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  • Quelle "époque épique" !

    Le temps est la matière vive de l’Histoire. Ainsi sont nés les époques, les périodes ou les âges de notre histoire.“ Mais que nous raconte une époque historique ? Et pourquoi et comment a-t-on décidé que telle période devait commencer ici et se terminer là ? Au delà d’un découpage mûrement réfléchi ou parfaitement aléatoire, une question demeure cependant : comment nommer ces césures ou ces continuités, ces quelques jours ou ces quelques siècles, et que dire des “noms de l’Histoire” ?

    La question du temps historique est depuis toujours débattue par les philosophes. Qu’il s’agisse de Bergson dans son célèbre cours, “Histoire de l’idée de temps”,  qu’il prononça au Collège de France en 1902 et dans lequel il met en place son approche philosophique de la notion de durée, ou de Paul Ricoeur qui dans “Temps et Récit” définit notre temps humain comme un temps raconté, récit dans lequel se croisent et s’entremêlent formes historiques et formes fictives. 

    “Depuis Fernand Braudel et son ouvrage emblématique “La Méditerranée et le monde méditerranéen à l’époque de Philippe II”, les historiens, quant à eux,  prennent de plus en plus conscience que le temps n'est pas une toile de fond neutre sur laquelle s'inscrivent les faits du passé mais une construction. Le temps n'est plus un absolu, il est un problème.“ 

    Dans son essai, “Les historiens et le temps”, Jean Leduc revient sur les différentes problématiques engendrées par les questions de périodisation dans l’écriture de l’histoire. Dans quel ordre d’ailleurs l’histoire doit-elle s’écrire, et quelle focale utiliser entre la longue durée et l’événementiel ? Le problème se pose donc dans la “fabrique de temporalité” à laquelle l’historien doit se confronter.  

    Et c’est précisément à cette confrontation que nous invite Jacques Le Goff dans “Faut-il vraiment découper l’Histoire en tranches ?” En partant d’un cas particulier, “la prétendue nouveauté de la « Renaissance » et son rapport au Moyen Âge”, le médiéviste s’interroge sur ces passages et liens entre différentes périodes, et se questionne afin de savoir si l’Histoire doit être pensée globalement dans sa continuité chronologique ou au contraire avec ses ruptures et autres sections compartimentées.

    Si ce rapport à la périodisation et à l’écriture nous à offert d’autres passionnantes analyses à l’image de “L’écriture de l’Histoire” de Michel de Certeau ou encore de “Comment on écrit l’Histoire” de Paul Veyne, peu d’historiens s’étaient alors penchés sur la dénomination de ces mêmes périodes. 

    C’est chose faite avec l’ouvrage collectif dirigé par Dominique Kalifa, “Les noms d’époque”. “On ne s’est en effet jamais contenté de «découper l’Histoire en tranches», on l’a dotée d’une kyrielle de noms propres – de «Moyen Âge» à «Belle Époque», de «Renaissance» à «Ancien Régime» –, qui pèsent sur la compréhension du passé. Car nommer n’est jamais neutre.” Les différentes contributions reviennent donc sur ces nominations, leur signification et leur imaginaire. Dès lors, les années furent “folles”, “noires” ou “de plomb”, ce furent décennies “glorieuses” ou “fin de siècle”, et ces appellations qu’elles soient scientifiques ou fantaisistes nous montrent combien l’acte de nommer est riche d’enseignements tant il nous décrit et nous raconte tant le passé que le présent.


    6 février 2020 Partager

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  • Quelle "époque épique" !

    “Le temps est la matière vive de l’Histoire. Ainsi sont nés les époques, les périodes ou les âges de notre histoire.“ Mais que nous raconte une époque historique ? Et pourquoi et comment a-t-on décidé que telle période devait commencer ici et se terminer là ? Au delà d’un découpage mûrement réfléchi ou parfaitement aléatoire, une question demeure cependant : comment nommer ces césures ou ces continuités, ces quelques jours ou ces quelques siècles, et que dire des “noms de l’Histoire” ?

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