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PAZ, Octavio

[MEXIQUE] (Mexico, D. F., 1914 – Mexico, 1998). Il est considéré comme l'un des plus grands poètes de langue espagnole du XXe siècle et un théoricien hors pair de la littérature. Ambassadeur du Mexique en Inde pendant de longues années, il n'a cessé de confronter la conception occidentale de la création à celle de l'Orient. Il a dirigé Vuelta, la plus importante revue littéraire d'Amérique latine (1976-1998) et a aussi donné des conférences dans diverses universités d'Europe et d'Amérique. Octavio Paz a reçu le prix Cervantès en 1981, le Prix Neustadt en 1982 et le prix Nobel de Littérature en 1990.
Lors de ses études à l'Université de Mexico, Paz entame une carrière littéraire fondant les revues Barandal en 1931 et Cahiers du val de Mexico en 1933, année où il publie son premier recueil de poèmes. Résidant en Espagne lors de la guerre civile, il soutient la lutte des républicains et le combat antifasciste. En 1938, il se marie avec l'écrivain Elena Garro alors âgée de dix-sept ans. Le couple divorcera en 1959. En 1943, il part pour deux ans aux États-Unis où il y fait la connaissance de William Carlos Williams et de Robert Frost. Entré en 1945 dans la carrière diplomatique, il vit en France à partir de 1946. Il y fréquente les surréalistes et plus particulièrement André Breton et Benjamin Péret dont il devient un ami proche. Il reviendra vivre à Paris entre 1959 et 1962. Il est nommé ambassadeur en Inde en 1962 et travaille à l'ambassade mexicaine de New Dehli en octobre 1968, lors de la répression par son gouvernement des étudiants de Tlatelolco durant les Jeux Olympiques de Mexico. Il abandonne ce poste par la suite en signe de protestation. Entretemps, il avait épousé en secondes noces la Française Marie-José Tramini à qui sont dédiés certains de ses plus beaux poèmes écrits sous le signe d'Eros dans Versant Est (Ladera Este, 1969).
« L'œuvre de Paz est considérable. Elle revêt plusieurs formes et connaît diverses périodes, concentrant un nombre inouï de références puisées dans l'histoire de l'Humanité et le patrimoine littéraire mondial: les légendes méso-américaines, la poésie baroque du Siècle d'or espagnol, le symbolisme, le surréalisme, l'existentialisme, le bouddhisme, l'hindouisme ou encore la poésie japonaise dont il a traduit en espagnol quelques chefs d'œuvre (notamment Les Sentiers d'Oku de Basho en 1970). Nourri par ses aventures existentielles et ses découvertes intellectuelles, le poète concilie aussi bien l'extase mystique de l'artiste convoquant les grandes figures de la mythologie précolombienne à une inspiration autobiographique plus quotidienne. À cela s'ajoutent des considérations théoriques et des réflexions critiques très denses. Parmi ses nombreux recueils de poèmes, on note l'importance qu'a eue Liberté sur parole (Libertad bajo palabra, 1958). Son essai le plus connu, traitant de l'identité mexicaine est Le Labyrinthe de la solitude (El laberinto de la soledad, 1950). »

