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FOSSE, Jon

 [NORVÈGE] (Haugesund, 1959). Ses écrits (romans, nouvelles, poésie, livres pour la jeunesse, essais et pièces de théâtre) ont été traduits, de l’albanais au tibétain, dans plus de quarante langues, et ses pièces ont été montées par les plus grands metteurs en scène dans plus de neuf cent mises en scène à travers le monde (Patrice Chéreau, Thomas Ostermeier, Claude Régy...).

 

*** Bibliographie classée par genre : prose, poèmes, essais, jeunesse, théâtre (date de création en italique)

Prose ¤ Raudt, svart, prose (1983), Stengd gitar, prose (1985, 1993), Blod. Steinen er, prose (1987), Naustet / La Remise à bateaux, prose (1989, 1991, 1998, 2001, 2003), Flaskesamlaren, prose (1991), Bly og vatn, prose (1992, 2003 ), To forteljingar, prose (1993), Prosa frå ein oppvekst, prose (1994), Melancholia I / Melancholia 1, prose (1995, 1997, 1999 ), Melancholia II / Melancholia 2, prose (1996, 1997, 1999 ), Eldre kortare, prose, illustrations de Camilla Wærenskjold (1998), Morgon og kveld / Matin et soir, prose (2000, 2001), Det er Ales, prose (2004, 2005), Andvake / Insomnie, prose (2007, 2008 ),

Poèmes ¤ Engel med vatn i augene, poèmes (1986), Hundens bevegelsar, poèmes (1990), Hund og engel, poèmes (1992), Dikt 1986-1992, poèmes (1995), Nye dikt 1991-1994, poèmes (1997), Dikt 1986-2000, poèmes (2001), Auge i vind, poèmes (2003), Dikt i samling, poèmes (2009), Songar, poèmes (2009),

Essai ¤ Frå telling via showing til writing, essai (1989), Gnostiske essay, essai (1999, 2004 ),

Jeunesse ¤ Uendeleg seint / Si lentement, avec Alf-Kåre Berg, jeunesse (1989), Kant / Kant, avec Roj Friberg, jeunesse (1990), Dyrehagen Hardanger, jeunesse (1993), Vått og svart / Noir et humide, avec Akin Düzakin, jeunesse (1994), Nei å nei. Hundemanuskripta 1 / Quelle galère !, jeunesse (1995), Du å du. Hundemanuskripta 2 / Quelle merveille !, jeunesse(1996), Fy å fy. Hundemanuskripta 3) / Quelle misère !, jeunesse (1997), Søster / Petite Sœur , jeunesse (2000), Spelejenta, jeunesse (2009),

Théâtre ¤ Og aldri skal vi skiljast / Et jamais nous ne serons séparés, théâtre (1993 ; 1994), Namnet / Le Nom, théâtre (1995 ; 1995, 1998, 2008), Nokon kjem til å komme / Quelqu’un va venir, théâtre (1996 ; 1996, 2004) Barnet / L’Enfant, théâtre (1996 ; 1996), Mor og barn, théâtre (1997 ; 1997), Sonen / Le Fils, théâtre (1997 ; 1997), Natta syng sine songar / Et la nuit chante, théâtre (1997 ; 1998), Gitarmannen, monologue (1997 ; 1999), Ein sommars dag / Un jour en été, théâtre (1998 ; 1999), Medan lyset går ned og alt blir svart, théâtre (1999 ; 1999), Teaterstykke 1. (1999), Draum om hausten / Rêve d’automne, théâtre (1999 ; 1999), Besøk / Visites, théâtre (2000 ; 2000), Sov du vesle barnet mitt / Dors, mon petit enfant, théâtre (2000 ; 2000), Vinter / Hiver, théâtre (2000 ; 2000), Ettermiddag, théâtre (2000 ; 2000), Teaterstykke 2. (2001), Vakkert, théâtre (2001 ; 2001), Dødsvariasjonar / Variations sur la mort, théâtre (2001 ; 2002), Jenta i sofaen, théâtre (2002 ; 2003), Lilla / Violet, théâtre (2003 ; 2004), Suzannah, théâtre (2004 ; 2004), Leve hemmeleg / Vivre dans le secret (2004), Ein raud sommarfugls vengjer, théâtre (2004), Dei døde hundane, théâtre (2004 ; 2005), Sa ka la, théâtre (2004 ; 2005), Teaterstykke 3. (2005), Svevn / Les Jours s’en vont, théâtre (2005 ; 2006), Telemakos (2005) , Varmt, théâtre (2005 ; 2006), Fridom, théâtre (2006), Der borte, théâtre (2006), Rambuku, théâtre (2006 ; 2007), Skuggar, théâtre (2006 ; 2007), Eg er vinden / Je suis le vent, théâtre (2007 ; 2008), Desse auga, théâtre (2008 ; 2009), Teaterstykke 4. (2009), Jente i gul regnjakke, théâtre (2009 ; 2010), Juletresong, théâtre (2010), Kortare stykke (2011).

