sans cesse. Elle me rongeait impitoyablement la poitrine ; un travail silencieux, étrange, se faisait là-dedans. »

Cette nouvelle traduction de Régis Boyer reprend la préface d’André Gide, publiée dans la précédente édition. L’un comme l’autre reconnaisse le génie de cet inconnu, auteur d’un premier roman dont l’écriture, rompant avec toutes les règles habituelles du romanesque, se révélera d’une prodigieuse fécondité. Le héros de ce livre, sans doute proche de Hamsun lui-même, se trouve dans un état permanent de faim qu’il semble entretenir avec délectation, car il éprouve alors des sensations inconnues, se permet toutes les audaces allant jusqu’à sublimer sa condition marginale. Tout devient possible dans cette entreprise quasi-mystique de recherche de sa vérité. (Présentation de l’éditeur)

Mystères (Mysterier, 1892), roman, traduit du norvégien par Georges Sautreau. [Paris], Éditions Rieder, « Prosateurs étrangers modernes », 1932, 414 pages, épuisé.

* Nouvelle traduction :

Mystères, traduit du norvégien par Ingunn et Alain-Pierre Guilhon ; préface de Henry Miller. [Paris], Éditions Calmann-Lévy, « Traduit de », 1975, 280 pages, épuisé.

* Rééditions :

Mystères. [Paris], LGF (Librairie Générale Française), « Le livre de poche » n°5142 », 1978, 320 pages, épuisé ; [Paris], Éditions « Presses Pocket » n°2646, 1986, 288 pages, épuisé ; [Paris], LGF (Librairie Générale Française), « Le livre de poche. Biblio » n°3166, 1991, 320 pages, épuisé.

[FICHE LIVRE]Mystères. [Landes], Éditions Gaïa, 2010, 324 pages.

« Au milieu de l’été dernier, une petite ville de la côte norvégienne fut le théâtre d’événements tout à fait insolites. Un étranger arriva, un certain Nage ! charlatan étrange et singulier, qui fit nombre d’extravagances, avant de repartir aussi subitement qu’il était venu. » Ainsi s’ouvre cet étonnant roman de Knut Hamsun. Un simple rai de lumière, un parfum nouveau, une soudaine impulsion ou un seul mot suffisent pour que tourne le kaléidoscope des multiples personnalités de Nagel. Endossant l’une puis l’autre avec l’habileté d’un gymnaste et une candeur tout enfantine, sa conduite et ses propos fascinent, mais suscitent aussi le trouble et les regards obliques que l’on réserve aux plus fous d’entre nous. Comme le soulignait Henry Miller au sujet du personnage, au-delà des apparences « c’est là un homme qui aime, un homme qui aime l’amour, et qui est condamné à ne jamais rencontrer une âme accordée à la sienne. » (Présentation de l’éditeur)

Pan (Pan, 1894), roman, traduit du norvégien par Martine Rémusat. [Paris], Éditions de La Revue Blanche, 1901, 306 pages, épuisé ; Réédition : [Paris], Éditions Au Sans-Pareil, 1924, 218 pages, épuisé.

* Nouvelle traduction :

Pan. D’après les papiers du lieutenant Thomas Glahn, traduit du norvégien par Georges Sautreau. [Paris], Éditions Rieder, « Prosateurs étrangers modernes », 1932, 256 pages, épuisé.

* Rééditions :

Pan. [Paris], Éditions P. J. Oswald, « La source de la liberté ou la solution intégrale » 4, 1972, 172 pages, épuisé ; Éditions P. J. Oswald, 1976, 256 pages, épuisé ; [Paris], Éditions Presses Pocket, « Pocket » n°2752, 1987, 182 pages, épuisé.

[FICHE LIVRE]Pan, illustrations de Haakon Gullvaag. [Paris], Éditions Calmann-Lévy, 1985, 264 pages, épuisé.

[FICHE LIVRE]Pan, édition de Régis Boyer. [Paris], LGF (Librairie Générale Française), « Le livre de poche. Biblio » n°3274, 1997, 2009, 160 pages.

« Tu erres ici et consumes ta vie pour une chétive écolière et tes nuits sont pleines de rêves désolés. Et un air étouffant stagne autour de ta tête, un air empesté d’antan. Cependant qu’au ciel frissonne le plus merveilleux des bleus et que les montagnes appellent. Viens, Esope, ohé ! »

Pan est, après La Faim, le second et incontestable chef-d’œuvre de Knut Hamsun. Glahn est chasseur, fils de la forêt, ermite vivant dans une hutte avec son chien pour toute compagnie. Il est débusqué, pourchassé par une jeune fille, l’androgyne Edvarda, qui n’a de cesse qu’il ne tombe à ses genoux, esclave d’amour à perpétuité... Dans la lumière de l’été du Nordland, l’ombre d’Edvarda, souveraine et fantasque, plane sur la vie, les jours, les pensées de Glahn, l’orgueilleux devenu pantin, qui, dans un sursaut de révolte, prend à son tour une esclave d’amour, Eva, la servante, éperdue de tendresse pour l’égaré. (Présentation de l’éditeur)

Au seuil du royaume (Ved rikets port, 1895), théâtre, traduit du norvégien par F. de Spengler et Pierre-Jean Jouve. Les Cahiers dramatiques, 2e année, n°22, 1924, 44 pages, épuisé.

[FICHE LIVRE]La Trilogie. Aux portes du royaume ; Le Jeu de la vie ; Crépuscule (Ved rikets port, 1895 ; Livets spil, 1896 ; Aftenröde, 1898), théâtre, traduit du norvégien et adapté par Catherine d’At et Karin Meland. [Arles], Éditions Actes Sud, « Papiers », 2001, 206 pages.

Au fil des trois pièces qui se déroulent comme autant de jalons majeurs dans sa vie, Ivar Kareno perd sa femme, son argent, l’amour, puis ses convictions, auxquelles il avait pourtant beaucoup sacrifié. (Présentation de l’éditeur)

[FICHE LIVRE] Esclaves de l’amour, nouvelles, tirées des recueils Siesta (1897), Kratskog (1903) et Stridende liv (1905), traduites du norvégien par Régis Boyer. [Paris], Éditions Calmann-Lévy, « Traduit de », 1986, 280 pages. 

 

Réédition :

— Esclaves de l’amour. [Paris], Éditions « Presses Pocket », 1989, 280 pages, épuisé ; [Paris], LGF (Librairie Générale Française), « Le livre de poche. Biblio », n°3103, 1991, 288 pages, épuisé.

[Contient : « Esclaves de l’amour », « Le conquérant », « La dame du Tivoli », « Victoire de femme », « Un fieffé gredin », « Zachaeus », « Une mouche tout à fait banale, de taille moyenne », « Un fantôme », « Petite ville », « La voix de la vie », « La reine de Saba », « À Blånandsø », « Par le doux été », « Jours de vagabondage »].