ANTHOLOGIES / REVUES (Traductions)
* « Élégie pour un jeune compagnon mort au front », poème traduit par M. Jouve, dans Volontés n°20 (août 1939).
* « Racine de l’homme » (fragment), « Élégie sur un jeune camarade tué au front », poèmes traduits par Pierre Darmangeat, dans Introduction à la poésie ibero-américaine (Le Livre du jour, 1947).
* « Papillon d’obsidienne », traduit par M. et M. Fong, dans La Nef (mars-avril 1950).
* « Quatre poèmes », traduits par Octavio Paz et Guy Lévis Mano, dans Le temps de la poésie n°5 (décembre 1950).
* « Le labyrinthe de la solitude » (fragments), traduit par Jean-Clarence Lambert, dans Esprit (juillet 1953).
* « Le mur », traduit par Henri de Lescoët, dans Profil littéraire de la France n°21 (Nice, 1956).
* « Travaux forcés », traduit par Jean-Clarence Lambert, illustrations de Bona, dans Le surréalisme même (Jean-Jacques Pauvert, automne 1957).
* « Le fleuve », traduit par Jean-Clarence Lambert, dans Les Lettres nouvelles (décembre 1958).
* Claude Couffon, « Rencontre avec Octavio Paz » (Entrevista a Octavio Paz), dans Les Lettres nouvelles (janvier 1959).
* « Soleil sans âge », traduit par Benjamin Péret, dans Le surréalisme même (Jean-Jacques Pauvert, printemps 1959).
* « Vallée du Mexique », « Comme Mars... », poèmes traduits par Vincent Monteil, dans Anthologie bilingue de la poésie hispanique contemporaine (Klincksieck, 1959).
* « La Fille de Rappaccini », théâtre, traduit et présenté par André Pieyre de Mandiargues, dans la Nouvelle Revue Française n°80 (Gallimard, août 1959).
* « L’amphore brisée », traduit par Fernand Verhesen, dans Cahiers du Sud n°356 (juin-juillet 1960).
* « Source » (écrit en français), « Eclair au repos », « Tout nous menace », « Un jour se perd », « Dame Huaxtèque », « Vallée de Mexico », « Vers le poème », « Hymne parmi des ruines », « Examen nocturne », « Griffures », poèmes traduits par Jean-Clarence Lambert ; « Durée », « Mouvement », poèmes traduits par L. Leclercq ; « Au-delà de la vue », poème traduit par André Pieyre de Mandiargues, dans Les Poésies mexicaines (Seghers, 1961).
* « L’image poétique », traduit par Fernand Verhesen, dans le Courrier du Centre international d’études poétiques n°17 (Bruxelles, 1961).
* « Courant alternatif », traduit par Gabrielle Cabrini, dans la Nouvelle Revue Française (Gallimard, juin 1961).
* « Littérature de fondation », traduit par Gabrielle Cabrini, dans Les Lettres Nouvelles n°16 (nlle série, Julliard, juillet 1961).
* « Nuit claire », traduit par Claude Couffon, dans Exposition d’art latino-américain à Paris (Musée d’art moderne de la ville de Paris, 1962).
* « Pause » (Hommage à Pierre Reverdy), traduit par C. Figueroa, dans le Mercure de France n°1181 (janvier 1962).
* « La clef d’eau », poème traduit par Yesé Amory, dans la Nouvelle Revue Française n°159 (Gallimard, mars 1966) / recueilli dans L’Amérique latine et la Nouvelle Revue Française, 1920-2000 (Gallimard, 2001).
* Poèmes, dans Change n°21 (Seghers / Laffont, décembre 1974).
* « Description de José Luis Cuevas », extrait d’une Histoire naturelle des artistes mexicains, dans la Nouvelle Revue Française n°307 (Gallimard, août 1978) / recueilli dans L’Amérique latine et la Nouvelle Revue Française, 1920-2000 (Gallimard, 2001).
* « L’espace mobile du langage » (Conférence donnée à Yale en décembre 1976), traduit par Gérard de Cortanze, dans le Magazine littéraire n°152-153 (septembre 1979) / réédition dans L’Épreuve des mots (Stock, 1996).
* « Alentours de la littérature hispano-américaine », traduit de l’espagnol par Jean-Claude Masson, dans la Nouvelle Revue Française n°392 (Gallimard, septembre 1985) / recueilli dans L’Amérique latine et la Nouvelle Revue Française, 1920-2000 (Gallimard, 2001).
* « Nocturne de San Ildefonso » (1976), poème traduit par Jean-Clarence Lambert, dans Poésie du Mexique (Actes Sud / Unesco, 1988).
* Poèmes, dans Anthologie poétique / Antología poética (Noesis / Unesco, 1988).
* « Réfutation des miroirs » (1978), « Fable de Joan Miró » (1980), poèmes traduits et présentés par Claude Esteban, dans Caravanes n°1 (Phébus, 1989).
* « Dire : faire », « Vent et nuit », « Dix lignes pour Antoni Tàpies », « L’avant du commencement », poèmes traduits par Claude Beausoleil, dans La Poésie mexicaine (Les Écrits des Forges / Le Castor Astral, 1989) / réédition dans Anthologie de la poésie mexicaine (Le Seuil, « Points Poésie » n°2097, 2009).
* « Passage de l’ombre. À propos de Xavier Villaurrutia » (1977), traduit par Jacques Ancet, dans Caravanes n°2 (Phébus, 1990).
*« Nocturne de San Ildefonso », traduit par Claude Esteban, dans Po&sie n°36
* « Soliloque », traduit par Claude Esteban, dans Po&sie n°62
* Poèmes, dans Poésie 95 n°56 (Seghers, 1995)
* « Soliloque » (1991), poème traduits par Claude Esteban, dans L’Épreuve des mots (Stock, 1996).
* Poèmes, dans Poésie 99 n°73 (Seghers, 1999).
* « Intelligences extraterrestres et démiurges, bactéries et dinosaures », « Les Germes » (texte écrit en 1982), traduit de l’espagnol par Roger Munier, dans la Nouvelle Revue Française n°555 (Gallimard, octobre 2000) / recueilli dans L’Amérique latine et la Nouvelle Revue Française, 1920-2000 (Gallimard, 2001).
* « Des raisons de mourir », « Question », « Nuit claire », « Mes mots », « Le feu de chaque jour », poèmes traduits par Claude Couffon et René Gouédic, dans Poésie mexicaine du XXe siècle (Patiño, 2003).
* Extrait de La casa de la presencia. Poesia e Historia (1991), traduit par Pierre Rubira, dans Le Paris latino-américain / El París latinoamericano (Indigo & Côté-femmes, 2006).
* « Pierre de soleil », traduit par Benjamin Péret ; « Liberté sur parole », traduit par Jean-Clarence Lambert ; « Blanc », traduit par Claude Esteban, dans Cent ans de littérature mexicaine (La Différence, 2007).

* Préface : Cuauhtemoc, de Héctor Pérez Martínez (Robert Laffont, 1952, 1962).
* Préface : Chant des aveugles, de Carlos Fuentes (Gallimard, 1968).
* Poème-préface, Cárdenas : sculptures récentes, exposition mai-fin juillet 1973 (Galerie le Point cardinal, 1973).
* Préface à À la lisière du temps, suivi de Le Voyage d'automne, de Claude Roy (Gallimard, 1990).
* Préface : Le Deuil humain, de José Revueltas (Gallimard, 1987).
* Préface à Le Divin Narcisse, précédé de Premier songe et autres textes, de Sor Juana Inès de la Cruz (Gallimard, 1987).
* Texte dans Pierre Alechinsky : centres et marges (Galilée, 1988).
* Préface à Fortuny, de Pere Gimferrer (Le Seuil, 1992).
* Préface-essai à Fragments d'un voyage immobile, de Fernando Pessoa, recueil de citations choisies (Rivages, 1990)
* Prologue à Le Jardin le labyrinthe : 1953-1989, de Jean-Clarence Lambert (La Différence, 1991).
* Préface : Chroniques parisiennes, d’Alfonso Reyes (Séguier, 1991).
* Préface à Je vois, j'imagine. Poèmes-objets, d'André Breton (Gallimard, 1991).
* Préface à Nostalgie de la mort, de Xavier Villaurrutia (J. Corti, 1991).
* Préface à Variations sur thème mexicain, de Luis Cernuda (J. Corti, 1998).

LIVRES (Traductions)
 

Petite anthologie de la poésie espagnole contemporaine. Voix d'Espagne (Voces de España : breve antología de poetas españoles contemporáneos, Letras de México, 1938), choix par Octavio Paz, traduit de l'espagnol par Fernand Verhesen, préface de Jean Cassou. [Bruxelles], Éditions du Cercle d'art, 1946, 48 pages, épuisé.

Le Labyrinthe de la solitude (El laberinto de la soledad, Cuadernos Americanos, 1950), essai traduit de l’espagnol par Jean-Clarence Lambert. [Paris], Éditions A. Fayard, « Horizon libre », 1959, 264 pages, épuisé.

Aigle ou Soleil ? (¿ Águila o sol ?, FCE (Fondo de Cultura Económica), 1951), édition bilingue, poèmes traduits de l’espagnol par Jean-Clarence Lambert, illustrations de Bona. [Paris], Éditions Falaize, 1957, 100 pages, épuisé / voir nouvelle édition (Gallimard, 1972).

— Anthologie de la poésie mexicaine, édition bilingue, éd. Octavio Paz, traduit de l'espagnol par Guy Lévis Mano, présentation de Paul Claudel. [Paris], Éditions Nagel / Unesco, « Collection Historique, Unesco Secteur de la culture », 1952, 176 pages, épuisé.