 

LIVRES (Traductions, classées par date de publication en français)

[FICHE LIVRE]Melancholia 1. (Melancholia I, 1995), roman, traduit du norvégien par Terje Sinding. [Paris], Éditions P.O.L, 1998, 288 pages.

Le héros de ce roman, Lars Hertervig (1830-1902), est aujourd’hui considéré comme un des plus grands noms de la peinture nordique. Très tôt, dès ses études à Düsseldorf, il fut victime de troubles nerveux. Après un séjour en asile, brisé, il vécut jusqu’à sa mort de charité publique. Comme s’il tentait de capter cette lumière qui illumine les toiles du peintre, avec une grande économie de moyens, une sorte de minimalisme emporté, Jon Fosse fait revivre le martyre d’Hertervig en deux monologues intérieurs où une écriture enveloppante, répétitive, rythmée, développe jusqu’à l’angoisse l’obsession amoureuse et la tresse cruellement à la volonté créatrice. (Présentation de l’éditeur)

 

[FICHE LIVRE]Le Nom (Namnet, 1995) ; L’Enfant (Barnet, 1996), théâtre, traduit du norvégien par Terje Sinding. [Paris], Éditions de l’Arche, 1998, 192 pages.

Dans le récit d’une vie, Le Nom découpe un moment, celui où, dans la Norvège d’aujourd’hui, une adolescente enceinte retourne chez ses parents avec le garçon. Elle est venue seule, il l’a rejointe. Elle ne se sent pas très à l’aise dans cette maison, où dorment des objets signalant les désillusions, telle la photo du mariage des parents. Le garçon se replie dans un livre. Survient un ancien amour, Bjarne.

L’Enfant commence dans une grande ville, un soir de pluie. À un arrêt de bus, le jeune Fredrik croise Arvid, la cinquantaine. Fredrik boit, l’autre collecte les bouteilles vides. Agnès passe par là. Arvid repart. Entre les deux qui restent s’instaure un de ces dialogues caractéristiques de la manière de Fosse : où les répliques tissent entre les personnages un espace dense et magique, qui les abstrait de la réalité environnante, les élève au-dessus du spectateur, à un plan de réalité qui pourrait être celui du rêve ou du conte. (Présentation de l’éditeur)

 

[FICHE LIVRE]Quelqu’un va venir (Nokon kjem til å komme, 1996) ; Le Fils (Sonen, 1997), théâtre, traduit du norvégien par Terje Sinding. [Paris], Éditions de l’Arche, 1999, 144 pages.