« Toutes les facettes du multiple génie de Knut Hamsim se trouvent éclairées dans ce choix de nouvelles extraites des trois recueils qu’il publia entre 1897 et 1905 : son infime tendresse dans l’analyse des amours malheureuses d’adolescents ou de jeunes gens plus épris de leur propre passion que de l’Autre, ses satires ironiques et feutrées de la bêtise humaine en milieu petit bourgeois et surtout à travers de possibles souvenirs personnels, ses esquisses de ce qui restera son personnage inoubliable, le vagabond au grand cœur qu’une irrépressible passion de la liberté, un sens impénitent de la légende et une connivence innée avec le rêve écartent à jamais de toute stabilité.

S’y ajoute ce qui reste sa marque inimitable cette voix de conteur inlassable qui s’entend magistralement à captiver l’attention du lecteur à partir indifféremment d’incidents insignifiants (« Une mouche tout à fait banale, de taille moyenne »), ou de ces histoires tragiques d’amour et de mort (« À Blånandsø ») dont il fera, par la suite, les grands chefs-d’œuvre de sa maturité. On retiendra surtout, peut-être, ces merveilles que sont les nouvelles ou la force de la fiction complaisamment entretenue aux dépens de toute vraisemblance (« La Dame du Tivoli », « Un fieffé gredin ») finit par l’emporter sur le bon sens : ici, vraiment, la Parole s’est faite Création. » (Régis Boyer)

 

— Victoria (Victoria, 1898), roman, traduit du norvégien par Sigrid R. Peyronnet. [Paris], Éditions Rieder, « Prosateurs étrangers modernes », 1920, 230 pages, épuisé.

[Contient : « Victoria », « Zachée », « Une tournée de conférences »].

Nouvelle traduction :

— Victoria (Victoria, 1898), roman, traduit du norvégien par Ingunn Ferrerre, Alain-Pierre Guilhon. [Paris], Éditions Calmann-Lévy, 1977, 192 pages, épuisé.

Rééditions :

— Victoria [Paris], LGF (Librairie Générale Française), « Le livre de poche », 1980, 160 pages, épuisé ; édition de Régis Boyer ; LGF (Librairie Générale Française), « Le livre de poche. Biblio », n°3180, 1992, 160 pages, épuisé.

 

— Victoria. [Paris], Éditions Flammarion, « G.F. », n°422, 1984, 2008, 192 pages.

[FICHE LIVRE] — Victoria. [Landes], Gaïa, 2010, 128 pages.

Elle est la fille du châtelain ; il est le fils du meunier. Ils s’aiment et tout les sépare, leur famille comme leur statut social. Dans une Norvège petite-bourgeoise et piétiste, deux êtres s’aiment et se déchirent sous le joug de leur indomptable orgueil. Traversé de rêveries exaltantes, ce roman d’un amour impossible fut écrit en 1898. Knut Hamsun y dresse un portrait splendide et cruel d’amants romantiques dévorés par le malheur d’aimer. (Présentation de l’éditeur)

— Au pays des contes. Choses rêvées et choses vécues en Caucasie. (I Æventyrland [Un pays de rêves], 1903), récit de voyage, traduit du norvégien par Sigrid R. Peyronnet. [Paris], Éditions Rieder, « Prosateurs étrangers modernes », 1923, 256 pages, épuisé.

 

Réédition :

[FICHE LIVRE] — Au pays des contes. [Paris], Éditions Grasset, « Cahiers rouges » n°301, 2000, 2010, 256 pages.

Au pays des contes aurait pu s’intituler « Les Tribulations d’un Nordique en Russie ». De Moscou à Bakou, c’est un périple fantaisiste, en chemin de fer et à cheval, dans le Caucase d’il y a un siècle. Rien n’échappe au narrateur, ni les troupeaux, ni les grands espaces, ni l’accoutrement des femmes Tatars... La moindre anecdote (une montre obscène, des petits vendeurs de cristaux) lui saute aux yeux - des yeux malicieux car le voyageur ne se départit jamais d’une joyeuse ironie. Il joue avec les décors et le lecteur, bascule au détour d’une page, à la faveur d’une fièvre, dans des tableaux oniriques à la limité du délire, respectant le cahier des charges du sous-titre : Choses rêvées et choses vécues en Caucasie. Ce récit mouvant part donc dans tous les sens, bifurquant même vers un petit essai critique sur les mérites de Tourgueniev, Dostoïevski et Tolstoï. En fait Hamsun exploite les qualités qu’il prête au peuple russe : « spontanéité », « faculté de déraillement », « aptitude à l’absurde »... C’est drôle, alerte, vif, écrit au présent. Ce livre déroutant fait miroiter tous les talents, toute la verve d’un grand écrivain. (Présentation de l’éditeur)

 

— Rêveurs (Svœrmere, 1904), roman, traduit du norvégien par Georges Sautreau. [Paris], Éditions Kra, « Carnets littéraires. Série cosmopolite », 1927, 210 pages, épuisé.

Nouvelle traduction :

[FICHE LIVRE] — Rêveurs, traduit du norvégien par Régis Boyer. [Paris], Éditions Calmann-Lévy, « Traduit de », 1988, 168 pages.

Réédition :

— Rêveurs. [Paris], Éditions du Seuil, « Points », 2008, 136 pages, épuisé.

« Ah ! Rolandsen espérait si facilement, il prenait feu pour un rien. Mais il était de trempe à supporter les déceptions aussi, il n’y avait pas à dire, il était raide et fier, il ne cédait pas. »

Avec Rêveurs, nous faisons connaissance avec Ove Rolandsen, frère d’âme de Johan Nagel de Mystères, de Thomas Glahn de Pan. Comme eux il est fantasque, inventif, imprévisible et surtout rêveur. Comme eux, il est accordé à la nature et au rythme des saisons. Il est épris de l’amour et fasciné par les femmes, que ce soit la toute jeune Olga ou sa fiancée, la gouvernante, personne de tête, ou l’épouse du pasteur qui, par certains côtés, ressemble à Ove. Mais ce sera devant la fille de Mack, le grand commerçant, qu’il perdra la tête, et peut-être ne sera-t-elle pas insensible à ce diable d’homme, sauvage, hâbleur, bagarreur et musicien. Mack, le seigneur des lieux, personnage plus familier dans le monde hamsunien, inquiet de sa réputation d’homme riche, n’hésitera pas à récompenser le voleur de son coffre, à condition qu’il avoue son forfait, montrant ainsi sa puissance et sa grandeur d’esprit. Ce qui fait deRêveurs un roman à part, c’est l’aspect souriant, la bonhomie, l’humour. C’est sans doute ce qui rend Rolandsen si sympathique, car s’il va jusqu’au bout de ses calculs matériels et sentimentaux, il se prendra sans le vouloir à leurs pièges. Il s’est joué la comédie de la grandeur et de la passion fatale, il a perdu, mais nous y gagnons un chef-d’œuvre au pastel. (Présentation de l’éditeur)

 

— Sous l’étoile d’automne (Under høststjœrnen, 1906), roman, traduit du norvégien par Georges Sautreau. [Paris], Éditions Rieder, « Prosateurs étrangers modernes », 1928, 246 pages, épuisé.

Nouvelle traduction :

— Sous l’étoile d’automne, traduit du norvégien par Régis Boyer. [Paris], Éditions Calmann-Lévy, « Traduit de », 1978, 224 pages.

Réédition :

[FICHE LIVRE] — Sous l’étoile d’automne, présentation de Linda Lé. [Paris], LGF (Librairie Générale Française), « Le livre de poche. Biblio », n°3009, 1982, 160 pages.