L’Arc et la lyre (El arco y la lira. El poema. La revelación poética. Poesia e historia, Fondo de Cultura Económica, 1956), essai, traduit de l’espagnol par Roger Munier. [Paris], Éditions Gallimard, « Les Essais n°119, 1965, 392 pages, épuisé.
* Réédition : Éditions Gallimard, « Nrf Essais », 1993, 392 pages, 29 €

« Les trois parties qui composent ce livre (Le poème – La révélation poétique – Poésie et histoire) voudraient répondre aux questions suivantes : Y a-t-il un dire poétique – le poème – irréductible à tout autre dire ? Que disent les poèmes ? Comment se communique le dire poétique ? Peut-être n'est-il pas inutile de répéter que rien de ce qui est ici affirmé ne doit être considéré comme une théorie pure ou spéculation, mais comme le témoignage d'une rencontre avec quelques poèmes... Toute tentative pour comprendre la poésie englobe des résidus qui lui sont étrangers, philosophiques, moraux ou autres. Mais il faut reconnaître que le caractère suspect d'une poétique est comme racheté dès lors qu'on s'appuie sur la révélation que, parfois, quelques heures durant, nous accorde un poème... Car le poème est voie d'accès au temps pur, immersion dans les eaux originelles de l'existence. La poésie n'est rien d'autre que temps, rythme perpétuellement créateur. » (Octavio Paz)

La Fille de Rappaccini (La hija de Rappaccini, création : Université de Mexico, 30 juillet 1956 ; Revista Mexicana de Literatura, 7, septembre-octobre 1956), pièce en un acte tirée d'un conte de Nathaniel Hawthorne, traduit de l’espagnol et préfacé par André Pieyre de Mandiargues.[Paris], Éditions du Mercure de France, « Théâtre », 1972, 96 pages, épuisé.
* Prépublication dans La Nouvelle Revue française n°80, 1er août 1959 (p. 254-285).

Pierre de soleil (Piedra de sol, Mexico, FCE (Fondo de Cultura Económica), 1957), poèmes, édition bilingue, traduit de l’espagnol et présenté par Benjamin Péret. [Paris], Éditions Gallimard, « Du monde entier », 1962, 64 pages, épuisé.

Liberté sur parole (Libertad bajo palabra. Obra poética, 1935-1957, Mexico, Fondo de Cultura Económica, 1958, 1960), édition bilingue, traduit de l’espagnol et préfacé par Jean-Clarence Lambert. [Paris], Éditions Gallimard, « Poésie du monde entier », 1966, 264 pages, épuisé.
* Réédition : Éditions Gallimard, « Du monde entier » 3, 1990, 264 pages, 14.48 €

Liberté sur parole (Libertad bajo palabra. Obra poética (1935-1957), FCE, 1958, 1960), poèmes traduits de l’espagnol par Jean-Clarence Lambert et Benjamin Péret, préface de Claude Roy. [Paris], Éditions Gallimard, « Poésie/Gallimard » n°75, 1971, 1994, 192 pages, 7.40 €

Pedro Coronel, tableaux et sculptures, exposition 1er juin-29 juillet 1961, préface par Octavio Paz. [Paris], Galerie le Point cardinal, 1961, 14 p. n. ch., fig., épuisé.

Hommages et profanations, édition bilingue, traduit de l’espagnol par Carmen Figueroa, illustrations de E. Zañartu. [Paris], Galerie Jean Hughes, 1963, 26 pages, tirage limité, épuisé.
[Trois poèmes : « Aspiración », « Espiración », « Lauda »].

Fernando Pessoa. L'inconnu personnel (El desconocido de sí mismo, 1961 ; dans Cuadrivio, Mexico, Joaquín Mortiz, 1965), traduit de l’espagnol par Roger Munier, illustrations de Juan Soriano. [Saint-Clément-de-Rivière, Hérault], Éditions Fata Morgana, 1998, 64 pages, 11 €

Vrindaban, traduit de l’espagnol par Carmen Figueroa. [Genève], Galerie Claude Givaudan, 1966, [24] pages, tirage limité, épuisé.

Courant alternatif (Corriente alterna, Siglo XXI, 1967), essai, traduit de l’espagnol par Roger Munier. [Paris], Éditions Gallimard, « Les Essais » n°176, 1972, 240 pages, épuisé.
* Réédition : Éditions Gallimard, « Nrf Essais », 1990, 240 pages, 13.42 €

« La plupart des textes publiés dans ce livre ont paru dans des revues hispano-américaines et européennes sous le titre général de Courant alternatif. Ils correspondent à deux périodes : l'une, qui va de 1959 à 1961 et l'autre, de 1965 au premier trimestre de 1967. En est exclu l'essai sur Sade, qui fait partie d'un autre livre en préparation. J'ai choisi de grouper ces réflexions sur l'actualité, non par ordre chronologique de rédaction et de publication, mais en trois parties : la première, consacrée à la littérature et à l'art ; la seconde, à certains thèmes contemporains (drogues, athéismes) ; la troisième, à des problèmes de morale et de politique. J'espère qu'en dépit de leur apparente dispersion, l'unité contradictoire de ces fragments sera visible. Tous convergent vers un thème unique : l'apparition dans notre histoire d'un autre temps et d'un autre espace. Je crois que le fragment est la forme qui reflète le mieux cette réalité en mouvement que nous vivons et que nous sommes. Plus qu'un germe isolé, le fragment est une particule errante qui ne se définit que face à d'autres particules : il n'est rien s'il n'est en relation. Un livre, un texte, est un tissu de relations. » (Octavio Paz)

Marcel Duchamp, ou le Château de la pureté (Marcel Duchamp o el castillo de la pureza, Era, 1968 ; réédité et augmenté sous le titre Apariencia desnuda, la obra de Marcel Duchamp, Era, 1973), traduit de l’espagnol par Monique Fong-Wust. [Genève / Paris], Galerie Claude Givaudan, 1967, 102 p  ages, épuisé.