Aussi curieux que cela puisse paraître, les pièces de Jon Fosse dégagent une lumière. Une lumière très particulière qui rappelle celle des peintres scandinaves. Une lumière blafarde, comme à l’occasion d’une éclipse de soleil qui, néanmoins, fait clairement apparaître les contours des personnages et des objets. Le langage simple et répétitif, qui révèle la solitude hantée des humains, tout comme l’isolement dans l’espace et le temps au ralenti font de ses pièces des instants de grande émotion, où l’auteur atteint le but qu’il s’est fixé : « Créer des moments où un ange est en train de passer sur scène. » (Présentation de l’éditeur)

* Nouvelle édition :

Quelqu’un va venir, théâtre, traduit du norvégien par Terje Sinding, adaptation et dessins de Pierre Duba. [Frontignan, Hérault], Éditions 6 pieds sous terre, « Blanche », 2002, 64 pages, épuisé.

 

[FICHE LIVRE]Et jamais nous ne serons séparés (Og aldri skal vi skiljast, 1994) ; Un jour en été (Ein sommars dag, 1999) ; Dors mon petit enfant (Sov du vesle barnet mitt, 2000), théâtre, traduit du norvégien par Terje Sinding. [Paris], Éditions de l’Arche, 2000, 174 pages.

Avant de se mettre au travail, il s’était fixé comme objectif d’écrire une pièce avec peu de personnages, réunis en un seul endroit. L’histoire devait se dérouler sans rupture dans le temps : un programme dramaturgique donc des plus classiques. Malgré la présence de cette unité d’action, de temps et de lieu, Et jamais nous ne serons séparés – comme ses autres pièces – ne ressemble nullement à une pièce classique. Les « mouvements » des personnages sont réduits au minimum. Les phrases clés sont, comme un leitmotiv dans une œuvre musicale, souvent répétées. Ainsi Fosse crée au théâtre ce qu’on appelle au cinéma des gros plans et des ralentis. Sauf que Fosse n’utilise pas ces moyens d’une façon ponctuelle. Il en fait son style et l’angoisse, l’isolement, cet état entre vie et mort dans lequel ses personnages courent le monde, y trouvent parfaitement leur expression. (Présentation de l’éditeur)

 

 


 [FICHE LIVRE]Visites (Besøk, 2000) ; Variations sur la mort (Dødsvariasjonar, 2001), théâtre, traduit du norvégien par Terje Sinding. [Paris], Éditions de l’Arche, 2002, 192 pages.

« J’écris – en ce qui concerne la forme, pas le contenu – des textes fermés sans vouloir les rendre énigmatiques parce que je sais pertinemment ce que j’écris. S’ils font référence à un contexte social ou politique, ce n’est pas mon intention, mais je ne m’y oppose pas non plus. Les images du vide que je conçois peuvent dire quelque chose sur notre société, elles le font pourtant d’une manière implicite. En ce sens, mon écriture est en effet un commentaire critique, voire politique, si on veut. » Les personnages de Fosse sont des êtres des plus ordinaires, banals. Et c’est exactement là le secret de ses pièces : on est entraîné par un courant, par le rythme précis, les pauses bien calculées entre les dialogues restreints. Fosse ne mesure pas l’atmosphère de notre époque à ses excès et à ses catastrophes mais à sa teinte et à son ton général. Ainsi les personnages de Fosse se détachent de leur contexte peu spectaculaire et renvoient le lecteur à quelque chose de plus universel. (Présentation de l’éditeur)

 

[FICHE LIVRE]Melancholia 2. (Melancholia II, 1996), roman, traduit du norvégien par Terje Sinding. [Belval, Vosges], Éditions Circé, 2002, 120 pages.

[FICHE LIVRE]Et la nuit chante (Natta syng sine songar, 1998) ; Hiver (Vinter, 2000), théâtre, traduit du norvégien par Terje Sinding. [Paris], Éditions de l’Arche, 2003, 172 pages.

Ce ne sont pas des gens extraordinaires qui peuplent les pièces de Jon Fosse ; ils sont banals et ne se font que rarement remarquer par des actions spectaculaires. Et pourtant ils savent créer cette tension qui fait qu’une habitude, un incident quotidien deviennent un événement dramatique. Nous vivons dans l’attente de ce que demain, voire la prochaine heure, leur apportera. Voilà un élément très classique dans les pièces de Fosse, rappelant la crainte et la pitié pour les héros qu’Aristote vit à l’œuvre dans toute tragédie.