Sous l’étoile d’automne est le premier de trois romans dont le héros, Knut Pedersen – qui porte le nom véritable de Knut Hamsun – est un vagabond en quête de paix intérieure, jaloux d’indépendance et de liberté. La grande nature du Nord, avec sa faune et sa flore profuses, l’éclat de sa lumière irréelle et transfiguratrice, l’immensité de ses étendues comme inviolées où règnent en maîtres le roc, l’arbre et l’eau, fournit aux songeries inlassables de l’éternel passant un cadre à la mesure de sa sensibilité exacerbée. Mais, si l’instable chemine sans trêve, au rythme lent de romans dont le tempo, le vocabulaire, les répétitions s’accordent à la pesante progression de la marche, c’est avant tout pour fuir une invincible tentation d’amour idéal, jamais avouée autrement que par allusions obscures et gestes d’offrandes maladroits : de la jolie demoiselle du presbytère à la belle Mme Falkenberg d’Övrebö, en passant par la petite Olga, ce cœur à donner ne fait que s’immoler vainement, pour un élan de tendresse enfin avouée, pour une parole attentive, un geste à peine esquissé. Le jeu subtil, à peine exprimable, de ces élans retenus, de ces demi-aveux, de ces dons menus où se lit toute la souffrance de passions presque ineffables constitue la trame profonde d’un récit qui, de la sorte, échappe à toute analyse trop anecdotique, dilue la temporalité pour n’en privilégier que quelques temps forts. On songe à Dostoïevski qu’admirait Hamsun, à Thomas Hardy, à Virginia Woolf ou à quelques-unes des grandes sagas islandaises d’autrefois : œuvres dont la pudeur est la règle d’or, où tout est à lire sur palimpseste. Chez Hamsun, par excellence, l’essentiel est ce qui n’est pas dit, ne se saurait dire, et le véritable vagabondage est alors la quête, par les voies de l’amour, d’un être à la recherche de ce qui, en lui, reste enfoui dans les profondeurs de l’inconscient. » (Régis Boyer)

— Benoni (Benoni, 1908), roman, traduit du norvégien par Georges Sautreau. [Paris], Éditions Rieder, « Prosateurs étrangers modernes », 1930, 298 pages, épuisé.

Nouvelle traduction :

— Benoni, roman, traduit du norvégien par Régis Boyer. [Paris], Éditions Calmann-Lévy, « Traduit de », 1980, 250 pages, épuisé.

Réédition :

[FICHE LIVRE] — Benoni. [Paris], Éditions Gallimard, « Folio », n°2648 », 1994, 288 pages.

Benoni est le premier volet d’un diptyque qui tient une place à part dans l’œuvre de Knut Hamsun. Sans doute y retrouve-t-on la grande nature du Nordland, ses forêts, sa faune et sa flore, la mer, les nuits translucides de ses étés, la pesanteur de ses journées d’hiver; de même y renoue-t-on connaissance avec un type d’analyse psychologique qui a fait école depuis, où tout n’est que suggéré par approches de biais, demi-teintes, gestes ébauchés et retenus, élans du cœur arrêtés d’une parole. Cependant, Knut Hamsun y aborde de front, pour la première fois, ce qui deviendra une des préoccupations majeures de toute son œuvre, un des problèmes essentiels aussi de la société scandinave : l’affrontement entre une culture rurale traditionnelle avec son éthique et ses valeurs typiques, et le monde de la ville, le capitalisme, l’argent. En second lieu, si l’amour joue, ici comme dans les autres romans hamsuniens, un rôle de premier plan, c’est en un camaïeu de gris qui a quelque chose de poignant dans son mélancolique bilan d’échecs et de ratés. Violence ou timidité, cynisme ou naïveté, mépris ou sensualité, rien ne paraît devoir triompher d’obstacles insurmontables jamais dits, qui font de ce livre un lamento pudique et feutré. Enfin, en bon Scandinave conscient des très lointains tropismes de son peuple, Hamsun a mis en scène ici, plus clairement que nulle part ailleurs, le seul vrai personnage de son œuvre, ce Destin inexorable et fantasque qui se plaît cruellement à flétrir les corps comme il ride les cœurs. (Présentation de l’éditeur)


Rosa. D’après les papiers de l’étudiant Parelius (Rosa, 1908), roman, traduit du norvégien par Georges Sautreau. [Paris], Éditions Rieder, « Prosateurs étrangers modernes », 1930, 236 pages, épuisé.

* Nouvelle traduction :

Rosa, roman, traduit du norvégien par Régis Boyer. [Paris], Éditions Calmann-Lévy, « Traduit de », 1980, 204 pages, épuisé.

* Réédition :

[FICHE LIVRE]Rosa. [Paris], Éditions Gallimard, « Folio », n°2694, 1995, 246 pages.

« Nous retrouvons, dans ce livre qui est la suite de Benoni l’étrange et pittoresque parvenu au grand cœur qu’est Benoni Hartvigsen, devenu le riche B. Hartwich. En lui se prolonge l’un des thèmes majeurs du diptyque : cette exécration de l’argent, né de la civilisation urbaine et qui tue lentement les antiques valeurs de la culture rurale. Nous suivons également les errements des mêmes personnages principaux : Mack, le fier seigneur, et la douce Rosa avec ses angoisses d’amour. Cependant l’optique a changé avec l’irruption de deux nouveaux héros : le rédacteur du roman, l’étudiant Parelius, et la « baronne », la fille de Mack, fantasque, bizarre et volontiers machiavélique. La baronne vit dans la hantise du souvenir du lieutenant Glahn, le beau chasseur sauvage de Pan. Elle est la face primitive et folle d’une réalité dont Rosa représenterait l’aspect antithétique raisonnable et civilisé, tout comme Parelius équilibre Glahn. Ce roman apporte un souffle nouveau dans l’œuvre de Knut Hamsun. En effet, derrière la diversité des personnages, s’impose l’obsédante présence de l’amour que l’on ne cesse de nous dire cruel. Dans ce monde frustré, la cruauté de l’amour confère à la vision de l’homme un tragique poignant, une intensité à la limite de l’étouffement, sur un fond de grisaille et d’angoisse qui finit par infuser à cet ouvrage une exceptionnelle et douce- amère gravité. » (Régis Boyer)

 Un vagabond joue en sourdine (En vandrer spiller med sordin, 1909), roman, traduit du norvégien par Georges Sautreau. [Paris], Éditions Rieder, « Prosateurs étrangers modernes », 1924, 1932, 256 pages, épuisé.

* Réédition :

Un vagabond joue en sourdine [Paris], Éditions La Bourdonnais, « Le Chef d’œuvre », 2e année, n°3, 1937, 48 pages, épuisé ; Éditions Universitaires, « Terres et regards » 1, 1943, 256 pages, épuisé.

* Nouvelle traduction :

— Un vagabond joue en sourdine, traduit du norvégien par Régis Boyer. [Paris], Éditions Calmann-Lévy, 1979, 200 pages.