Deux transparents. Marcel Duchamp et Claude Lévi-Strauss, réunit deux essais : « Marcel Duchamp o El Castillo de la pureza » (Mexico, Ediciones ERA 1968), traduit par Monique Fong-Wust, et « Claude Lévi-Strauss o El Nuevo festin de Esopo » (Mexico, Joaquín Mortiz, 1967), traduit par Robert Marrast. [Paris], Éditions Gallimard, « Les Essais n°156, 1970, 192 pages, épuisé.
* Réédition : Éditions Gallimard, « Nrf Essais », 1990, 192 pages,12.50 €

« En réunissant en un même volume deux textes, le premier sur un peintre et le second sur un anthropologue, mon intention n'était pas de découvrir un vain et impossible rapport entre eux. L'œuvre de Marcel Duchamp et celle de Claude Lévi-Strauss se développent dans des mondes différents et ne se croisent en aucun point, sauf dans nos esprits. Vraiment, ne se croisent-elles pas ? L'œuvre capitale de Duchamp – une œuvre qui est la négation de notre idée d'œuvre – est une peinture sur verre transparent : le regard traverse le tableau, va au-delà de la peinture et, littéralement, voit ce qui est derrière elle. Dissolution par transparence de l'image picturale. Le thème fondamental de la pensée de Lévi-Strauss est la place de l'homme dans le système de la nature : l'esprit comme point d'intersection de la subculture animale et de la culture humaine. [...] Marcel Duchamp et Claude Lévi-Strauss ne se ressemblent en rien, en rien si ce n'est en leur commune intention de briser les miroirs. Ou, pour mieux dire, de les dissoudre, de les résoudre en transparences. » (Octavio Paz)

Marcel Duchamp. L’apparence mise à nu... (Apariencia desnuda, la obra de Marcel Duchamp, Mexico, Era, 1973), essai, traduit de l’espagnol par Monique Fong-Wust. [Paris], Éditions Gallimard, « Les Essais » n°198, 1977, 200 pages + 8 pages, hors texte, 7 ill., épuisé.
* Réédition : Éditions Gallimard, « Nrf Essais », 1990, 200 pages, 18.30 €

[Réunit les textes traduits et remaniés de « Marcel Duchamp ou le Château de la pureté » et de « Water writes always in plural »].

« Ce qui surprend avant tout si l'on passe en revue l'œuvre de Marcel Duchamp, c'est sa rigoureuse unité. Tout ce qu'il a fait, en vérité, tourne autour d'un seul objet qui se dérobe comme la vie même. Du Nu descendant un escalier à la jeune femme nue de l'assemblage de Philadelphie, en passant par La Mariée mise à nu par ses célibataires, même..., on peut voir dans son œuvre les différents moments – les différentes apparences – de la même réalité. Une anamorphose, dans le sens littéral du mot ; envisager son œuvre sous ses formes successives, c'est remonter à la forme originale, à la véritable source des apparences. Tentative de révélation ou, comme il disait, “exposition ultra-rapide”. Il était fasciné par un objet à quatre dimensions et par les ombres qu'il projetait, ces ombres que nous nommons réalités. L'objet est une Idée mais l'Idée finit par se résoudre en une femme nue : une présence. » (Octavio Paz)

Conjonctions et disjonctions (Conjunciones y diyunciones, Mexico, Joaquín Mortiz, 1969), essai, traduit de l’espagnol par Robert Marrast. [Paris], Éditions Gallimard, « Les Essais » n°166, 1972, 176 pages + 2 pages, hors texte, 1 ill., épuisé.
* Réédition : Éditions Gallimard, « Nrf Essais », 1990, 176 pages + 2 pages, hors texte, 2 ill., 12.20 €

« Le temps moderne, le temps linéaire, homologue des idées de progrès et d'histoire, toujours projeté vers le futur ; le temps du signe non-corps, acharné à dominer la nature et à maîtriser les instincts ; le temps de la sublimation, de l'agression et de l'automutilation : notre temps – s'achève. Je crois que nous entrons dans un autre temps, un temps qui ne laisse pas encore voir sa forme et dont nous ne pouvons rien dire, si ce n'est qu'il ne sera ni le temps linéaire ni le temps cyclique. Ni histoire, ni mythe. Le temps qui revient, s'il est vrai que nous vivons effectivement un retour des temps, une révolte générale, ne sera ni un futur ni un passé, mais un présent. Du moins est-ce là ce que, obscurément, réclament les rébellions contemporaines. L'art et la poésie non plus ne demandent rien d'autre, même si parfois les artistes et les poètes l'ignorent. Le retour du présent : le temps qui vient se définit par un maintenant et un ici. [...] Si la rébellion contemporaine (et je ne pense pas seulement à celle de la jeunesse) ne s'éparpille pas en une succession de clameurs isolées ou ne dégénère pas en systèmes autoritaires et fermés, si elle articule sa passion dans l'imagination poétique, au sens le plus libre et le plus large du mot poésie, nos yeux incrédules seront les témoins du réveil et du retour à notre monde abject de cette réalité, corporelle et spirituelle, que nous appelons présence aimée. » (Octavio Paz)

Versant Est et autres poèmes (1960-1968) (Ladera este y otros poemas, Joaquín Mortiz, 1969) édition bilingue, traduit de l’espagnol par Yesé Amory, Claude Esteban, Carmen Figueroa, Roger Munier, Benjamin Péret et Jacques Roubaud. [Paris], Éditions Gallimard, « Du monde entier », 1970, 200 pages, 13.42 €
* Réédition de la traduction : préface de Claude Esteban. Éditions Gallimard, « Poésie /Gallimard » n°126, 1978, 128 pages, 6.20 €

« Versant est est une sélection des poèmes écrits par Octavio Paz entre 1957 et 1968, auxquels s'ajoutent quelques textes inédits. Ce recueil est l'aboutissement d'une métamorphose poétique qui a commencé avec Pierre de soleil (Gallimard, 1962) et qui, neuf ans après, conduit à Blanc. Versant est dessine la forme d'une spirale : chaque poème est un retour au point de départ et un pas vers l'inconnu. » (Quatrième de couverture)

Le Labyrinthe de la solitude (El laberinto de la soledad, 1950 ; Postdata, prolongement de El Laberinto de la Soledad, 1969) suivi de Critique de la pyramide. Édition refondue et augmentée, essai, traduit de l’espagnol par Jean-Clarence Lambert. [Paris], Éditions Gallimard, « Les Essais » n°172, 1972, 264 pages, épuisé.
* Réédition : Éditions Gallimard, « Nrf Essais », 1990, 264 pages, 22.50 €