Au centre de Et la nuit chante, un couple : lui passe son temps à lire, allongé sur un canapé ; elle désire une autre vie. Ils ont un bébé et les parents du jeune homme viennent voir leur petit-fils. Un soir, alors qu’elle est sortie, le jeune homme regarde par la fenêtre et attend son retour.

Dans Hiver, c’est une femme et un homme qui se rencontrent, de temps à autre, dans une ville où l’homme est en déplacement professionnel. D’abord dans un parc, puis dans une chambre d’hôtel, chaque fois à peu près le même rituel. Une liaison provisoire qui balance le long d’un gouffre et est à tout moment menacée d’une fin abrupte ou d’un bouleversement radical. (Présentation de l’éditeur)

 

[FICHE LIVRE]Matin et soir (Morgon og kveld, 2000), roman, traduit du norvégien par Terje Sinding. [Belval, Vosges], Éditions Circé, 2003, 128 pages.

« ... et Johannes voit qu’ils s’approchent maintenant du grand récif et du petit récif et jamais Johannes ne s’est aventuré aussi loin à l’ouest par un temps pareil, car le vent souffle et les vagues sont hautes et la barque pontée de Peter est ballottée par les vagues, et puis ils ne sont plus à bord de la barque pontée de Peter, mais il sont quand même dans un bateau, et ils sont sur la mer, et la mer et le ciel ne font plus qu’un et les nuages et le vent ne font plus qu’un et là bas il y a Erna et ses yeux brillent et la brillance de ses yeux se confond aussi avec tout et puis Peter est devenu invisible. Oui, nous voilà en route, dit Peter... »

Un roman en deux parties : une brève première montre la naissance de Johannes, le fils du pêcheur Olaï et de sa femme Marta. La deuxième partie semble évoquer une journée de Johannes devenu vieux, mais avec quelque chose d’inhabituel : sur la grève, il aperçoit son ami Peter mort depuis des années et embarque avec lui sur son bateau. Un texte sur les moments clés que sont la naissance et la mort. (Présentation de l’éditeur)

 

[FICHE LIVRE]Rêve d’automne (Draum om hausten, 1999) ; Violet (Lilla, ) ; Vivre dans le secret (Leve hemmeleg, 2004), théâtre, traduit du norvégien par Terje Sinding. [Paris], Éditions de l’Arche, 2005, 192 pages.

« Une petite partie d’un grand cimetière. Fin d’automne. Il vient de pleuvoir. Arbres noirs, quelques feuilles y restent encore attachées, d’autres feuilles jonchent le sol. Une allée de gravier. Un banc dont la peinture s’écaille. Un homme s’avance dans l’allée, quitte l’allée, va jusqu’à une tombe, lit ce qui est écrit sur la pierre tombale, reste là et regarde la pierre, va jusqu’à une autre tombe, lit également ce qui est écrit sur la pierre tombale, reste un moment à la regarder, puis rejoint l’allée et va s’asseoir sur le banc. » (Incipit de Rêve d’automne)

« Un univers entier, écrit Jon Fosse, se crée chaque fois que l’on écrit quelque chose de bien. Car tout bon texte, même un poème, est en quelque sorte un univers entier, qui n’existait pas auparavant, et qui apparaît à travers une bonne écriture ».

Violet se passe dans une cave, où une bande de copains répète. Dans leurs échanges, la rivalité amoureuse se mêle à la faiblesse humaine. Fosse explique que la fiction est pour lui un moyen de comprendre. Ici il cherche à comprendre et à faire comprendre quelque chose de la déshérence de la jeunesse occidentale.