* Réédition :

Un vagabond joue en sourdine [Paris], LGF (Librairie Générale Française), « Le livre de poche. Biblio », n°3032, 1983, 224 pages ; « Le livre de poche. Biblio Roman », n°3238, 1995, 2001, 192 pages, épuisé.

« Le vagabond qui, ici, ne joue plus qu’en sourdine parce qu’il a passé la cinquantaine et s’estime vieux, c’est le Knut Pedersen dont l’éternel voyage sentimental nous fut conté dans Sous l’étoile d’automne et que nous retrouverons une ultime fois dans La Dernière joie. Amoureux de l’amour autant que de la nature du Nord au printemps, il avait cru, un temps, pouvoir offrir son cœur à prendre à la belle Mme Falkenberg, d’Ovrebö. Il avait renoncé, mais l’aimantation était trop forte : le voici revenu vers l’unique inaccessible, dans l’humilité adorante et la passion de l’holocauste.

Mais la femme est imprévisible, inconstante et aveugle. A peine si elle pressent la délicate profondeur de la passion qu’elle suscite. Elle est toute à ce jeu cruel et dévastateur de l’amour possessif qui croit exaspérer la passion en provoquant la jalousie, sans voir que la véritable tendresse qui la sauverait de son irresponsabilité attend vainement dans l’ombre un signe, un regard, un sourire. Exercice dangereux, flamme menaçante à laquelle immanquablement les phalènes se brûlent. Symboliquement, la glace de la rivière cédera devant les ardeurs dispersées d’un feu follet qui ne put, ne sut purifier sa chaleur. Et la plume subtile de Knut Hamsun, au rythme lent, volontairement monotone, des battements d’un cœur attristé, parvient à merveille à rendre l’infime chassé-croisé des aveux retenus, des élans ébauchés, d’une pudeur infinie où tout, toujours, reste à dire. Œuvre tragique sans grandiloquence, constamment mesurée parce que l’essentiel est ineffable, mais dont l’intense pouvoir de suggestion ne se dément jamais. Œuvre qui refuse le désespoir aussi. Car à ce vagabond qui se croit un vieillard, à ce mal-aimé trop aimant, il reste la vie, simple et naturelle, accordé aux pulsations de la forêt, du torrent et de la montagne. Et « la simple grâce de recevoir la vie vous dédommage largement d’avance de toutes les misères de la vie, toutes sans exception ». (Régis Boyer)

 

— La Dernière joie (Den sidste glœde, 1912), roman, traduit du norvégien par Régis Boyer. [Paris], Éditions Calmann-Lévy, « Traduit de », 1979, 248 pages.

Réédition :

 

— La Dernière joie. [Paris], Éditions Gallimard, « Folio », n°2649, 1994, 304 pages, épuisé.

Voici les dernières errances de Knut Pedersen, le vagabond perpétuel que nous avons suivi de lieu en lieu et d’amour déçu en amour vain dans Sous l’étoile d’automne et Un vagabond joue en sourdine. Nous retrouvons dans ce troisième roman, inédit en français, ce qui fit le charme des deux premiers : la connivence instinctive avec la grande nature du Nord, ses forêts, ses animaux, ses ciels sans fond que multiplie l’eau des lacs et des rivières, que cernent les pics des montagnes redoutables où l’accident fatal vous guette. Et, de nouveau, voici la Femme, instable et fantasque, éperdue d’amour : de soi ? de l’autre ? qui le saura ? Une fois de plus, l’écriture épouse avec bonheur les intermittences du cœur et réussit à suggérer ce qui ne se peut dire.

 

Mais La Dernière joie se situe, dans l'œuvre de Knut Hamsun, à l'articulation exacte entre inspiration d'ordre psychologique et sentimental et préoccupations désormais orientées fortement par l'idéologie. On y pressent la montée de thèmes qui seront bientôt majeurs : refus de notre prétendue civilisation, détestation d'une culture qui coupe l'être humain de ses véritables racines, exécration de la masse, de la ville, anglophobie, et cette misogynie qu'il faut entendre bien plus comme un aveu de déception profonde (mais pouvait-il en aller autrement chez ce pèlerin de l'absolu en amour ?) que comme une réelle aversion. On prendra garde pourtant que ce pessimisme n’est pas irrémédiable. La « dernière joie » n’est qu'un trompe-l'œil. Elle est multiple, en vérité. Il n'est pas nécessaire de s'arrêter sur ses premières formulations : ce serait la solitude, loin des hommes, ou la mort. Elle est, en fait, tout entière dans la récompense suprême, un enfant qui est toute la vie, la vie renouvelée, recréée, infiniment porteuse de promesses. » (Régis Boyer)

 

— Enfants de l’époque (Børn af Tiden, 1913), roman, traduit du norvégien par Georges Sautreau. [Paris] Éditions Universitaires, « Terres et regards », 1944, 224 pages, épuisé.

Nouvelle traduction sous le titre :

[FICHE LIVRE] — Enfants de leur temps, traduit du norvégien par Régis Boyer. [Paris], Éditions Calmann-Lévy, « Traduit de », 1983, 272 pages.

« A qui est épris du personnage hamsunien, ce superbe roman propose, sur un fond de critique sociale et de rejet du modernisme qui ira s’amplifiant dans l’œuvre du futur Prix Nobel, deux « types » inoubliables. Tobias Holmengra, le parvenu de génie, incarne l’esprit utilitaire et cupide de l’ère nouvelle. Quant à Willatz Holmsen, troisième du nom, il assume le poids d’une vieille tradition aristocratique terrienne et représente l’ancienne culture du Nord. L’un et l’autre échappent à toute caractérisation tranchée. Car le premier est aussi un « roi de légende » et le second passe sa vie à éteindre en lui des passions « forcenées ». Enfants de leur temps ajoute également à l’extraordinaire galerie de héros hamsuniens l’image fantastique du lieutenant Holmsen, qui aura traversé les pires épreuves du destin, de l’esprit et du cœur, inaltérablement droit, dans un rêve sublime, dérisoire et fou. Knut Hamsun effectue ici une fascinante tentative, sur le mode allusif si cher au grand Norvégien, de suggérer le tragique de ces âmes scandinaves paralysées dès qu’il s’agit de communication des consciences, une poignante méditation sur l’impossibilité de l’amour vrai et, derrière la chronique d’un domaine du Nordland, une variation éblouissante sur le thème du rêve et de la transfiguration. » (Régis Boyer)

 [FICHE LIVRE] — La Ville de Segelfoss (Segelfoss by, 1915), roman, traduit du norvégien par Régis Boyer. [Paris], Éditions Calmann-Lévy, « Traduit de », 1984, 312 pages.

Réédition :

[FICHE LIVRE] — La Ville de Segelfoss [Paris], LGF (Librairie Générale Française), « Le livre de poche. Biblio romans », n°3258, 1996, 2010, 384 pages.