« Le Mexique est un fragment, une partie d'une histoire beaucoup plus vaste. Les révolutions contemporaines en Amérique latine ont été et sont des réponses à l'insuffsance du développement, d'où procèdent aussi bien leur justification historique que leurs fatales et évidentes limites. Les modèles de développement que nous offrent aussi bien l'Est que l'Ouest sont des compendiums d'horreurs : pourrons-nous à notre tour inventer des modèles plus humains et qui correspondent mieux à ce que nous sommes ? Gens de la périphérie, habitants des faubourgs de l'Histoire, nous sommes, Latino-Américains, les commensaux non invités, passés par l'entrée de service de l'Occident, les intrus qui arrivent au spectacle de la modernité au moment où les lumières vont s'éteindre. Partout en retard, nous naissons quand il est déjà tard dans l'Histoire ; nous n'avons pas de passé, ou si nous en avons eu un, nous avons craché sur ses restes. Nos peuples ont dormi tout un siècle et, pendant qu'ils dormaient, on les a dépouillés et ils vont maintenant en haillons. Et pourtant, depuis un siècle, sur nos terres, si hostiles à la pensée, ici et là, en ordre dispersé mais sans interruption, sont apparus des poètes, des prosateurs et des peintres qui sont les égaux des plus grands des autres continents. » (Octavio Paz)

Le Singe grammairien (d'abord publié en traduction française ; El mono gramático, Barcelone, Seix Barral, 1974), traduit de l’espagnol par Claude Esteban. [Genève], Éditions Allbert Sikra, « Les Sentiers de la création », n°18, 1972, 168 pages, illus., épuisé
* Réédition : [Paris], Éditions Flammarion, « Champs. Les Sentiers de la création » n°112, 1982, 160 pages, manque provisoirement.

Renga, par Octavio Paz, Jacques Roubaud, Edoardo Sanguineti, Charles Tomlinson, poème collectif rédigé en espagnol, français, italien, anglais et texte français en regard, présenté par Claude Roy. [Paris], Éditions Gallimard, 1971, 102 pages, épuisé.

« Le renga est une forme poétique collective qui fut en extrême faveur au Japon où elle se développa entre le VIIIe et le XVe siècle. Au mois d'avril 1969, quatre poètes se réunirent à Paris pendant une semaine : le Mexicain Octavio Paz, l'Italien Eduardo Sanguinetti, l'Anglais Charles Tomlison et le Français Jacques Roubaud. Le premier renga occidental venait de naitre. Le résultat est passionnant. La rencontre d'une vieille tradition littéraire orientale et de quatre poètes modernes, ayant en commun le goût des formes strictes, des jeux combinatoires, a donné naissance à un grand poème moderne : quatre poètes, quatre langues européennes, une règle du jeu japonaise, et à la fin un seul texte, une seule voix à la quadruple résonance. »

Solo à deux voix. Entretiens avec Julián Ríos (Sólo a dos voces, Barcelone, Lumen, 1973), traduit de l’espagnol par Jean-Marie Saint-Lu. [Paris], Éditions Ramsay / de Cortanze, 1992, 200 pages, épuisé.

Point de convergence. Du romantisme à l’avant-garde (Los hijos del limo : del romanticismo a la vanguardia, Barcelone Seix Barral, 1974), essai, traduit de l’espagnol par Roger Munier. [Paris], Éditions Gallimard, « Les Essais » n°194, 1976, 232 pages, 12.96 €

[Texte revu et augmenté de conférences prononcées à l'Université de Harvard, 1972].

Tamayo : peintures 1960-1974, exposition, Musée d'art moderne de la Ville de Paris (27 novembre 1974-2 février 1975), texte d'Octavio Paz. [Paris], Musée d'art moderne de la Ville de Paris / Arts et métiers graphiques, 1974, 54 pages, épuisé.

Mise au net (Pasado en claro, Mexico, Fondo de Cultura Económica, 1975), poèmes, édition bilingue, traduit de l’espagnol par Roger Caillois. [Paris], Éditions Gallimard, « Du monde entier », 1977, 1990, 88 pages, 8.84 €

D’un mot à l’autre, poèmes extrait de Salamandra, 1958-1961 (Mexico, Joaquín Mortiz, 1962) et de Ladera este, 1962-1968 (Mexico, Joaquín Mortiz, 1969), édition bilingue, traduit de l’espagnol par Jean-Claude Masson. [Paris], Éditions Gallimard, « Du monde entier », 1980, 1990, 192 pages, épuisé.

Lecture et contemplation (Lectura y contemplación), traduit de l’espagnol par Jean-Claude Masson, frontispice de Gérard Barthélémy. [Paris], La Délirante, 1982, 48 pages, épuisé.

Sor Juana Inés de la Cruz ou les pièges de la foi (Sor Juna Inés de la Cruz o las trampas de la fe, Barcelone, Seix Barral, 1982), essai, traduit de l’espagnol par Roger Munier. [Paris], Éditions Gallimard, « Bibliothèque des Idées », 1987, 640 pages + 34 pages, hors texte, 32 ill., 11 €

« Singulier destin que celui de Sor Juana Inés de la Cruz (1648 ?-1695), un des fleurons de la littérature hispanique à la fin de l'âge baroque ! Féministe avant l'heure, cette jeune femme de génie, belle de surcroît et adulée du monde, mais fille naturelle, comprit tôt qu'elle ne pourrait satisfaire sa vocation d'écrivain qu'en entrant au couvent. Elle y fut bonne religieuse, quoique un peu mondaine, y écrivit beaucoup et put y jouir de l'extraordinaire renommée que son œuvre littéraire et sa culture, bien rares à l'époque chez une femme, lui avaient value tant en Espagne qu'en Amérique. Jusqu'au jour où l'appui des Grands qui la cautionnaient lui faisant défaut, celui des quelques princes de l'Église qui la protégeaient à contre-courant cessa du même coup. Elle se vit alors contrainte de renoncer aux lettres et à tous ses biens pour mourir peu après, victime de son dévouement auprès de ses sœurs, lors d'une grave épidémie qui ravagea le couvent. C'est ce que raconte Octavio Paz, en poète qui se fait historien. Un dialogue passionné s'instaure entre deux grands écrivains du Mexique à trois siècles de distance. Occasion pour l'auteur du Labyrinthe de la solitude de reprendre, à travers une figure qu'il rend proche et dont paraît en même temps que cette biographie un recueil de poèmes, Premier songe..., les grands thèmes qui lui sont chers, notamment celui de la liberté de l'écrivain face à l'orthodoxie régnante et aux abus du pouvoir dans les sociétés bureaucratiques. » (Quatrième de couverture)

Rufino Tamayo, textes de Octavio Paz et Jacques Lassaigne, traduit par Joëlle Guyot et Robert Marrast. [Paris], Éditions Cercle d'art, 1983, 300 pages, épuisé.