Comprendre signifie pour beaucoup de gens posséder la chose comprise comme un bien. Dès lors, le personnage de Vivre dans le secret préfère oublier, ne pas voir, ne pas savoir. Et ne pas être vu, ne pas être su. Le secret lui offre un espace à l’écart de ceux qui veulent l’enfermer dans leur compréhension. Et où il peut tenter de vivre sans chercher à comprendre.

On trouvera en annexe un article dans lequel Fosse semble faire écho à son personnage. Il définit son écriture comme « un langage qui n’est pas en premier lieu concerné par la signification, mais qui avant tout est, qui est lui-même, un peu comme les pierres et les arbres et les dieux et les hommes, et qui ne signifie qu’en second lieu. Et à travers ce langage qui d’abord est, et qui ensuite seulement signifie, il me semble comprendre de plus en plus, alors qu’à travers le langage ordinaire, celui qui d’abord signifie, je comprends de moins en moins ». (Présentation de l’éditeur)

 

[FICHE LIVRE]La Remise à bateaux (Naustet, 1989), roman, traduit du norvégien par Terje Sinding. [Belval, Vosges], Éditions Circé, 2007.

Deux amis d’enfance se retrouvent après une longue séparation. L’un – le narrateur – est resté au village, n’a pas fait d’études, habite toujours chez sa mère et vivote en jouant de la guitare dans les bals du samedi soir. L’autre – Knut – est parti en ville, a fondé une famille et est devenu professeur de musique. Il revient maintenant pour les vacances avec sa femme et ses enfants. Pendant trois jours d’été un drame va se nouer entre le narrateur, Knut et sa femme – drame où se mêle le désir et la jalousie et qui prend sa source dans l’enfance des deux hommes. D’une rare intensité, portée par une langue rythmée et obsédante, La Remise à bateaux a imposé Jon Fosse comme un des auteurs les plus importants des pays nordiques. « Je cherche une écriture simple et concrète et j’espère toucher en même temps aux grandes questions de la vie ». La langue de Jon Fosse sape les habitudes et le confort du lecteur. Toute son œuvre se développe en tension entre l’intimité du foyer scandinave, et l’inquiétante immensité du fjord au bord duquel il a grandi. (Présentation de l’éditeur)


Kant, avec Roj Friberg (Kant, 1990) ; Noir et humide (Vått og svart, 1994) ; Si lentement (Uendeleg seint, 1989) ; Petite Sœur (Søster, 2000), traduit du norvégien par Terje Sinding. [Paris], Éditions de l’Arche, « Théâtre Jeunesse », 2009, 64 pages.

« Je pense souvent à l’univers.

S’il a une fin, ce n’est pas possible, et s’il n’a pas de fin, ce n’est pas possible non plus.

Ca me fait peur quand je pense à l’univers.

Ce n’est pas possible que l’univers continue à l’infini, et ce n’est pas possible non plus qu’il ait une fin. Les deux sont possibles, et ni l’un ni l’autre n’est possible.

Et alors il y a beaucoup de choses qui sont possibles.

Ca me fait peur. »

 

[FICHE LIVRE]Insomnie (Andvake, 2007), roman, traduit du norvégien par Terje Sinding. [Belval, Vosges], Éditions Circé, 2009, 92 pages.

« ... et elle a vu Asle se lever et sortir et Alidas’est couchée sur le lit de la mansarde et elle a étendu les .jambes et fermé les yeux et elle est si fatiguée, si fatiguée, et elle voit le père Sigvald avec son violon et il sort une bouteille et s’en envoie une bonne rasade et elle voit Asle qui est là aussi, ses yeux noirs, ses cheveux noirs, et elle sursaute, car il est là, son amoureux est là, et elle voit le père Sigvald faire signe à Asle et Asle rejoint le père Sigvald et elle voit Asle coincer le violon sous son menton et il se met à jouer et à l’instant même elle sent quelque chose l’envahir, et quelque chose la soulève et elle s’envole, elle s’envole, et sur la musique elle entend le père Aslak qui chante et elle entend sa propre vie et son propre avenir et elle sait tout ce qu’elle sait et elle est présente dans son propre avenir et tout est ouvert et tout est difficile mais la chan-son est là et cette chanson, ça doit être ce qu appelle l’amour, et Alida est là dans la musique et elle ne veut être nulle part ailleurs... »