« Sur la scène de Segelfoss, petite ville dotée d’un château, d’une gazette, d’une boutique florissante, d’une minoterie sur le déclin et d’un théâtre ouvert dans un hangar à bateaux, s’agitent deux générations d’hommes, dont Hamsun raconte les vies minuscules. Au château survit un aristocrate, enfant prodige de la musique qui a perdu son talent en grandissant. Autour de la boutique s’affairent les bourgeois : parvenu ruiné, boutiquier prospère, homme de loi rapace. Tout au fond de la scène passe la masse indistincte des ouvriers, décrits comme un troupeau obtus, passif de nature, docile par intérêt. » (Linda Lê)

Chronique sociale mordante, accents de nostalgie à l’égard des grandeurs du passé, critique amère et désabusée du modernisme, La Ville de Segelfossest nourrie des grands thèmes qui ont toujours hanté l’imaginaire littéraire de Knut Hamsun. (Présentation de l’éditeur)

 — L’Éveil de la glèbe (Markens grøde [Les fruits de la terre], 1917), roman, traduit du norvégien par Jean Petithuguenin. [Paris], Éditions Flammarion, 1937, 414 pages, épuisé.

Rééditions :

[FICHE LIVRE] — L’Éveil de la glèbe [Paris], Éditions Calmann-Lévy, « Traduit de », 1992, 336 pages.

[FICHE LIVRE] — L’Éveil de la glèbe [Paris], LGF (Librairie Générale Française), « Le livre de poche. Biblio », n°3312, 1999, 320 pages.

Isak et Inger, prototypes de l’humanité, se rencontrent sur une lande désertée. Le domaine de Sellanraa, c’est le jardin d’Eden après la Chute. L’homme, Isak, y travaille inlassablement. Autour de lui, l’infanticide, le mensonge, la jalousie, la concupiscence, la cupidité, le progrès sont autant de tentations auxquelles succombent tour à tour sa femme, ses enfants, ses proches et ses ennemis. Isak, rivé à sa terre, n’a qu’un but : défricher. C’est à partir de cette métaphore que Knut Hamsun construit un roman de la rédemption, animé d’ailleurs d’un véritable souffle biblique. L’Eveil de la glèbe est aussi un formidable portrait de femme, Inger est à la fois la raison de vivre d’Isak et ce qui le menace radicalement. Inger est un principe d’épreuve : il lui faut vivre toutes les vies possibles avant de revenir vers celui qui n’aura pas changé.

« Inger a été sur la mer, elle a vécu à la ville : elle est chez elle à présent. Le monde est vaste, fourmillant de créatures, Inger n’est, dans ce fourmillement, qu’une créature humaine parmi d’autres, innombrables. Voici le soir ! » (Présentation de l’éditeur)

 [FICHE LIVRE] — Femmes à la fontaine (Konerne ved vandposten, 1920), roman, traduit du norvégien par Régis Boyer. [Paris], Éditions Calmann-Lévy, 1982, 348 pages.

« Au comble de la gloire, prix Nobel l’année même de la publication de Femmes à la fontaine (1920), Knut Hamsun écrit, avec ce grand roman social qui est l’un de ses plus hauts chefs-d’œuvre, un livre pessimiste et amer dont la mordante ironie n’épargne personne, riches ou pauvres, forts ou impotents, enfants ou vieillards, savants et artistes ou illettrés. Que l’on n’aille pas pour autant y voir le cri de rage du sexagénaire qui n’accepterait pas sa propre vieillesse. C’est à la forme moderne de la vie qu’il s’en prend, à la petite ville mesquine, sordide, étouffante, vide de cœur et d’âme, qui ne sait plus rien de la senteur des fleurs et de la chaleur du sang. Les femmes à la fontaine n’ont d’autre souci que de gloser la bêtise et la médiocrité d’un univers urbain où l’intérêt cupide, l’égoïsme triomphal, le soin de paraître et la peur du regard d’autrui ont tué toute vérité, toute humanité. Pourtant, cette œuvre grave, appelle, par excellence, une double lecture. Si Petra, la volage féconde, et Oliver, le mutilé cauteleux et hâbleur, y tiennent le haut du pavé, c’est parce qu’ils assurent, chacun à sa manière, la force immortelle de la vie primitive, contre toute fausse culture et prétendue civilisation. Ils sont l’éloquent défi à la mort que n’a cessé de lancer, son existence durant, le rude Norvégien, à sa manière indirecte et feutrée, ils incarnent un élan tellurique vital, contre toute morale apprise ou théorie creuse, qui perdure imperturbablement depuis l’aube des temps. S’ils sont réduits à cette abjection souvent dérisoire, ce n’est pas de leur faute : c’est, pour Knut Hamsun, parce que notre forme de vie sociale s’est coupée de l’amour de la vie profonde. (Régis Boyer)

 — Le Dernier chapitre (Siste Kapitel, 1923), roman, traduit du norvégien par Ingunn et Alain-Pierre Guilhon. [Paris], Éditions Calmann-Lévy, « Traduit de », 1976, 328 pages, épuisé.

Réédition :

— Le Dernier chapitre [Paris], LGF (Librairie Générale Française), « Le livre de poche », n°5585, 1981, 572 pages, épuisé.

Réédition sous le titre :

— Un air si pur… [Paris], LGF (Librairie Générale Française), « Le livre de poche », n°14359, 1997, 414 pages, épuisé.

  — Le Chœur sauvage (Vildt kor, 1927), édition bilingue, poèmes, traduits du néo-norvégien de Eva Sauvegrain et Pierre Grouix ; préface de Régis Boyer [Soisy-sur-Seine, Essonne], Éditions Editinter / [Cordes-sur-Ciel, Tarn], Éditions Raphaël de Surtis, 2010, 172 pages.

 — Vagabonds (Landstrykere, 1927), roman, traduit du norvégien par Jean Petithuguenin. [Paris], Éditions Grasset, « Romans étrangers », 1936, 446 pages, épuisé.

Rééditions :

— Vagabonds. Éditions C. Chabry, « Les grands romans étrangers », 1944, 434 pages, épuisé ; [Paris], LGF (Librairie Générale Française), « Le livre de poche », n°743-744, 1961, 500 pages, épuisé ; [Lausanne], Éditions Rencontre, « Bestsellers du monde entier », 1969, épuisé.

[FICHE LIVRE] — Vagabonds. Éditions Grasset, « Les Cahiers Rouges », n°53, 1986, 504 pages.

August a parcouru le monde. De retour dans son village, il raconte ses aventures mystérieuses. Il envoûte son ami Edevart, naïf au cœur pur, qui rêve de partir. Le drame du village se noue entre les sédentaires heureux de leur sort et ceux que l’inquiétude pousse à la découverte du monde. (Présentation de l’éditeur)

 — Auguste le marin (August, 1930), roman, traduit du norvégien par Marguerite Gay et Gerd de Mautort. [Paris], Club Français du Livre, 1954, 320 pages, épuisé.

Réédition :

 [FICHE LIVRE] — Auguste le marin [Paris], Éditions Calmann-Lévy, « Traduit de », 1991, 326 pages.

— Auguste le marin [Paris], LGF (Librairie Générale Française), « Le livre de poche. Biblio romans », n°3250, 1995, 320 pages, épuisé.