Rire et pénitence. Art et Histoire, essai, traduit de l’espagnol par Claude Esteban et Jean-Claude Masson. [Paris], Éditions Gallimard, « Les Essais » n°223, 1983, 256 pages, épuisé.

[Recueil de textes extraits pour la plupart de diverses revues et publications].

Une planète et quatre ou cinq mondes. Réflexions sur l’histoire contemporaine (Tiempo Nublado, Barcelone, Seix Barral, 1983), essai, traduit de l’espagnol par Jean-Claude Masson. [Paris], Éditions Gallimard, « Folio essais » n°20, 1985, 256 pages, 7.90 €

« Ce livre comporte huit chapitres. Dans les cinq premiers, je me penche successivement sur les changements dans l'opinion et l'état d'esprit des nations du Vieux Monde ; sur la crise de la démocratie impérialiste des États-Unis et sa contrepartie, celle du système russe de domination bureaucratique ; sur la révolte des particularismes, surtout dans les pays de la périphérie ; sur la modernisation, ses dangers et les difficultés qu'elle rencontre. Dans ces cinq chapitres, j'ai réduit au minimum les allusions à la situation en Amérique latine car j'aborde ce thème, avec plus d'ampleur, dans les trois derniers textes. » (Octavio Paz)

La Fleur saxifrage. Langue et littérature, essai, traduit de l’espagnol par Jean-Claude Masson. [Paris], Éditions Gallimard, « Les Essais » n°227, 1984, 248 pages, 14.03 €

[Réunit les traductions de divers textes parus de 1964 à 1982].

Première instance. 1935-1945, édition bilingue, traduit de l’espagnol par Frédéric Magne, frontispice de Paolo Vallorz. [Paris], La Délirante, 1986, 64 pages, épuisé.

Nocturne de San Ildefonso (Nocturno de San Ildefonso), édition bilingue, traduit de l’espagnol par Jean-Clarence Lambert, illustrations de Karel Appel. [Paris], Éditions Galilée, « Écritures-Figures », 1987, 72 pages, épuisé.

L’Arbre parle (Árbol adentro [Arbre au-dedans], Barcelone, Seix Barral, 1987), poèmes traduits de l’espagnol par Frédéric Magne et Jean-Claude Masson. [Paris], Éditions Gallimard, « Du monde entier », 1990, 160 pages, 14.48 €

« Goethe disait que tout poème est un texte de circonstance, et cette réflexion pourrait s'appliquer au recueil L'Arbre parle, le dernier livre de poèmes en date de l'écrivain mexicain Octavio Paz. Ce livre est divisé en cinq sections. Dans la première, le poète approfondit sa réflexion sur le temps. La deuxième, intitulée “La main ouverte”, célèbre des moments choisis, des liens et des amis écrivains. La troisième est une approche du “soleil” de la mort. La quatrième partie, “En regardant, en écrivant”, est centrée sur la démarche de grands artistes contemporains. Enfin, la dernière section est une suite de poèmes d'amour qui culmine dans “Lettre de créance”, une longue cantate qui est aussi un des poèmes les plus émouvants et les plus achevés d'Octavio Paz. » (Jean-Claude Masson)

Le Feu de chaque jour (El fuego de cada día, sélection et présentation de l'auteur, Barcelone, Seix Barral, 1989), précédé de Mise au net et de D’un mot à l’autre poèmes traduits de l’espagnol par Roger Caillois, Claude Esteban et Jean-Claude Masson. [Paris], Éditions Gallimard, « Poésie/Gallimard » n°238, 1990, 224 pages, 9 €

L’Autre voix. Poésie et fin de siècle (La otra voz. Poesía y fin de siglo, Barcelone, Seix Barral, 1990), essai, traduit de l’espagnol par Jean-Claude Masson. [Paris], Éditions Gallimard, « Arcades » n°23, 1992, 182 pages, 11.43 €

« La première partie de ce livre est composée de trois essais. Je me penche d'abord sur les antécédents du poème long. Ce genre a connu une heureuse fortune tout au long du XXe siècle. Le deuxième essai traite de la poésie moderne et de la fin de la tradition de la rupture. Le troisième, quant à lui, est une brève réflexion sur les relations ambiguës et presque toujours malheureuses entre la poésie et le mythe révolutionnaire. La seconde section du livre, la plus étendue, examine la fonction de la poésie dans la société contemporaine. Elle s'achève par une question et une tentative de réponse : Quel sera le lieu de la poésie dans les temps à venir ? Plus qu'une description – et bien moins qu'une prophétie –, ma réponse est une profession de foi. Les pages qui suivent ne sont qu'une nouvelle variante de cette Défense de la poésie que, depuis plus de deux siècles, les poètes modernes écrivent inlassablement. » (Octavio Paz)

La Quête du présent. Discours de Stockholm (La búsqueda del presente : conferencia Nobel 1990), édition bilingue, traduit de l’espagnol par Jean-Claude Masson. [Paris], Éditions Gallimard, « Hors série Littérature », 1991, 72 pages, 10 €

Écrire. [Paris], « Voies livres : Pratiques et Apprentissages de l’Écrit » n°64, 1992, 28 pages, épuisé.

Éloge de la négation, traduit de l'espagnol par Jean-Claude Masson. [Tours] : La Cécilia, 1992, 14 pages, épuisé. [Texte publié dans Le Monde, le 1er octobre 1992]

La Flamme double. Amour et érotisme (La llama doble : amor y erotismo, Barcelone, Seix Barral, 1993), traduit de l’espagnol par Claude Esteban,. [Paris], Éditions Gallimard, « Du monde entier », 1994, 208 pages, 18.50 €

« Aux côtés du Labyrinthe de la solitude, de L'Arc et la lyre, ce dernier essai de Paz se propose comme le troisième volet d'une réflexion qui, depuis plus d'un demi-siècle, ne cesse de s'interroger sur l'enracinement de l'homme dans son lieu, dans son temps, dans son acte de parole. L'amour y tient assurément la place majeure. Encore faut-il qu'on sache le reconnaître sous ses multiples visages, en dépit de ses travestissements et de ses trahisons. La flamme double est tout d'abord l'histoire de cette étrange attirance d'un être vers un autre, qui débute sans doute dans l'aventure culturelle de l'Occident aux confins de la Grèce et de Rome. [...] Mais ce livre est, tout autant, la confidence d'une inquiétude. L'Occident n'était pas seul à écrire l'amour ; l'Islam, l'Inde, l'Extrême-Orient ont concouru jadis à cette exaltation des sens et de l'esprit. Aujourd'hui maître des conduites du monde, l'Occident ne serait-il plus désormais qu'une machine mentale qui désacralise l'amour, qui corrompt les consciences avec le commerce des corps, collaborant ainsi à l'universelle “éclipse de l'âme” ? Octavio Paz questionne les hommes de science, des neurobiologistes aux zélateurs de l'intelligence artificielle. Mais c'est, en vérité, à son lecteur qu'il s'adresse, c'est à lui qu'il pose l'impérieuse question : “Sans liberté, ce que nous nommons la personne n'existe pas. Existe-t-elle sans âme ?” » (Claude Esteban)