L’histoire d’amour de deux jeunes réprouvés, Asle et Alida, qui arrivent en ville. Etrangers, tout ce qu’ils possèdent tient dans deux ballots. Elle est enceinte et son accouchement est imminent tandis qu’ils n’ont nulle part où loger et que personne ne veut les accueillir. Le récit est fondé sur quelques péripéties qui marquent la vie du couple. Mais bientôt, un événement se produit. (Présentation de l’éditeur)

[FICHE LIVRE]Le Manuscrit des chiens. I. Quelle galère ! (Hundemanuskripta 1. Nei å nei, 1995), traduit du norvégien par Terje Sinding. [Paris], Éditions de l’Arche, « Théâtre Jeunesse », 2010, 74 pages.

Attendrissants et jubilatoires, tels un jappement de chien, Les Manuscrits des chiens sont écrits comme de longs monologues qui nous emmènent jusqu’au-delà des fjords. Dans ce premier tome, Websterr n’en peut plus ! Impossible d’être un chien solitaire digne de ce nom lorsqu’on a une maîtresse comme Oline qui vous habitue aux effusions et aux caresses. Websterr, lui, est un chien solitaire, c’est sûr. Il rêve de voir la mer et de porter secours à la petite chienne blanche dans la forêt, comme tout chien solitaire qui se respecte. Il ne lui reste qu’une solution : partir. Au fil des rencontres, confronté à la bassesse canine, Websterr réalise que la vie d’un chien solitaire n’est pas si facile… Et quand en plus le remords le gagne, quelle galère ! (Présentation de l’éditeur)

[FICHE LIVRE]Le Manuscrit des chiens. II. Quelle merveille ! (Hundemanuskripta 2. Du å du, 1995), traduit du norvégien par Terje Sinding. [Paris], Éditions de l’Arche, « Théâtre Jeunesse », 2010, 48 pages.

Dans ce deuxième tome, Olav est un chien des fjords. Couché dans le grenier de la remise à bateau, il s’interroge sur la ronde des saisons et sur la raison de ce froid hivernal. Pourquoi ne pas aller rendre visite à son ami Bård, le chien des forêts ? Parler avec ce vieux garçon mais chien des forêts endurci comme lui, lui changera les idées. Sauf qu’en chemin, Olav croise la route de deux dames chiens élégantes et distinguées. Comment va-t-il réussir à oublier le poil noir et lisse de ces merveilleuses créatures ? (Présentation de l’éditeur)

[FICHE LIVRE]Le Manuscrit des chiens III. Quelle misère ! (- Hundemanuskripta 3. Fy å fy, 1997), traduit du norvégien par Terje Sinding. [Paris], Éditions de l’Arche, « Théâtre jeunesse », 2002, 48 pages.

« Le Fou de Bassan, c’est le nom du bateau, et lui il est chien de bateau, oui c’est lui le chien de bateau, c’est lui le célèbre chien de bateau du caboteur le Fou de Bassan, c’est lui et personne d’autre, se dit avec satisfaction le chien de bateau Haktor, et il frappe doucement le plancher avec sa queue, alors qu’il est couché aux pieds du capitaine Phosphore dans la timonerie du caboteur le Fou de Bassan qui navigue tranquillement de villes en villages sur un fjord quelconque avec sa cargaison de sable et gravier. » Ainsi commence le récit d’une jalousie : le capitaine déjà un peu fatigué et las du train-train quotidien sur son bateau aimerait un peu de distraction. Pourquoi, se demande-t-il, un deuxième chien n’interromprait-il pas l’éternelle monotonie des vagues qui se soulèvent et s’abaissent à l’horizon. Mais voilà un capitaine qui a voulu régler l’addition sans prendre en compte l’avis de son chien. (Présentation de l’éditeur)

[FICHE LIVRE]Je suis le vent (Eg er vinden, 2007) ; Les Jours s’en vont (Svevn, 2005), traduits du norvégien par Terje Sinding. [Paris], Éditions de l’Arche, 2010, 144 pages.