Auguste est, dans l’univers de Knut Hamsun, un de ces personnages récurrents, dont Henry Miller disait partager l’état d’esprit : « à une sorte de créature, de contrefaçon qui croyait être quelqu’un mais ne pouvait en fournir la moindre preuve. »

Après des années de voyage et d’errance, Auguste est de retour dans son village natal, le petit port de Polden. Confronté à la méfiance et au soupçon, au conformisme et à la frustration, Auguste provoque pour convaincre et sème la discorde pour rassembler les énergies. Auguste s’ennivre d’un rêve de gloire et de fortune. Ses aventures autour du monde ne l’ont pas assagi. Elles ne l’ont pas enrichi non plus. Après une pêche miraculeuse, Polden commence à prospérer. Les ambitions d’Auguste sont à la mesure des espaces qu’il a parcourus. Mais seules la ruine et la désolation viendront sceller ces grands projets. Auguste, criminel, devra repartir à la veille d’un ultime rebondissement qui fera la fortune du port de Polden. Au-delà du récit d’aventures admirablement rythmé, Auguste le marin apparaît comme une parabole messianique dans un monde sans Dieu. Auguste s’imagine être le Messie. Mais il est entouré d’hommes et de femmes de peu de foi. Multipliant les richesses de ses concitoyens, Auguste ne saura pourtant pas leur faire comprendre le sens de sa mission. Créature divine, il ne pourra jamais, cependant, en donner la preuve.

Auguste le marin est le deuxième volet d’une trilogie composée de Vagabonds et de Mais la vie continue(Présentation de l’éditeur)


 

[FICHE LIVRE]Mais la vie continue (Men livet lever [Mais la vie vit], 1933), roman, traduit du norvégien par Régis Boyer. [Paris], Éditions Calmann-Lévy, 1993, 388 pages.

* Réédition :

[FICHE LIVRE]Mais la vie continue [Paris], LGF (Librairie Générale Française), « Le livre de poche. Biblio romans », n°3340, 2000, 510 pages.

Troisième volet de la trilogie commencée consacrée au personnage messianique d’August (Vagabonds ; August le marin).

Dans la petite ville norvégienne de Segelfoss, perchée au-dessus de la mer, où il a trouvé refuge, on l’appelle Altmulig, c’est-à-dire celui à qui « tout est possible ». Cet homme, c’est August le marin, un vagabond mystérieux venu « du monde entieré, dit-il, plein de science et de savoir et qui connaît tous les métiers. Mais August dissimule obstinément sa vraie personnalité. Engagé par un fils de famille entreprenant, il devient son homme de confiance, aussi dévoué que sage. Héros récurrent de plusieurs récits de Knut Hamsun, August est sans doute l’un des plus beaux personnages de son œuvre. Il connaîtra dans ce roman une fin hallucinée. (Présentation de l’éditeur)

[FICHE LIVRE]Le Cercle s’est refermé (Ringen sluttet, 1936), roman, traduit du norvégien par Régis Boyer. [Paris], Éditions Calmann-Lévy, 1990, 330 pages.

Abel Brodersen est un être mystérieux – s’est-il marié aux États-Unis, a-t-il là-bas ? – et il le restera jusqu’à ce que l’on comprenne que s’il agit comme il le fait, c’est par indifférence (maître mot de ce livre), aux valeurs, aux ambitions qui motivent la conduite des autres. Tourneront autour de lui des femmes, la douce et volage Lili, l’inquiétante Lolla, la capricieuse Olga, mais en vain, car Brodersen est incapable d’avoir les réactions qu’elles cherchent à provoquer. Et s’il se fait gruger, voler, cela ne l’empêchera pas de vivre en accord avec ce qu’il est, quitte à devenir un hère méprisable aux yeux de cette société tant haïe par le prix Nobel.

Le personnage central du Cercle s’est refermé ne ressemble pas aux héros que l’on a rencontrés dans Pan ou Faim. Si l’on retrouve certains traits, les rêves échevelés, les amours fantasques ainsi que le mépris vis-à-vis de l’argent et de la nécessité d’avoir une situation pour être bien vu, ce livre prend le contre-pied de ceux qui l’ont précédé.  Portrait d’une époque, d’une région de la Norvège, il reste, grâce à Abel Brodersen, criant de modernité. Jamais encore l’auteur de Mystères n’avait porté aussi loin son regard ironique sans illusions sur la nature humaine, sur l’agitation forcenée des hommes ; jamais auparavant n’avait-il exprimé aussi totalement sa vision amère du monde, monde qu’il sentait l’avoir rejeté et dont il s’était exclu. (Présentation de l’éditeur)

[FICHE LIVRE]Sur les sentiers où l’herbe repousse (På gjengrodde Stier, 1949), mémoires, traduit du norvégien par Régis Boyer ; préface par Manès Sperber ; suivi de « Pour l’amour du Viking » par Régis Boyer. [Paris], Éditions Calmann-Lévy, 1981, 1994, 246 pages.

Le plus grand écrivain norvégien du XXe siècle, Knut Hamsun, Prix Nobel, un des maîtres du roman moderne, le créateur de quelques-uns des personnages les plus envoûtants que compte la littérature mondiale, s’est laissé, un temps, abuser par les horribles illusions du nazisme. Il l’a chèrement payé, car son pays s’est montré impitoyable pour lui après la guerre, le faisant interner en clinique psychiatrique, puis en asile de vieillards, l’humiliant, le ruinant. Or, cet homme est presque nonagénaire. N’importe qui, à sa place, serait définitivement brisé. Pas lui. Trois ans durant, il va s’acharner à se justifier ou, plus exactement ; tantôt avec ironie, tantôt avec colère, ici jouant le vieux, là retrouvant sa verve inlassable ; à accuser, à esquiver les problèmes. Il va même, éventuellement, expliquer, mais sans chercher à convaincre : les hauteurs où il respire ne sont à ses yeux pas accessibles aux bien-pensants et aux redresseurs de torts. Tout cela, il va l’écrire, sous le titre symbolique de Sur les sentiers où l’herbe repousse. Et c’est son chef-d’œuvre. D’instinct, par grâce, il retrouve le meilleur de lui-même, veine conteuse, génie de ressusciter le passé, création de son éternel personnage, humour primesautier, finesse percutante et l’incoercible jeunesse d’un cœur qui n’a jamais pu battre qu’au rythme de ses vingt ans. La vie, la force de vie, l’amour inconditionnel de toute vie éclatent à chaque page de ce chant du cygne d’une déchirante intensité. Il faut faire droit, plusieurs décennies après, l’Histoire ayant tourné la page, au cri du cœur de ce « vieillard aux facultés mentales durablement affaiblie » que l’on voulait abattre : « Je me réjouis de revivre ».( Régis Boyer)

[FICHE LIVRE]Fragments de vie (Livsfragmenter), nouvelles traduites du norvégien par Jacqueline Le Bras ; postface Lars Frode Larsen. [Arles], Éditions Actes Sud, « Lettres scandinaves », 1990, 208 pages.

[Contient : « Fragments de vie », « En tournée », « Un péché », « Au temps de Noël », « Petite ville », « Les fêtards », « Un compagnon de voyage », « Les mauvais jours », « En clinique »].


RECUEILS FRANÇAIS / ÉDITIONS COLLECTIVES

[FICHE LIVRE]De la vie inconsciente de l’âme et autres textes critiques (Fra det ubevisste Sjæleliv, 1890 / 1928), traduit du norvégien par Régis Boyer. [Nantes], Éditions Joseph K., 1994, 160 pages.