Itinéraire (Itinerario), traduit de l’espagnol par Jean-Claude Masson. [Paris], Éditions Gallimard, « Arcades » n°44, 1996, 154 pages, 12.20 €

« Itinéraire est l'autobiographie intellectuelle et politique d'Octavio Paz (né en 1914). Elle commence au Mexique, en pleine révolution, et se termine au lendemain de la chute du mur de Berlin, avec la fin de la guerre froide. Entre ces deux moments, il y a toutes les espérances, tous les séismes du XXe siècle : la Révolution russe (trahie), la guerre d'Espagne (perdue), l'holocauste, les purges staliniennes et la glaciation, la crise de Cuba et les révoltes des peuples de la périphérie, la conquête progressive, difficile et précaire, de la démocratie. L'auteur à été le témoin direct de beaucoup de ces bouleversements, partageant sa vie entre l'Amérique, l'Europe et l'Asie. Itinéraire est un condensé de l'histoire de notre siècle, des idées qui l'ont façonné ou déchiré. » (Quatrième de couverture)

Un au-delà érotique. Le marquis de Sade (Un más allá erótico : Sade, Vuelta / Heliopolis, 1994), essai, traduit de l’espagnol par Jean-Claude Masson. [Paris], Éditions Gallimard, « Arcades » n°35, 1994, 104 pages, 10.67 €

« La maladie est l'état normal du civilisé. Encore s'agit-il de maux imaginaires : d'une certaine façon, la civilisation n'est rien d'autre qu'une immense architecture fictive. Elle pétrit la substance de nos vies pour dresser ses tours de fumée. Nous lui donnons notre sang et, en échange, elle nourrit nos existences de ses chimères. Si l'homme ne peut retourner à l'éden de la satisfaction naturelle de ses désirs sans cesser d'être homme, peut-on concevoir une civilisation qui ne s'accomplisse pas aux dépens de son créateur ? [...] Puisque la civilisation repose sur la coexistence des instincts, est-il possible de créer un monde où l'érotisme ne soit plus agressif ou autodestructeur ? » (Octavio Paz)

Le Signe et le grimoire. Essais sur l’art mexicain (extrait de Obras completas vol. VII : Los privilegios de la vista, t. 2 : Arte de México (Barcelone, Círculo de Lectores / Mexico, FCE / 1993-1994), édition de Jean-Claude Masson traduit de l’espagnol par Jean-Claude Masson. [Paris], Éditions Gallimard, « Art et Artistes », 1995, 192 pages, 47 ill., 25.92 €

« Le Signe et le grimoire rassemble des essais composés par Octavio Paz au long de quarante années de réflexion sur l'art mexicain. Ces textes retracent l'itinéraire méandreux, souvent accidenté, des histoires de l'art au Mexique, depuis la statuaire colossale des Olmèques jusqu'à la peinture non figurative. Dans “L'art au Mexique : matière et sens”, Octavio Paz donne un aperçu général, historique et artistique, des civilisations précolombiennes ; dans “Réflexions d'un intrus”, il aborde plus spécialement l'art maya, comme le visiteur d'une maison ferait connaissance avec ses hôtes d'un autre temps et d'un autre monde. Mille ans après l'âge d'or des Mayas, à travers l'œuvre du peintre indien Hermenegildo Bustos, Paz évoque la vie au Mexique à la veille et au lendemain de l'Indépendance. La troisième partie est une revisitation du muralisme, c'est-à-dire tout à la fois de la Révolution mexicaine et de la modernité artistique, à travers l'œuvre de Rivera, d'Orozco et de Siqueiros. L'ouvrage est enfin consacré à des artistes du XXe siècle, qui ont généralement séjourné en France ou dont la reconnaissance s'est affirmée à Paris, comme Rufino Tamayo, Frida Kahlo, Manuel Alvarez Bravo, Günther Gerzso, Alberto Gironella. L'ensemble est accompagné d'une présentation générale de l'art contemporain au Mexique : “Le prix et la signification” ». (Jean-Claude Masson)

Lueurs de l’Inde (Vislumbres de la India, Barcelone, Seix Barral, 1995), essai, traduit de l’espagnol par Jean-Claude Masson. [Paris], Éditions Gallimard, « Arcades » n°51, 1997, 238 pages, 15 €

« Avec Lueurs de l'Inde, nous retrouvons le poète mexicain à Paris, en 1951, à la veille de son premier voyage au pays de Gandhi et de Nehru, où il sera nommé ambassadeur dix ans plus tard. Cette fois, l'Occident cède la place à l'Orient, qui se libère de sa tutelle et fait valoir son droit d'aînesse. Un Orient d'autant plus déroutant q'il est celui de l'Inde immémoriale, c'est-à-dire de l'Altérité par excellence. Il n'en fallait pas moins pour nourrir deux des grandes passions d'Octavio Paz, la poésie et la politique, avec, pour socle, la spéculation métaphysique et son doublet dans les arts plastiques : la fastueuse, luxuriante, proliférante statuaire indienne. Notons encore que la longue présentation de la poésie kavya (la poésie sanskrite à l'âge classique) est une exclusivité de l'édition française. » (Jean-Claude Masson)

— Marie José Paz, Octavio Paz, Figures et figurations (), traduit de l’espagnol par Yesé Amory et Silvia Baron Supervielle, préface de Yves Bonnefoy. [Paris], Éditions du Mercure de France, 2000, 56 pages, 12 ill., 18.14 €

« Mais ces images et ces poèmes n'en existent pas moins de par leur qualité propre, qui transcende les circonstances dont ils sont nés, et c'est eux, rapidement, qui s'imposent à même ceux qui pensent à leurs auteurs, sauf que ce n'est pas pour proposer une approche aux dépens d'une autre, c'est pour révéler que la relation de celle qui inventait les collages et de celui qui les commentait avait la capacité de se transposer en une réflexion d'ordre général sans cesser d'être un événement de leur vie commune. » (Yves Bonnefoy)

La Ligne narrative, traduit de l'espagnol par Claude Esteban, quatre lithographies d'Adami. [Paris], Robert et Lydie Dutrou éditeur, 2003, 18-[8] pages, tirage limité, épuisé.

