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L'actualité de la librairie

Les événements

Les rencontres dédicaces

  • Dimanche 15 décembre à partir de 16h00

    Karine TUIL dédicacera son roman "Les choses humaines"  (Editions Gallimard), Prix Interallié et Goncourt des lycéens 2019

    LES CHOSES HUMAINES
    TUIL KARINE : LES CHOSES HUMAINES (GALLIMARD - )

    Prix : 21.00 €

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  • Mercredi 8 janvier à 18h30

    Rencontre avec Robert SEETHALER pour "Le champ" aux Editions Sabine Wespieser (parution le 09/01)

  • Jeudi 16 janvier à 18h30

    Rencontre avec Natacha WOLINSKI pour "Son éclat seul me reste" aux Editions Arléa (parution le 02/01)

  • Jeudi 23 janvier à 18h30

    Rencontre avec André COMTE-SPONVILLE à l'occasion du "Cahier de l'Herne" qui lui est consacré (parution le 15/01). Débat animé par François L'Yvonnet

  • Jeudi 27 février à 18h30

    Rencontre avec Antoine VOLODINE pour parler de "Kree" de Manuela DRAEGER aux Editions de l'Olivier (parution le 13/02)

Le billet de la librairie

  • Huysmans et les écrivains "fin-de-siècle"

    On désigne par l’expression “fin de siècle” des mouvements culturels et artistiques français comme le symbolisme, le décadentisme ou encore l’Art nouveau émergeant à la fin du XIXe siècle. Ce que l’on peut nommer comme un esprit ou une sensibilité commune fait souvent référence aux marqueurs culturels qui ont été reconnus comme prégnants au début des années 1880 et 1890, notamment l’ennui, le cynisme, un sentiment de finitude et une forme de mélancolie engendrés par les angoisses liées au progrès technique.

    Parmi les écrivains représentatifs de cet esprit fin-de-siècle, Huysmans, dont les “Romans et nouvelles” viennent de paraître dans La Pléiade, est l’un des plus marquants. Son roman le plus célèbre “À rebours” fait figure de petite bible de l’esprit décadent qui inspira nombre de contemporains dont Oscar Wilde et son “Portrait de Dorian Gray”. Parcours d’un aristocrate névrosé de l’époque, “À rebours” met en scène Jean des Esseintes, antihéros maladif, esthète et excentrique. Retiré dans sa maison de Fontenay-aux-roses, ce dandy solitaire, lassé de tous les plaisirs de la chair et du monde, fait le décompte de ses goûts et dégoûts. De ce roman, on peut dire que Huysmans voit dans la décadence un dépassement à la fois du romantisme et du naturalisme cher à Zola.

    Ce dépassement est perceptible dans les oeuvres de contemporains de Huysmans comme Villiers de l’Isle Adam et Barbey d’Aurevilly dont Des Esseintes fait l’éloge. Dans les “Contes cruels”, recueil de nouvelles publiées dans divers journaux et revues pour la première fois en 1883, L’Isle Adam fait la satire du bourgeois ( comme le fera aussi Octave Mirbeau dans “Le journal d’une femme de chambre”) qui incarne l’esprit étriqué, matérialiste et positiviste de son temps. Néanmoins, les contes ne se bornent pas uniquement à une critique de l’époque : le fantastique, genre en vogue, y est aussi présent. Surtout, transparaissent dans ces contes un sens du tragique et une poésie conforme à leur auteur, aristocrate ruiné, dramaturge sans succès et amoureux du beau.

    On retrouve aussi chez Barbey d’Aurevilly cet espèce de fantastique intérieur à travers les portraits de femmes énigmatiques presque irréelles dans “Les diaboliques”. Barbey y plonge le lecteur dans un univers scandaleux, ce qui lui à valu d’être accusé d’immoralité alors que, en dépeignant les turpitudes de ses héroïnes, il voulait faire aussi oeuvre chrétienne.

    Une autre figure importante de cet esprit “Fin-de-siècle” est l’écrivain Jean Lorrain. Publié en 1901, “Monsieur de Phocas” est sans conteste l’un des oeuvres majeures de la littérature décadente. Si Jean Lorrain a parfois souffert d’une image sulfureuse et scandaleuse, il se révèle un écrivain à la langue personnelle et subtile, aux métaphores parfois fulgurantes, à l’esprit caustique et vénéneux. Comme d’autres décadents, Tinan ou Louys, Lorrain continue de fasciner par sa vie comme par son oeuvre. 

    Si la décadence apparaît comme une sensibilité commune à nombre d’écrivains et aussi comme une esthétique, ce mot là est associé également à la conviction séculaire du grand coup de balai qui jettera le monde dans un abîme apocalyptique, d’où l’on espère voir sortir la régénérescence de l’humanité. Voici alors venu le temps des imprécateurs qui haissent le siècle et annoncent la fin des temps.

    Dans ses “Essais et pamphlets”, Leon Bloy incarne avec panache cet esprit véhément et imprécatoire. Entre la défaite de 1870 et la Première Guerre Mondiale, il ne cessa de clamer la gloire du christ pauvre et de harceler sans trêve la médiocrité convenue de la société bourgeoise ,ses élites et sa culture. Catholique absolu, disciple de Barbey d’Aurevilly, frère spirituel de Huysmans, il fut un paria des lettres et le plus furieux invocateur de la justice au coeur d’une époque dont il dénonça la misère sociale, l’hypocrisie bien-pensante et l’antisémitisme.

    De Marcel Schwob et ses célèbres “Vies imaginaires” à Georges Darien en passant par Remy de Gourmont ou Rodenbach, cette littérature fin-de-siècle joua enfin un rôle de précurseur, lança des recherches et des interrogations, innova dans les techniques romanesques, de la mise en abyme ou monologue intérieur. Loin de résumer uniquement à une littérature expirante et passée de mode que l’on imagine parfois, elle est aussi une littérature du sursaut, inaugurant avec fracas le siècle nouveau, annonciateur de la modernité.


    30 novembre 2019 Partager

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  • Huysmans et les écrivains "fin-de-siècle"

    On désigne par l’expression “fin de siècle” des mouvements culturels et artistiques français comme le symbolisme, le décadentisme ou encore l’Art nouveau émergeant à la fin du XIXe siècle. Ce que l’on peut nommer comme un esprit ou une sensibilité commune fait souvent référence aux marqueurs culturels qui ont été reconnus comme prégnants au début des années 1880 et 1890, notamment l’ennui, le cynisme, un sentiment de finitude et une forme de mélancolie engendrées par les angoisses lié au progrès technique.

    30 novembre 2019

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