[Contient : « De la vie inconsciente de l’âme », « Honneur aux jeunes », « La culture paysanne », « La ville voisine », « Festina lente »].

On trouvera ici – dans la traduction et une présentation de Régis Boyer – le premier recueil français des articles majeurs de Knut Hamsun. Sont représentés les deux pôles de l’importante œuvre critique d’Hamsun jusqu’à ce jour inaccessible au lecteur français ; d’une part, la question littéraire : là « De la vie inconsciente de l’âme », article mythique, est un texte capital, qui éclaire l’écriture « hallucinée » du célèbre roman La Faim (dont il est le pendant théorique) ; d’autre part, la question sociale : Hamsun s’y révèle un individualiste forcené, réfractaire à toute fatalité admise (fût-elle la vieillesse), un contempteur du monde moderne et un pamphlétaire de premier ordre. (Présentation de l’éditeur)

[FICHE LIVRE]Littérature à la mode et autres textes (Paa Turné. Tre foredrag om literatur, 1890), traduit du norvégien présenté et annoté par Régis Boyer. [Nantes], Éditions Joseph K., « Domaine étranger », 1996, 128 pages.

L’une des ambitions de Knut Hamsun était de devenir conférencier: il s’y est essayé dès 1881, sans succès. Mais neuf ans plus tard, un peu plus connu, il s’enhardit et écrit ces trois conférences : « Littérature norvégienne », « Littérature psychologique », « Littérature à la mode » qu’il donnera dans toute une série de villes l’année suivante. Cet autodidacte, cet ombrageux orgueilleux, ce jaloux de nature – qui demeure l’un des deux ou trois romanciers de notre modernisme – est plus ou moins conscient de battre en brèche tous les mots d’ordre admis, d’ouvrir des voies inexplorées, de faire tout autre chose que ses aînés. Hamsun vilipende les amateurs de caractérisations psychologiques toutes faites, il revendique, comme dans De la vie inconsciente de l’âme, le droit d’échapper aux prétendues lois de la peinture de caractères pour descendre dans les arcanes énigmatiques du moi profond. C’est cela, l’intérêt des pages que l’on va lire: un des grands écrivains de notre siècle nous tend des clefs pour pénétrer dans son œuvre. Ces trois conférences méritaient d’être accessibles en français car je gage que leur lecture sera désormais indispensable à quiconque s’attachera à percer les mystères du grand Norvégien ! (Présentation de l’éditeur)

[FICHE LIVRE]Romans. Édition de Régis Boyer. [Paris], LGF (Librairie Générale Française), « Le Livre de poche. Classiques modernes » n°13243, 1999, 1836 pages.

[Contient : Faim, traduit par Régis Boyer ; Mystères, traduit par Ingunn et Alain-Pierre Guilhon ; Pan, traduit par Georges Sautreau ; Sous l’étoile d’automne, traduit par Régis Boyer ; Un vagabond joue en sourdine, traduit par Régis Boyer ; La Dernière joie, traduit par Régis Boyer ; Vagabonds, traduit par Jean Petithuguenin ; Auguste le marin, traduit par Marguerite Gay et Gerd de Mautort ; Mais la vie continue, traduit par Régis Boyer].


ETUDES

— Sten Sparte Nilsson, Knut Hamsun, un aigle dans la tempête (En ørn i unvœr, Knut Hamsun og polittkken, 1960), traduit du norvégien et postfacé par Michel Cadars et Helge Vidar Holm. [Grez-sur-Loire, Seine-et-Marne], Éditions Pardès, 1991, 388 pages, épuisé.

Présence de Knut Hamsun. Édition sous la direction de Régis Boyer et Jean-Marie Paul. [Nancy], Presses Universitaires de Nancy, « Diagonales », 1994, 224 pages, épuisé.

[Contient : Marc Auchet, « Les notions de temps et d’espace dans “ Les fruits de la terre ” » ; Régis Boyer, « Knut Hamsun toujours présent » ; Per Arne Evensen, « “ L’orgue saigne ” ou le démon de l’écriture » ; Vincent Fournier, « Mystères, l’épreuve de l’impossible ? » ; Olivier Gouchet, « Hamsun et “ Le chœur sauvage ” ; Knut Hamsun, « Une révolution de rue » ; « Un peu de Paris », « Lettres inédites » ; Atle Kittang, « Knut Hamsun et le nazisme » ; Nils Magne Knutsen, « “ Benoni ” et “ Rosa ”, un règlement de compte avec les années 1890 » ; Jacqueline Le Bras, « Traduire un livre de Hamsun » ; Per Metleng, « Physionomie, une lecture de “ Faim ” ; Béatrice Oudry-Henrioud, « Dualité de Knut Hamsun » ; Jean-Marie Paul, « Des aveux innocents, “ Sur les sentiers où l’herbe repousse ” » ; Øystein Rottem, « Nietzsche, Hamsun et la grande illusion »].

[FICHE LIVRE] — Per Olov Enquist, Hamsun (Hamsun, 1996), récit-scénario pour le film de Jan Troell, traduit du suédois par Marc de Gouvenain et Lena Grumbach. [Arles], Éditions Actes Sud, « Lettres scandinaves », 1996, 232 pages.

« "Le rôle que joue Knut Hamsun dans le souvenir de la plupart des Norvégiens d’aujourd’hui est celui du traître à sa patrie. Le rôle qu’il joua comportait cependant de nombreuses autres facettes ; c’est un patriote, un écrivain national, un traître à sa patrie, un agitateur, un personnage médiatique, un intermédiaire pour quelques dirigeants politiques mondiaux ; mais lui-même pensait en jouer un autre ; le rôle de celui qui désire sauver le pays. Dont il aimait la terre. Mais fut-il jamais nationaliste ? Que pensait-il réellement de la Norvège ? Cela complique la danse de mort. Il s’agit cependant d’un drame de l’amour. » (Extrait de l’introduction)

Dans ce récit qui est aussi le scénario d’un film réalisé par Jan Troell, avec Max von Sydow dans le rôle principal, Per Olov Enquist, utilisant des documents avérés – sur l’entrevue d’Hitler et d’Hamsun, notamment –, s’attache à narrer la dernière tragédie intime de ce lauréat du prix Nobel de littérature qui, durant la Deuxième Guerre mondiale, prit, à quatre-vingt-trois ans, nettement parti pour l’Allemagne hitlérienne, précipitant ainsi son exclusion et son déclin. (Présentation de l’éditeur)

[FICHE LIVRE] — Les Dossiers H : « Knut Hamsun ». Édition sous la direction de Régis Boyer. [Lausanne, Suisse], Éditions l’Age d’homme, 2002, 320 pages.