De vive voix. Entretiens 1955-1996 (extrait de Obras completa VIII, miscelánea, primeros escritos y entrevistas), traduit de l’espagnol par Anne Picard, préface d’Andrés Sánchez Robayna. [Paris], Éditions Gallimard, « Arcades » n°92, 2008, 574 pages, 24 €

« “La conversation est chose humaine” écrivit Octavio Paz dans l'un des poèmes de sa dernière période. Et il ajouta : “La parole de l'homme / est fille de la mort / Nous parlons parce que nous sommes / mortels (…)”. L'écrivain mexicain nuançait ainsi une formule du poète portugais Alberto de Lacerda, pour qui “la conversation est chose divine”. En mettant l'accent sur l'humanité de la conversation, Paz soulignait surtout la valeur dialogique du langage et sa dimension temporelle. De là son intérêt, très tôt manifesté, pour cette forme spécialisée de la conversation qu'est l'entretien long, une modalité du dialogue qui lui permettait d'élaborer de subtiles synthèses de sa pensée et, en même temps, de faire valoir la temporalité du langage. » (Andrés Sánchez Robayna)

Œuvres, édition de Jean-Claude Masson, traduit de l'espagnol par Yesé Amory, Roger Caillois, Claude Esteban, Carmen Figueroa, Jean-Clarence Lambert, Frédéric Magne, Jean-Claude Masson, Roger Munier, Benjamin Péret, André Pieyre de Mandiargues et Jacques Roubaud. [Paris], Éditions Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade » n°550, 1648 pages, 2008, 63 €

[Poésie : Liberté sur parole – Pierre de soleil – La Fille de Rappaccini – Jours ouvrables – Hommage et profanations – Salamandre – Solo à deux voix – Versant est – Vers le commencement – Blanc – Le Singe grammairien – Le Feu de chaque jour – Mise au net – Arbre au-dedans – Poèmes (1989-1996). Poétique : L'Arc et la Lyre – Point de convergence – Lecture et contemplation – L'Autre Voix] .

« “J'appartiens à une tradition où la création poétique est complétée par la réflexion sur la poésie”, écrivait Paz. À cette tradition il se montrera fidèle en préparant ce volume : la Poésie – l'essentiel de son œuvre poétique, y compris de nombreux poèmes inédits en français – y est suivie d'une Poétique : quatre essais qui ne sont ni théorie pure ni pure spéculation, mais plutôt le témoignage d'une rencontre avec quelques poèmes.
“Grand poète mexicain, grand intellectuel européen, esprit universel et charmeur planétaire” (la définition est de Pierre Nora), Paz est un pérégrin impénitent : de voyages diplomatiques en rencontres fortuites, d'influences en révélations, ses écrits, vers ou prose, gardent la trace de chacune des étapes de son parcours. Mais jamais la découverte de l'autre – T. S. Eliot ou Ezra Pound, Paris et le surréalisme, l'Inde et ses dieux... – ne lui fait oublier ses propres ancrages, le Mexique et la Pierre de soleil, l'Espagne et Quevedo. Jamais non plus son goût des mythes ne le détourne de son temps. En Paz cohabitent la parole poétique et la passion politique. Sa poésie “révèle ce monde” et “en crée un autre”. Produit du temps, elle en est aussi la négation, et constitue en quelque sorte la “religion secrète de l'âge moderne” ».

ÉTUDES

* Claire Céa, Octavio Paz, présentation et choix de textes. [Paris], Éditions Seghers, « Poètes d’aujourd’hui » n°126, 1965, 192 pages, épuisé.

* Paul-Henri Giraud, Octavio Paz. Vers la transparence, préface de Hector Bianciotti. [Paris], Presses universitaires de France, « Partage du savoir », 2002, 300 pages, 26 €

« Couronnée par le prix Nobel de littérature en 1990, l'œuvre du poète et essayiste mexicain Octavio Paz (1914-1998) illustre ce qui est peut-être la plus haute ambition de la poésie et de l'art modernes : “créer”, en marge de toute foi religieuse, “un nouveau sacré”. Critique du langage, aimantation des mots, le poème, selon Paz, est un “exercice” à la fois charnel et spirituel, un “pont” jeté vers l'Absolu. Le silence auquel il conduit fait entrevoir, par-delà les images et l'Eros, une essentielle “transparence”. L'auteur s'est intéressé à la période centrale de l'œuvre (1949-1970). S'appuyant sur une abondante bibliographie critique, traduisant pour la première fois en français quelques textes majeurs, il a cherché à préciser de quels appuis Paz s'était servi pour élaborer sa poétique du sacré ; quelle était sa dette exacte envers de grands devanciers comme Otto, Soustelle, Eliade, Caillois, Monnerot, Breton ; quel rôle avait joué, à tel ou tel moment de son œuvre, l'exemple de Rimbaud, de Mallarmé, d'Eliot, ou encore de la poésie japonaise. Interrogation des mythes mexicains – notamment de l'image obsessionnelle du sacrifice humain –, intériorisation du zen, du bouddhisme et de l'hindouisme tantriques, expérimentation incessante qui fait la synthèse de l'avant-garde avec de nombreuses traditions et de multiples imaginaires, la poésie de Paz poursuit à sa manière la tâche immémoriale de la religion qui vise à libérer l'homme du temps, en le plongeant dans “l'autre temps, le véritable, celui que nous cherchions sans le savoir : le présent, la présence” ». (Quatrième de couverture)

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  • Victor Segalen

    Lorsqu’il meurt le 21 Mai 1919 dans la forêt de Huelgoat, Victor Segalen n'a publié que trois livres de son vivant, “Stèles”, “Peintures” et “Les Immémoriaux". Depuis cette date, après une période d’oubli relatif, sa renommée n'a cessé de grandir, s’élargissant au-delà d’un cercle de fidèles lecteurs, faisant de Segalen un “contemporain capital”, reconnu par des écrivains aussi différents que Pierre-Jean Jouve, Philippe Jaccottet ou Edouard Glissant. Sa publication dans La Pléiade ces jours-ci est ainsi la consécration d’une œuvre qui fut, pour une large part, posthume.

    24 novembre 2020

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