L’Un et L’Autre sont à bord d’un bateau imaginaire. On devine en filigrane Homère, les îles grecques, la Méditerranée… Cette mer toujours présente dans Je suis le vent est à l’image de la vie et de la mort, complices inséparables. Sur le pont, les personnages bégaient, s’essoufflent, s’interrogent et nous interrogent. Comment parler de l’absence sinon sur le mode de l’ellipse ? Les Jours s’en vont évoque cet instant ténu qui succède au sommeil et précède la conscience. Entre passé et présent, entre la vie et la mort, notre existence serait-elle différente si nous avions suivi une autre option ? Sur scène, une déambulation de couples multiplie les possibilités, les équations. Un landau passe. Improbable ballet. Les héros sont réduits à l’essentiel : l’écoulement du temps. Jon Fosse sait donner à ses textes une étrange tonalité qui n’appartient qu’à lui. Ces deux pièces se construisent sur un enchaînement musical de relations, elles sont dans la vie : le présent y est traversé par le passé et le futur, dans le flux et le reflux de la parole. Je suis le vent sera créé en avril 2011 au Théâtre de la Ville (Paris), en partenariat avec le Young Vic de Londres, dans une mise en scène de Patrice Chéreau.


ÉTUDES

— Leif Zern, Dans le clair-obscur. Le théâtre de Jon Fosse (Det lysande mørket. Om Jon Fosses dramatikk, 2006), traduit du suédois par Terje Sinding. [Paris], Éditions de l’Arche, 2008, 176 pages.

« Je n’ai pas trouvé la maison. » Ce sont les premiers mots du Garçon lorsqu’il arrive chez les parents de la Fille et frappe à la porte. Là, sur le seuil de cette maison étrangère, débute le théâtre de Fosse. Ouvrons la porte et entrons.

 

— Vincent Rafis, Mémoire et voix des morts dans le théâtre de Jon Fosse ; préface de Claude Régy. [Dijon], Éditions des Presses du réel, « Nouvelles scènes », 2009, 175 p.+19 pl.

Jon Fosse parle très simplement. En vers libres. Généralement courts. Il écrit des silences aussi. De longueurs différentes. Le tout se présente comme un objet non identifié mais bon – en douceur ou violemment – à faire dérailler le théâtre. Tout semble imperceptible. Mais subrepticement, loin de sa surface, tremble le sol. Les limites perdent leur visibilité. Accompagner Jon Fosse c’est dépasser le savoir vers un acquis supplémentaire. Là commence une autre connaissance. Pour Jon Fosse – c’est dit dans la pièce Le Nom – les hommes vivants n’existeraient qu’accompagnés de ceux qui sont morts et de ceux - bien plus nombreux encore – qui ne sont jamais nés. Avec eux sont là les vivants qui rendent ce peuplement provisoire. On est allégé mais alourdi aussi. S’est inventée une nouvelle substance à respirer. Un temps désinvolte se crée à la mesure de cet univers frauduleux. Ce qui est arrivé avant, arrive aussi après. Sans doute c’est en train maintenant d’arriver tout au long du voyage, si lentement que c’est invisible. C’est pourtant perceptible d’une perceptibilité qui n’a pas encore de nom. (Présentation de l’éditeur)


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  • Une rentrée littéraire

    524 romans dont 336 français et 188 étrangers sont attendus en librairie entre la mi-août et la fin octobre pour la rentrée littéraire la plus resserrée depuis 20 ans. A cette occasion, nous vous proposons un petit tour d’horizon des livres qui ont déjà retenu notre attention et qui pour certains se trouveront dès la fin de l’été sur notre table conseils.

    28 août 2019

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