« Le Norvégien et Prix Nobel de littérature Knut Hamsun compte parmi les tout premiers écrivains du XXe siècle européen. Il aura révolutionné l’écriture romanesque dès son premier livre, Faim ; il aura créé de sa propre chair et de son sang son étrange et fascinant personnage de vagabond instable, amant de l’amour et réfugié dans une inépuisable rêverie pour échapper aux sordidités du monde moderne mécanique et déshumanisé ; il aura, surtout, renouvelé la science, immémoriale lorsque l’on est Norvégien, de la narration et donc de l’art d’enchanter notre condition. Sans doute son rêve avoué de retour à des sources utopiques l’aura-t-il entraîné à des dérives dont il convient impérieusement de ne pas outrer la gravité, car cet aspect des choses, qui a trop fait parler, ne doit pas prendre une importance qu’il n’a jamais eue dans la réalité. Reste une voix sans pareille, un ton à la fois proche de nous et lourd de toutes nos nostalgies qui font de lui, véritablement, notre frère. Telle est la toile de fond sur laquelle s’enlève le présent Dossier. Il comprend plusieurs inédits de Hamsun, des études critiques dues aux meilleurs universitaires et connaisseurs de l’homme et de l’œuvre, des témoignages, une chronologie, une bibliographie, bref, tout ce qui devrait permettre à l’amateur éclairé de mieux approcher ce témoin par excellence des affres et des charmes de notre modernité. » (R. Boyer).

Knut Hamsun, Nouvelle école, n°56. [Paris], Labyrinthe, 2006, 160 pages.

[Contient : « La vie et l’environnement culturel de Knut Hamsun », par Tarmo Kunnas ; « Knut Hamsun comme révolutionnaire du roman », par Tarmo Kunnas ; « Bibliographie de Knut Hamsun », par Alain de Benoist ; « Les idées politiques et sociales de Knut Hamsun », par Tarmo Kunnas ; « Heurs et tragédies du héros hamsunien », par Michel d’Urance) et « Dans la rue », nouvelle inédite de Knut Hamsun].

— Tarmo Kunnas, L’Aventure de Knut Hamsun. Étude sur les romans du prix Nobel norvégien et sur son engagement politique ; préface de Michel d’Urance. [Le Vaumain, Oise], Nouvelles éditions latines, 2010, 212 pages.

Cet ouvrage élucide d’une façon synthétique les différents aspects littéraires de l’œuvre romanesque de Knut Hamsun : thèmes, narration, traits stylistiques. Il place l’œuvre de l’écrivain autodidacte, à la fois moderne et archaïque, dans le contexte social et culturel nordique de son époque, et démontre un lien secret entre sa création artistique et son excès politique. L’auteur révèle le caractère ambigu de l’engagement de Knut Hamsun mais aussi une utopie qui pourrait être d’actualité : il décrit la lutte de deux visions du monde, la pensée uniforme, hégémonique, qui croit pouvoir tout calculer, quantifier, peser et mesurer, qui prétend que l’exactitude est la vérité, et une autre vision qui sait que le monde se prête aux interprétations multiples et que l’homme reste humain, seulement quand il s’étonne devant l’Être. Hamsun est du côté de l’inquiétude et de la recherche, des prophètes et des artistes, et de tous ceux qui ont gardé une innocence. Il est avant tout un créateur de mythes, mais aussi le précurseur d’une pensée écologique, tout en prenant parti contre l’Europe matérialiste et mercantile, pour des valeurs humaines universelles. (Présentation de l’éditeur)

[FICHE LIVRE] — Ingar Sletten Kolloen, Knut Hamsun, rêveur et conquérant (Hamsun. Svermeren, 2003 ; Hamsun. Erobreren, 2004), biographie, traduite du norvégien par Eric Eydoux. [Monfort-en-Chalosse, Landes], Éditions Gaïa, 2010, 750 pages, illus.

Knud Pedersen était fils de paysans pauvres. Il allait devenir sous le nom de Knut Hamsun un écrivain de renommée mondiale. Prix Nobel de littérature en 1920, l’auteur de Faim fut une gloire pour son pays, la Norvège. L’homme au caractère entier et fougueux fut intransigeant dans sa vie familiale comme dans celle d’homme de lettres. Knut Hamsun fait figure de génie littéraire et de symbole d’ascension sociale. Jusqu’à ce que sa passion pour l’Allemagne lui fasse prendre position en faveur de Hitler. Sa collaboration pendant la guerre lui vaudra un procès retentissant. Nourri d’archives et de documents inédits, cette biographie retrace l’existence foisonnante de l’écrivain et de l’homme, et apporte un nouvel éclairage sur son parcours, jusque dans ses pires errances. (Présentation de l’éditeur)


FILMOGRAPHIE

Le plus célèbre film tiré d’un livre d’Hamsun est La Faim réalisé par le Danois Henning Carlsen en 1966 avec Per Oscarsson qui remporta pour ce rôle le prix de la meilleure interprétation à Cannes.

Markens grøde / L’Éveil de la glèbe / Révolte de la terre (Norvège, 1921), scén. et réal. Gunnar Sommerfeldt, d’après le roman éponyme (1917), int. Amund Rydland, Karen Thalbitzer, Ragna Wettergreen, Gunnar Sommerfeldt, Almar Hamsun – Pan (Norvège, 1922), réal. Harald Schwenzen, d’après le roman éponyme (1894), int. G. Egede Nissen – Hårda viljor / Volontés de fer (Suède, 1923), scén. et réal. John W. Brunius, d’après Rêveurs (1904), int. Eugen Skønberg, Lilla Bye, Gustaf Ranft – Victoria (Allemagne, 1935), réal. Carl Hoffman, d’après le roman éponyme (1898), int. Luise Ullrich – Pan (Allemagne, 1937), réal. Olaf Fjord, le roman éponyme (1894), int. Marie-Luise Claudius – Das letzte Kapitel / Le Dernier chapitre (Allemagne, 1961), réal. Wolfgang Liebeneiner, d’après le roman éponyme (1923), int. Hansjörg Felmy, Karin Ball, Helmuth Lohner - Kort är sommaren / Court est l’été (Suède, 1962), réal. Bjarne Henning-Jensen, scén. Astrid et Bjarne Henning-Jensen, d’après Pan (1894), int. Jarl Kulle, Bibi Andersson, Claes Gill, Liv Ullmann, Allan Edwall - Sult / La Faim (Suède/Danemark, 1966), réal. Henning Carlsen, scén. Henning Carlsen et Peter Seeberg d’après le roman éponyme (1890), int. Per Oscarsson (Pontus), Gunnel Lindblom, Brigitte Federspiel, Sigrid Horne-Rasmussen – Landstrykere / Les Vagabonds (1989), réal. Ola Solum, d’après le roman éponyme  (1927) – Telegrafisten / Le Télégraphiste (Norvège, 1993), réal. Erik Gustavson, scén. Lars Saabye Christensen, d’après Rêveurs (1904), int. Bjørn Floberg, Marie Richardsson, Jarl Kulle, Ole Ernst, Kjersti Holmen, Bjørn Sundquist – Pan / Deux plumes vertes (Norvège/Danemark, 1995), scén. et réal. Henning Carlsen, d’après le roman éponyme  (1894), int. Lasse Kolsrud, Sofie Gråbøl, Bjørn Sudquist, Anneke von der Lippe, Per Schaanning.

* Hamsun (Danemark/Suède/Norvège/Allemagne, 1996), réal. Jan Troell, scén. Per Olov Enquist d’après le livre de Torkild Hansen Le Procès contre Hamsun, int. Max von Sydow, Ghita Nørby, Sverre Anker Ousdal, Anette Hoff, Asa Söderling, Eindride Eidsvold, Gard Eidsvold, Erik Hivju.


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